Parce que randonner c'est la santé...
Le résumé du randonneur pressé :
Cette seconde étape de la Boucle n° 6 des Tours du Bassin minier Nord-Pas-de-Calais nous conduit de Hasnon à Denain sur 28 kilomètres.
Près de la moitié du parcours se déroule dans la Forêt Domaniale de Raismes - Saint-Amand - Wallers, où nous découvrons notamment la Mare à Goriaux et le terril n° 171. Et où les amateurs de cyclisme retrouveront la fameuse trouée d'Arenberg qui a fait la réputation de Paris-Roubaix.
Nous poursuivons ensuite par la Fosse d'Arenberg et ses cités minières, avant qu'un ancien cavalier nous conduise à Haveluy, sur d'autres traces de l'épopée minière.
En fin d'étape, le retour à Denain permet d'apercevoir quelques éléments du patrimoine de la ville, dont l'église Saint-Martin et le moulin d'Oisy.
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Et en détail :
Temps de lecture : 14 minutes
Retour ce matin à Hasnon pour la seconde partie de cette « Boucle n° 6 : Du charbon à l’acier ». 28 kilomètres au cœur du Bassin minier Nord-Pas-de-Calais pour nous ramener à Denain. La première étape, hier, avait réussi de belle manière à faire le lien entre le charbon et l’acier, en faisant jusqu’ici la boucle la plus intéressante que j’ai parcourue. Cette seconde étape sera-t-elle à la hauteur ? Et si nous allions voir ça ?
Départ donc de la place Cataine, à Hasnon, où nous avions terminé hier. Le début est connu puisqu'il s'agit du parcours de liaison de 1200 mètres, rue Victor Renard, qui va nous permettre de retrouver le GRP à hauteur de la Maison Forestière de Cataine.
Là, nous poursuivons le long de la Départementale, à travers bois, pendant 800 mètres. Ce n'est pas le démarrage rêvé, mais il y a encore tellement de kilomètres devant nous...
D'autant que la forêt dans laquelle nous nous enfonçons maintenant par la drève des Rouges Carrières, c'est la magnifique Forêt Domaniale de Raismes - Saint-Amand - Wallers que nous avions déjà parcourue en long et en large avec la « Boucle n° 7 - Le Valenciennois, berceau de l'épopée minière » ! Un kilomètre et demi de quasi ligne droite au bout de laquelle nous retrouvons une Départementale, la D 955 cette fois.
250 mètres d'asphalte, autant dire rien, et nous voilà ensuite sur la Petite Drève, sur le territoire de Wallers. Un nouveau kilomètre et demi nous conduit alors à la D 40. Cette étape serait-elle réglée comme un métronome ?
Ah, non, car après un saut de puce vers l'autre côté de la Départementale, nous enchaînons sur la Nouvelle Drève pendant 900 mètres ! À noter qu'ici, le visage de la forêt change. Elle est moins dense, offre un visage plus noble aussi. Comme le chemin, plat et uniforme, qui se conforme davantage à ma conception de la drève, alors qu'avant, ça ressemblait plutôt à un banal chemin forestier.
Les drèves s'enchaînent. La suivante, celle des Boules d'Hérin, évoquera peut-être quelque chose aux amateurs de cyclisme, ce que je ne suis toujours pas. Les amateurs de Paris - Roubaix la connaissent sans doute mieux sous le nom de « Trouée d'Arenberg ».
Personnellement, je ne comprends pas pourquoi les cyclistes s'évertuent à rouler sur les pavés quand il y a un magnifique sentier sur le côté ! En tout cas, moi, je ne me prive pas d'y marcher. Et gageons que vous ferez pareil !
Nous ne la suivons que sur 400 mètres avant de bifurquer sur la Drève du Rethot pour retourner sur le territoire d'Hasnon. Et j'arrête là le décompte kilométrique. Vous l'aurez sans doute compris — sinon je ne peux rien pour vous —, nous zigzaguons dans la forêt domaniale au gré des drèves.
Ah, mince, au risque d'en perdre certains, voici que nous abandonnons les drèves pour un single ! Le Single de Bassy. Un superbe petit sentier aux accents méditerranéens, qui s'enfonce dans la forêt pour nous conduire à la Maison forestière de Bassy. C'est aussi le premier relief, ô certes modeste, auquel nous sommes confrontés. Mon moment coup de cœur de ce début de randonnée !
