Parce que randonner c'est la santé...
Le résumé du randonneur pressé :
Départ depuis Passenans, petit village jurassien plein de charme, pour une étape qui promet surprises et panoramas. Très vite, la montée commence, offrant de beaux points de vue sur les vignes et la plaine de Bresse, avant d’arriver à Frontenay et son château médiéval, dominant l’église Sainte-Madeleine.
On traverse ensuite bois et prairies jusqu’à Menétru-le-Vignoble, au cœur du vignoble jurassien. Le belvédère de la Croix de Beaumont révèle un premier panorama, avant de suivre un plateau tranquille, parsemé de cabanes en pierre sèche et d’anciens chemins de bergers.
Puis surgit Château-Chalon, perché sur son éperon rocheux : ses ruelles pittoresques, ses maisons colorées et surtout la vue imprenable sur le vignoble et la reculée de Baume-les-Messieurs font de ce passage un moment inoubliable.
L’aventure se poursuit sur le plateau avant de plonger vers Blois-sur-Seille et de remonter ensuite vers Chaumois Boivin, où la côte impressionne par sa raideur. Entre montées, descentes et panoramas, cette journée se termine en apothéose avec un panorama à couper le souffle sur la reculée de Baume‑les‑Messieurs, véritable joyau du Jura.
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Et en détail :
Temps de lecture : 18 minutes
La nuit passée chez Nophert a été reposante, et la journée commence tout en douceur. Après tout, c’est dimanche !
Il est déjà 10 heures lorsque, comme une maman accompagnant son enfant à l’école, mon hôte me conduit chez Cathy, l’épicière du village, pour récupérer mon casse-croûte commandé la veille.
C’est aussi l’occasion d’admirer le charmant centre de Passenans, un village de caractère, typique du Jura.
C’est cependant depuis la maison d’hôtes, après avoir chaleureusement remercié mon hôte pour son accueil, que je prends le départ de cette randonnée, qui doit me conduire, après une vingtaine de kilomètres, à Baume-les-Messieurs.
On dit que c’est l’un des plus beaux sites touristiques du Jura, à ne surtout pas manquer. Mais comme je ne me renseigne jamais avant de partir, la surprise sera totale — et c’est très bien comme ça ! Ah, vous aussi vous aimez les surprises ? Alors, que faites-vous ici, hein !?
En attendant, la petite boucle que le parcours nous fait faire dans Passenans confirme tout le charme de ce village.
On quitte rapidement Passenans pour entrer sur le territoire de Frontenay. Comme l’annonçait le profil de l’étape, la montée commence déjà. Mais c’est pour notre plus grand plaisir : sur un beau chemin de campagne, entourés de vignes et de champs, nous profitons d’un superbe panorama sur la plaine de Bresse et les premiers contreforts du Jura.
À l’entrée de Frontenay, le balisage du GR 59 invite à bifurquer à gauche. Mais croyez-moi, ce serait une erreur de ne pas poursuivre tout droit — et vous n’aurez aucun mal à m’en croire en découvrant les photos ci-dessous.
Ce petit détour nous mène à l’église Sainte-Madeleine, édifiée au XVe siècle. Son clocher gothique et son chœur en abside polygonale illustrent parfaitement l’architecture religieuse de cette époque.
Mais ce détour vaut surtout pour le château qui domine le village. Construit au XIIe siècle pour surveiller la route du sel reliant Salins à Lons-le-Saunier, il occupe une position stratégique juste au-dessus de l’église Sainte-Madeleine. Remanié au XIXe siècle, il conserve un donjon du XIVe et son allure défensive.
Bien que privé, le domaine ouvre librement ses extérieurs, permettant à chacun d’admirer l’édifice de près. Le bâtiment lui-même mérite le détour, autant que le panorama offert par son parc, qui embrasse les vignes, la plaine de Bresse et les premiers contreforts du Jura.
Il est même possible de séjourner au château… Mais connaissez-vous la légende qui entoure son histoire ?
Au cœur du paisible village de Frontenay, le château qui surplombe l’église Sainte-Madeleine cache une histoire plus sombre. On raconte qu’au XVIIe siècle, lors de la guerre de Dix Ans, un capitaine nommé Flamand fut capturé et pendu par les troupes françaises. Depuis ce jour, son esprit hanterait les lieux, errant entre les murs du château, comme pour veiller sur son dernier bastion.