Le single n'aura constitué qu'un intermède dans le cortège de drèves. Avec la Drève de Bassy et celle de Wallers, nous nous enfonçons plus profondément encore dans la forêt. Jusqu'à ce qu'un étang, apparaissant comme en filigrane entre les arbres, attire l'attention...
Quand la vue enfin s'élargit, on se rend vite compte qu'il s'agit de bien plus qu'un étang ! Avec ses 90 hectares, c'est un véritable lac qui s'étend devant nous ! Et pourtant, ce lac porte le nom de Mare à Goriaux, « mare à cochons » en français. Une mare !?
Explication : sous nos pieds s'étirent les galeries des mines d'Arenberg et de Vicoigne. On aperçoit d'ailleurs un terril plongeant dans le lac, au sud. En 1916, un affaissement minier crée ici trois mares. L'une d'elles se nommait la Mare à Goriaux. Vers 1930, un nouveau mouvement de terrain réunit les trois mares, engendrant le lac que nous avons là devant nous.
L'endroit est très connu des randonneurs et promeneurs de la région. Qui ici n'a jamais entendu parler de la Mare à Goriaux ? Il semblerait même que la réputation de l'endroit ait dépassé les frontières, puisque j'y croise un groupe de randonneurs hollandais !
Le terril n° 171, celui que j'évoquais voici un instant, est issu de l'exploitation de la Fosse d'Arenberg. Haut de 20 mètres, long de 2 kilomètres, il sert aussi de digue au lac. Il constitue surtout un intéressant belvédère pour observer la faune et profiter d'une vue presque complète sur le site. Alors montons-y !
Escalader un terril est une des plus belles expériences que je connaisse, pour la terre noire et la végétation particulière qui y pousse. Mais parmi tous ceux que j'ai eu l'occasion de parcourir, cette expérience-ci est probablement la plus courte. Non que ce terril n'en vaille pas la peine, loin de là, mais ce sera vite fait d'en gravir les 20 mètres et, une fois le panorama apprécié, d'en redescendre.
De l'autre côté du terril, il nous reste un enchaînement de chemins avant de quitter la forêt domaniale. Nous empruntons d'abord le Chemin de Raismes-Vicoigne à Wallers, une longue ligne droite parallèle au terril, qu'on devine à travers les arbres. Puis le Single de la Mare à Goriaux prend le relais pour nous conduire à la fameuse trouée d'Arenberg. Celle-ci nous emmène alors vers la sortie de la forêt. Dans le même sens que les coureurs de Paris-Roubaix ? Aucune idée, vu que je ne suis toujours pas passionné de cyclisme...
En tout, nous aurons ainsi parcouru près de 13 kilomètres dans la Forêt Domaniale de Raismes - St Amand - Wallers. Quasi la moitié de l'étape !
L'ancienne Fosse d'Arenberg est toute proche, de l'autre côté de la ligne de chemin de fer Douai - Blanc-Misseron, que nous avions déjà croisée et décrite lors de l'étape d'hier. L'histoire de cette fosse n'est pas banale. Ouverte à l'entame du XXe siècle, propriété de la Compagnie des mines d'Anzin jusqu'à sa nationalisation en 1946, elle devint l'un des plus grands sièges de concentration du bassin minier.
Dans les années 1970, alors que toutes les fosses ferment les unes après les autres, la crise pétrolière lui offre un répit de quelques années. L'extraction se poursuit ainsi jusqu'en 1989. Entre-temps, c'est ici qu'ont été testés les tunneliers qui serviront plus tard à creuser le tunnel sous la Manche.
Mais comme protégées par un destin exceptionnel, alors qu'elles sont vouées à la destruction, les installations sont sauvées par le tournage du film Germinal, qui débouchera sur leur classement aux monuments historiques. La fosse, le terril et la Mare à Goriaux, entre autres, seront inscrits, eux, sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Aujourd'hui, une foire commerciale se tient sur le site. Je ne pourrai malheureusement le visiter...
Jouxtant la mine, au sud-est, la Cité d'Arenberg fut construite entre 1900 et 1923 et a bénéficié d'une fort belle restauration. À l'instar de la salle des fêtes et de l'ancienne école ménagère, au bout de la rue Taffin, la cité est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Il en est d'ailleurs de même, plus loin, place Casimir Périer, de l'église Sainte-Barbe construite en 1907...
Chemin d'Hérin, nous nous trouvons toujours dans la Cité d'Arenberg, même si les maisons ne présentent pas la même architecture que celles que nous avons croisées en entrant dans la cité et si nous avons quitté Wallers pour Raismes. En fait, s'élèvent ici les quartiers les plus récents de la cité, construits dans les années 1920.