Alors, si vous croisez une silhouette dans la brume au détour du sentier… ne soyez pas trop surpris.
Nous quittons le château par l’accès principal. Sous le porche, pas un mais six panneaux détaillent l’histoire et la vie du lieu, chacun abordant un thème différent. De quoi en apprendre bien plus que je ne pourrais le faire ici.
En tout cas, quand je parlais de surprises, en voilà une belle… Et dire que nous n’avons même pas encore parcouru deux kilomètres !
Nous retrouvons le GR 59 à moins de deux cents mètres de là, quittant le chemin du Château pour grimper à travers bois vers le Mont. En réalité, nous pénétrons de nouveau, par sa partie sud, dans le Bois Touiller, qui nous avait tant enchantés hier en fin d’étape.
La montée débouche sur une superbe plaine champêtre, baignée de lumière, avant que le sentier ne replonge à travers les bois en direction de Menétru-le-Vignoble. Plus de deux kilomètres d’une agréable quiétude.
Dans la descente, j’aperçois une dame en train de remplir ses bouteilles à une fontaine. Incroyable coïncidence : elle est Belge et vivait autrefois tout près de chez mon frère aîné !
Lors de l’épidémie de COVID-19, elle et son mari se sont retrouvés confinés ici, à Menétru-le-Vignoble, dans leur maison de campagne. Ce séjour forcé leur a tellement plu qu’ils ont décidé d’y vivre définitivement.
Je dois l’avouer : je suis presque jaloux.
Menétru-le-Vignoble porte bien son nom : ici, la vigne est partout — du moins sur les coteaux bien exposés au sud. Situé au cœur du vignoble jurassien, le village est réputé pour ses cépages typiques, comme le Savagnin. C’est aussi la terre du vin jaune, élevé plus de six ans en fût, véritable fierté locale.
De tout cela, nous ne verrons toutefois rien, car nous ne ferons qu’une courte incursion dans le village…
Nous quittons en effet rapidement le village vers l’est, à l’assaut du premier plateau du Jura, par un petit sentier qui nous mène jusqu’au belvédère de la Croix de Beaumont.
La vue depuis le belvédère est une petite déception.
Certes, elle offre une belle profondeur sur la plaine de Bresse, mais nous aurions dû apercevoir l’entrée de la reculée de Baume-les-Messieurs. Malheureusement, la végétation s’est invitée dans le paysage, obstruant même la vue sur les vignes de Menétru-le-Vignoble.
De là à demander à faire couper les arbres… c’est un pas que je ne franchirai pas !
Nous repartons alors pour un parcours d’un peu plus de deux kilomètres en bordure de plateau. La vue promise depuis le belvédère se dévoilera un peu plus loin. Certes, il s’agit d’une reculée secondaire, mais la perspective n’en est pas moins belle.
Plus loin encore, nous aurons l’occasion d’observer des huttes de pierre, et même d’en visiter une. Ces cabanes en pierre sèche, typiques du premier plateau du Jura, servaient autrefois d’abris aux paysans ou aux bergers, leur offrant un refuge contre les intempéries ou un lieu pour entreposer outils et récoltes.
Avant de descendre vers Château-Chalon, l’Échappée Jurassienne s’écarte un instant du bord du plateau. C’est là que deux faucons pèlerins surgissent, m’offrant un véritable ballet aérien au-dessus d’un champ.
Le spectacle me touche d’autant plus que, l’année dernière, j’avais participé à la sauvegarde d’un couple de faucons pèlerins à Carvin, une petite ville du Pas-de-Calais près de chez moi, où la protection de la nature n’est pas qu’un vain mot.
Après cette parenthèse, nous entamons la descente à travers bois en direction de Château-Chalon.
Sous nos pas affleure une ancienne voie romaine. Dès l’an 280, l’empereur Probus avait ordonné la plantation de vignes en nombre dans la région, tant le vin franc-comtois séduisait déjà. Il fallait bien alors des routes solides pour acheminer cette production vers d’autres horizons.
L’entrée à Château-Chalon, juché sur son éperon rocheux, ne laisse pas deviner ce qui nous attend, même si le charme typique de ses ruelles, ses vieux murs de pierre et les volets colorés de ses maisons ne peut que nous séduire.
Mais la fascination surgit au premier belvédère, le belvédère Sainte-Anne, lorsque le paysage se déploie devant nous. La vue s’étend jusqu’à l’infini sur la plaine de Bresse, tandis que le vignoble de Menétru-le-Vignoble se révèle enfin, lui que nous aurions aimé découvrir dès la Croix de Beaumont. Et là, le temps suspend son cours…
Si l’on devait donner un sous-titre à cette étape de l’Échappée Jurassienne, ce pourrait être : « Château-Chalon, là où le randonneur devient simple touriste », tant la beauté du village nous pousse à lever le pied et à explorer chaque recoin.
On y découvre, par exemple, que l’écrivain Bernard Clavel, prix Goncourt en 1969, y a vécu de 1970 à 1975…
Excentrée, à la pointe sud du village et presque isolée, l’église Saint-Pierre dresse sa silhouette trapue, d’une rigueur presque militaire, depuis le XIe-XIIe siècle, époque où une abbaye de moniales bénédictines existait à proximité.
Ses murs, en moellons de calcaire recouverts de lave, ont connu d’importants remaniements aux XVIe et XVIIIe siècles. J’adore sa simplicité architecturale, qui l’intègre parfaitement à son environnement.
Passant sous le portail de l’ancienne abbaye des Bénédictines, attestée dès le XIe siècle et qui accueillait jadis des dames de la haute noblesse avant de disparaître au XIXe, le chemin nous conduit au belvédère de la Rochette.
Et là, le paysage nous saisit totalement : à nos pieds s’étendent les célèbres vignes de Savagnin de Château-Chalon et Nevy-sur-Seille, qui avec celles de Menétru-le-Vignoble et Domblans constituent l'appellation château-chalon (AOC).
Puis la reculée de Baume-les-Messieurs s’ouvre devant nous, profonde et majestueuse, ses flancs couverts de forêts percées de quelques parcelles cultivées. Routes, clairières et vignes dessinent un puzzle surprenant, que notre regard suit en glissant de l’éperon rocheux jusqu’aux moindres replis du relief.
Perchés sur ce promontoire, on reste un long moment à contempler l’harmonie de ce décor vieux de plus de 200 millions d’années, façonné par la nature et par l’homme.
Il est temps de se remettre en route, nous ne sommes même pas à la mi-parcours de cette étape !
Seuls les touristes semblent avoir le loisir de déjeuner à la terrasse du restaurant. Ah, ben non, tiens ! Un groupe de cinq amis randonneurs, que j'avais déjà aperçus hier sur les hauteurs de Poligny, ne s'en est pas privé. Coïncidence : nous logeons tous ce soir au Presbytère, à Baume-les-Messieurs !
Je poursuis donc mon chemin seul. Si je puis dire, car un peu plus loin, je passe près de vingt minutes à discuter avec un jeune retraité de 73 ans, ancien ingénieur informatique chez Alstom, tellement passionné par son métier qu'il ne l’a quitté que récemment ! Nous aurons l’occasion d’évoquer, entre autres, les faucons pèlerins, nombreux dans la région, selon ses dires. Pour le reste, je passe… je doute que vous ayez vingt minutes à me consacrer !
En sortant du village par la rue Saint-Jean, nous découvrons une superbe vue sur l’église Saint-Pierre et les maisons qui l’entourent. Classé parmi les Plus Beaux Villages de France, Château-Chalon apparaît ici dans toute sa singularité, perché sur son éperon rocheux.
En contrebas, s’étalent en gradins les terrasses du Puits Saint-Pierre. Chaque point de vue est une carte postale : décidément, cette randonnée ne cesse de nous offrir de belles surprises…
Encore sous le charme de ce magnifique village dont, personnellement, je n’avais jamais entendu parler, nous reprenons l’Échappée Jurassienne en direction de Blois-sur-Seille. Plus de quatre kilomètres alternant chemins et petites routes asphaltées nous attendent sur le premier plateau : d’abord à travers les campagnes, puis dans les bois.
Attention, qui dit plateau ne veut pas dire plat. Nous montons modérément pendant deux kilomètres avant une ascension plus franche de 600 mètres qui nous conduit au point culminant de l’étape, à 529 m d’altitude. De là, nous plongeons littéralement jusqu’à l’entrée de Blois-sur-Seille, blotti au fond d’une des nombreuses reculées du Revermont.
Un parcours agréable malgré les petites routes asphaltées, heureusement peu fréquentées.