L'itinéraire nous emmène cette fois à Bellaing. Nous aurions pu y aller au plus court, par la D 313, mais avouez que ça aurait eu moins de charme que d'emprunter un chemin de terre à travers les campagnes. Le chemin décrit ainsi une courbe par Les Grands Champs, qui portent bien leur nom, à la limite entre Aubry-du-Hainaut et Hérin.
Nous débouchons sur la D 13 que nous suivons brièvement vers la droite sur un accotement réservé aux usagers faibles. Bon, une piste cyclable, quoi... Puis, passant en lisière du village, le Sentier de Valenciennes nous conduit au centre de Bellaing.
Bellaing est un petit village d'environ 1300 habitants, calme et sympathique. Il possède aussi un château du XIXe siècle que je n'ai pas vu.
Rien sur notre parcours n'évoque le bassin minier. Il y a pourtant bien une cité de Bellaing, dépendante de la Fosse d'Arenberg, construite dans l'entre-deux-guerres, mais elle se trouve au nord, en limite d'Arenberg.
En sortant du village par l'ouest, nous retrouvons cependant l'ambiance du bassin minier. De manière évidente, quand nous apercevons, au nord, les chevalements de la Fosse d'Arenberg. Plus subtilement, lorsque, au bout de 250 mètres dans les campagnes, nous bifurquons sur l'ancien cavalier reliant la Fosse d'Arenberg à la gare de Denain. Qui, en effet, pourrait dire, sans une étude attentive de la carte, que jadis courait ici une ligne de chemin de fer ?
Si par hasard il venait à quelqu'un de douter de mes observations, il en trouvera l'évidence en atteignant la rue Paul Lafargue. On y voit encore les rails de l'ancien cavalier sertis dans le bitume, comme témoignage perpétuel de l'histoire minière de la région. Oui, là je suis un peu lyrique, mais je l'assume.
Et comme si cela ne suffisait pas, plus loin, après avoir traversé la route en direction d'Haveluy, un ancien signal se dresse comme une sentinelle éternelle — bon, la rouille finira par faire son œuvre — le long de l'ancienne voie ferrée dont nous retrouvons encore des tronçons de rails dissimulés dans la végétation !
Nous continuons ainsi un moment le long de l'ancien cavalier avant que le chemin ne s'en écarte. Un très beau passage entre lisières boisées et campagnes...
À l'approche d'Haveluy, le terril n° 157, Haveluy Nord, laisse entrevoir à travers les arbres sa silhouette conique haute d'une cinquantaine de mètres. À l'entrée du village, à hauteur d'un calvaire qui connut bien des mésaventures, un paon se charge seul du comité d'accueil.
Plus loin, rue Ferdinand Decarpentry, des fidèles sortent de la mosquée Omar, située entre le terril et le Long Coron, une des deux cités bâties à proximité de la Fosse d'Haveluy. Vu les circonstances, je n'ai pas photographié la mosquée, mais je vous en montre le panneau descriptif. Un panneau parmi bien d'autres disposés le long du parcours, qui vous expliquent l'histoire du village. Excellente initiative !
Après la mosquée, nous empruntons sur la gauche un sentier s'enfonçant dans la végétation, au pied du terril n° 158, Haveluy Sud, que nous ne verrons pas. Avec une hauteur de 20 mètres, il est aussi bien plus petit que son grand frère. Nous traversons ici l'ancien carreau de mine de la Fosse d'Haveluy alors qu'au bout du sentier, nous débouchons dans la cité du Bas-Riez, la seconde cité bâtie ici par la Compagnie des mines d'Anzin.
À la sortie du village, nous retrouvons le cavalier minier, que nous traversons. Au bout de l'étang municipal, qui n'existait pas à l'époque, la Compagnie des mines d'Anzin avait aussi, entre 1874 et 1877, construit une trentaine de logements pour y héberger quelques familles d'ouvriers mineurs : la cité des Massarderies.
De là, nous gravissons la colline par un chemin à travers champs. À son sommet se croisent la route d'Oisy et la voie ferrée du tramway de Valenciennes. L'endroit porte le doux nom de Barrière Fifine !
De l'autre côté de la voie ferrée, l'itinéraire nous offre une dernière petite incursion dans les campagnes, avant de traverser Wavrechin-sous-Denain. Même si on peut y observer l'un ou l'autre bâtiment remarquable, comme le château Delinsel ou la ferme voisine, ainsi que cette fresque ornant le pignon d'une maison, rue Charles Isbergues, il y a peu de choses à en dire.