Nous traversons Blois-sur-Seille en longeant la Seille au plus près, le regard déjà attiré par la falaise calcaire qui souligne le sommet de la reculée. Impossible cependant de manquer les monuments qui jalonnent le parcours : l’église Saint-Gilles, érigée au XVIIe siècle, la mairie et la fontaine Jeanne d’Arc, toutes deux datant du XIXe.
Pour l’anecdote, si nous étions passés ici entre 1638 et 1646, nous n’y aurions trouvé que ruines et aucune âme qui vive — bon, ça, c’est un peu pareil aujourd’hui — car le village avait été entièrement détruit par les troupes de Louis XIII pendant la guerre de Dix Ans. Les habitants, eux, s’étaient réfugiés en Suisse ou dans le Dauphiné.
En observant les jardins, je remarque des câbles tendus depuis le sommet de la reculée, au sud du village… Vous les voyez ? Non, pas la ligne électrique ! Plus à gauche…
Là, c'est mieux ? Mais qu'est-ce donc ?
Si cette étape est pleine de surprises, ce qui n’en est pas une sur l’Échappée Jurassienne, c’est qu’une fois descendu, il faut remonter. Bon, soyons honnêtes, l’inverse est vrai aussi. Ah ? C’est partout comme ça ?
Quoi qu’il en soit, allons découvrir ce qui se cache derrière ces câbles ! Pour cela, il faudra grimper le flanc sud de la reculée. Et croyez-moi, si vous avez deux cœurs et quatre poumons, cela vous sera bien utile !
Si vous n’êtes pas complètement à l’agonie une fois arrivés en haut de la côte, vous pourrez enfin découvrir ce que cachent ces mystérieux câbles…
Histoire : Mis en service en 1893 par un artisan de Saint‑Lamain, ce téléphérique à lait unique dans le Jura reliait le hameau de Chaumois Boivin, perché sur le plateau, à la fromagerie de Blois‑sur‑Seille. Long de 500 m pour un dénivelé de 190 m, il permettait aux éleveurs d’acheminer par gravité leurs bidons de lait, évitant ainsi un détour pénible par des chemins escarpés. Resté en activité jusqu’en 1982, il a été restauré en 1998‑1999 par le comité des fêtes des « Loups de Blois ».
Utilité : À l’origine, il servait exclusivement au transport du lait vers la fromagerie, soutenant l’économie locale et la production de comté. Depuis sa remise aux normes en 2022, il est devenu une attraction touristique : les visiteurs peuvent découvrir son fonctionnement, son histoire et profiter d’un point de vue remarquable sur la reculée de Blois‑sur‑Seille. Symbole du patrimoine rural, il illustre l’ingéniosité déployée pour surmonter les contraintes du relief jurassien.
Une cinquantaine de mètres après la cabane du téléphérique, un belvédère nous offre une vue imprenable sur Blois-sur-Seille, niché au creux de la reculée qui porte son nom.
La Seille, quant à elle, prend sa source au bout de la reculée, à Ladoye-sur-Seille, à trois kilomètres plus au nord.
À partir de Chaumois Boivin, nous reprenons la traversée du premier plateau, cette fois sur un mode plus paisible. Pas de grandes pentes, pas de paysages spectaculaires non plus. C’est simplement le calme de la campagne, ponctué de quelques passages boisés.
Seule une traversée de vaches vers l’étable peut interrompre notre marche, avant qu’elles ne livrent le lait qui, un jour peut-être, reviendra sur notre table sous la forme d’un Comté.
Un kilomètre après la ferme de La Saugiat, l'ambiance du chemin devient plus intimiste et typique.
Nous empruntons d'abord un petit sentier qui se faufile dans une étroite bande boisée, longeant par endroits ces murets de pierres sèches si caractéristiques du premier plateau. Nous croisons même une cabane de pierres, semblable à celles déjà aperçues plus tôt.
Peu à peu, le sentier s'élargit et serpente entre les prés. Et bientôt, Granges-sur-Baume se profile à l'horizon…
Nous traversons le village du nord au sud, jusqu'à l'église Saint-Antoine. Une chapelle existait déjà à cet endroit en 1586, mais ce n’est qu’en 1809 qu’on y construisit l’église actuelle. Jusqu’au milieu du XXe siècle, un banc réservé aux pénitents trônait ici : les villageois ayant commis des fautes morales ou sociales devaient s’y asseoir, bien visibles de tous. Ouf ! Il a aujourd’hui disparu.