Rue Paul Elie Casanova, le lycée Alfred Kastler marque notre retour à Denain. Place Wilson, avec l'église Saint-Martin et le musée municipal, la fin d'étape regagne en intérêt.
La construction de l'église remonte au XIIIe siècle, mais elle subira encore des modifications jusqu'au XIXe. Elle abrite des vestiges de l'ancienne abbaye de Denain, fondée en 764. Le dernier bâtiment subsistant, transformé en château, sera finalement rasé en 2016.
Quant au musée municipal, construit entre 1901 et 1912, il est inscrit au titre des monuments historiques. Ancienne mairie, il abrite aujourd'hui le musée d'archéologie et d'histoire locale et le musée de la Résistance en zone occupée. Intéressant...
Mais finalement, ce qui aura retenu le plus mon attention, c'est la superbe fontaine Sainte-Remfroye adossée au mur à droite de l'église. Sainte Remfroye fut la première abbesse du monastère fondé à Denain en 764 par ses parents, Aldebert et Reine. Morte au début du IXe siècle, elle est notamment invoquée pour les maladies des yeux, en raison d'une source réputée miraculeuse qui se trouvait autrefois près de son tombeau.
Les dernières centaines de mètres de cette étape seront encore le théâtre — c'est le cas de le dire — de bien belles découvertes. Comme la superbe façade du théâtre municipal, visible dans l'axe de la rue Marcel Fontaine, ou l'imposant bâtiment du moulin d'Oisy, juste avant l'arrivée finale à l'Espace Villars.
Le théâtre, construit de 1906 à 1912, est un bel exemple de théâtre à l'italienne et est inscrit au titre des monuments historiques. Considéré par d'aucuns comme un des plus beaux équipements culturels de la Communauté d'agglomération de la Porte du Hainaut, il fait la fierté des Denaisiens.
Le moulin d'Oisy, ou Doisy, lui, date du XIXe siècle et appartenait à l'abbaye. Érigé sur un bras de l'Escaut, il a continué à produire de la farine jusqu'en 2002. Actuellement, il abrite des logements.
Voilà qui referme de bien jolie manière cette « Boucle n° 6 : Du charbon à l'acier ».
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Vous voulez revivre cette randonnée en vidéo 3D ? C'est ci-dessous que ça se passe :
Appréciation du parcours :
Cette seconde étape aura finalement été tout aussi intéressante que la première. Les quelques passages plus ordinaires, notamment entre Arenberg et Bellaing puis entre Haveluy et Denain, sont largement compensés par de très beaux cheminements et des lieux emblématiques du Bassin minier.
Cette étape est toutefois davantage consacrée au charbon qu'à l'acier et répond donc un peu moins bien au titre de la boucle. Avec le recul, il aurait sans doute été plus judicieux de la parcourir dans l'autre sens, pour terminer à Denain et son passé sidérurgique.
Cela n'enlève rien à son intérêt : cette Boucle n° 6 reste, au terme de ces deux journées, l'une des plus intéressantes que j'ai parcourues.
Comment rejoindre cette étape ?
Pour cette étape, j'ai choisi une solution assez simple. En début de journée, j'ai laissé ma voiture à l'Espace Villars, à Denain, point d'arrivée de la randonnée. De là, j'ai pris un bus jusqu'à l'arrêt « Hasnon - Calvaire », le plus proche de la place Cataine, point de départ de cette seconde étape.
Attention toutefois : même s'il ne s'agit pas d'un transport scolaire, les horaires de cette ligne peuvent varier selon que l'on se trouve en période scolaire ou pendant les vacances. Il convient donc de vérifier les horaires avant de partir.
C'est en tout cas la solution que j'ai retenue et testée. Il existe peut-être d'autres possibilités, notamment si les 52 kilomètres de la boucle complète vous paraissent trop longs pour être parcourus en deux étapes, mais je ne les ai pas explorées.
L'autre solution, plus classique, consiste évidemment à disposer de deux voitures : en laisser une à l'arrivée et rejoindre le départ avec la seconde. Ce n'est pas la solution la plus écologique, mais elle a le mérite d'être simple et praticable en tout temps.
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Vous souhaitez parcourir cette étape ? Vous trouverez ci-dessous la trace GPX de l'itinéraire tel que je l'ai suivi :
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