L’église est perchée sur un promontoire rocheux, dominant la reculée de Baume-les-Messieurs. Les anciens disent que “le vent qui souffle là-haut porte les prières plus loin”. Et si nous allions vérifier ça de plus près ?
En contournant l’église par la gauche, on découvre enfin la fameuse reculée de Baume-les-Messieurs.
Et là… plus aucun qualificatif ne suffit pour décrire le spectacle qui s’ouvre devant nous. Plus un mot non plus, d’ailleurs ! Heureusement qu’il nous reste les yeux pour voir… Qui a dit : “Ouf, il se tait !”?
Devant nous, des escaliers mènent à un sentier plongeant dans la reculée, mais aussi à un autre belvédère offrant une perspective différente, peut-être même encore plus intéressante.
Et comme vous en avez assez de m’entendre, je vais en profiter pour discuter une bonne vingtaine de minutes avec trois sympathiques randonneurs qui, eux, font le chemin inverse. Na !
Je vous l'ai déjà dit, ce soir, je loge au Presbytère, une maison d’hôtes tenue par Jean-Louis Mandrillon.
Elle se trouve à l’entrée de la reculée, au lieu-dit Sous la Baume, tout près de l’église Saint-Jean-Baptiste. Pour y accéder, le sentier, impressionnant, file presque sous la falaise rocheuse. Un final de toute beauté, même si l’on s’éloigne du cœur de la reculée.
Et enfin, au bout d'un formidable périple plein de surprises de près de 8h30 sur les chemins - y compris les pauses - nous arrivons au Presbytère, cette imposante bâtisse, là, sur la gauche de la route.
Mais en y logeant, est-ce pour autant la fin des surprises ? Réponse : demain.
À l’entrée de la reculée, là où la falaise semble veiller sur les âmes de passage, se dresse une bâtisse de pierre aux voûtes anciennes : le presbytère de Baume-les-Messieurs. Jadis demeure du curé, il partageait le silence avec les chants des moines de l’abbaye impériale, jusqu’à ce que la Révolution emporte les cloches et les prières.
Abandonné par l’Église, le bâtiment fut confié aux mains des couvreurs, artisans des toits en lauzes, qui lui offrirent une seconde vie, plus humble mais non moins noble. Puis, en 1991, un homme nommé Jean-Louis Mandrillon le ressuscita une fois encore, en maison d’hôtes, pour accueillir les voyageurs en quête de beauté et de repos.
Le lieu-dit “Sous la Baume” n’est pas qu’un nom : c’est une promesse. Celle d’un refuge sous la roche, d’un havre suspendu entre ciel et terre, où le vent murmure encore les prières oubliées. Et lorsque le soir tombe sur la vallée, le presbytère devient confident des étoiles et des pas fatigués des randonneurs.
“Le vent qui souffle là-haut porte les prières plus loin…”
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Appréciation du parcours :
Cette étape de l’Échappée Jurassienne entre Passenans et Baume-les-Messieurs illustre avec finesse le dialogue entre l’homme et la nature.
Sur le premier plateau jurassien, les traces humaines marquent le paysage : murets de pierres sèches, cabanes de bergers, mais aussi joyaux patrimoniaux comme le château de Frontenay ou le village perché de Château-Chalon.
Puis viennent les reculées, entailles spectaculaires dans le calcaire, offertes sans artifice. Mais leurs versants, façonnés par l’homme, accueillent le vignoble jurassien : un mariage parfait entre la rigueur géologique et le savoir-faire viticole, où la nature a fourni l’écrin et l’homme a su en révéler toute la richesse.
Entre ces deux expressions du paysage, le randonneur chemine dans un équilibre rare, porté par la beauté et l’histoire des lieux.
Comment rejoindre cette étape ?
Sauf erreur de ma part, aucun transport public – hormis peut-être un taxi, si on considère que c’en est un – ne dessert ni Passenans ni Baume-les-Messieurs. Ce qui est tout de même surprenant pour un site touristique aussi majeur.
À moins d’être plusieurs et de disposer de deux véhicules, la seule solution reste donc de parcourir cette étape de l’Échappée Jurassienne en itinérance, sac au dos. L’avantage, et non des moindres, est de favoriser de belles rencontres avec nos hôtes.
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Vous souhaitez parcourir cette étape de l'Échappée Jurassienne ? Vous trouverez ci-dessous la trace GPX de l'itinéraire tel que je l'ai suivi :
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