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Parce que randonner c'est la santé...

20 mai 2025 - L'Échappée Jurassienne de Lons-le-Saunier à Châtillon

Le résumé du randonneur pressé :

Ce matin, nous quittons Lons‑le‑Saunier pour entamer les 26 kilomètres de cette neuvième étape. Dès la sortie de Perrigny, la nature prend le dessus : les 21 derniers kilomètres s’étirent loin des routes et du tumulte, entre bois et prairies, offrant un souffle de liberté à chaque pas.

Au détour d’une trouée dans les arbres, l’ermitage Sainte‑Anne se révèle, suspendu au‑dessus de la reculée de Revigny. Dans son écrin de verdure, ce lieu mystérieux, entretenu avec patience et passion par des bénévoles, semble figé hors du temps. On s’arrête un instant, hypnotisé par l’équilibre fragile de ses murs et la sérénité du site.

La voie PLM, plus loin, nous entraîne à travers des passages variés : tranchées où la roche affleure, prés lumineux et bosquets ombragés, offrant un jeu subtil de textures et de lumière qui rythme la marche. À Verges, le château se dresse à l’entrée du village, imposant et discret à la fois, témoin d’un autre temps.

Le sentier reprend ensuite son ascension, franchissant crêtes et mamelons jusqu’au belvédère de la Combe d’Ain. De là, le panorama s’ouvre sur la vallée de l’Ain et donne un avant-goût des merveilles du lendemain, avant que la descente finale ne nous conduise vers Châtillon, point d’orgue de cette étape exigeante mais captivante.


Et en détail :

Temps de lecture : 15 minutes

Nous entamons ce matin la neuvième étape de l’Échappée Jurassienne, qui ouvre le triptyque final de mon périple printanier.

Comme pour les trois étapes précédentes, je n’ai pas trouvé de solution en transports en commun permettant de rentrer chaque soir à un logement central. Je poursuis donc avec mon petit “kit de survie” sur le dos. Je vous en dirai plus, comme toujours, dans la rubrique “Comment rejoindre cette étape ?” en fin d’article.

Restons sur notre habitude : le départ se fait là où nous avons terminé hier, à la gare de Lons-le-Saunier.

Gare de Lons-le-Saunier
Gare de Lons-le-Saunier

Gare de Lons-le-Saunier

Le GR 559 nous conduit aujourd’hui jusqu’à Châtillon, au terme d’un parcours d’environ 26 kilomètres dont le profil évoque… un sarcophage égyptien. Si vous avez une meilleure comparaison, je suis preneur !

Au-delà de la distance, la principale difficulté sera la montée sur le premier plateau du Jura. Mais regardez la carte : une fois sortis de Perrigny, c’est 21 kilomètres de pleine nature qui nous attendent. Mieux vaut donc prévoir suffisamment de quoi manger et boire pour la journée !

20 mai 2025 - L'Échappée Jurassienne de Lons-le-Saunier à Châtillon
20 mai 2025 - L'Échappée Jurassienne de Lons-le-Saunier à Châtillon

Nous commençons cependant par une petite infidélité… au GR, s’entend. Depuis hier, vous savez que jusqu’à Perrigny, il faudrait emprunter en sens inverse le final de l’étape précédente. Comme je n’apprécie pas trop les allers-retours, je vous propose un chemin détourné qui mène jusqu’au Parc des Bains, en passant cette fois devant la Préfecture du Jura.

Capitale du département, Lons-le-Saunier est aussi celle… de La Vache qui Rit ! Ce fromage bien connu, qui a nourri mon enfance, est né ici en 1921. Un musée lui est même consacré, mais je n’ai pas eu l’occasion de le visiter cette fois-ci. Ce sera sans doute pour un prochain séjour.

Lons-le-Saunier
Lons-le-Saunier
Lons-le-Saunier
Lons-le-Saunier
Lons-le-Saunier

Lons-le-Saunier

C’est aussi par un chemin alternatif que nous traversons le superbe Parc des Bains…

Parc des Bains, à Lons-le-Saunier
Parc des Bains, à Lons-le-Saunier
Parc des Bains, à Lons-le-Saunier
Parc des Bains, à Lons-le-Saunier
Parc des Bains, à Lons-le-Saunier
Parc des Bains, à Lons-le-Saunier

Parc des Bains, à Lons-le-Saunier

Après le parc, c’est le tracé de la liaison douce de la vallée de la Vallière qui s’impose. J’en ai parlé dans le récit de l’étape d’hier, je n’y reviendrai donc pas aujourd’hui.

Liaison douce de la vallée de la Vallière, à Montaigu
Liaison douce de la vallée de la Vallière, à Montaigu
Liaison douce de la vallée de la Vallière, à Montaigu
Liaison douce de la vallée de la Vallière, à Montaigu
Liaison douce de la vallée de la Vallière, à Montaigu

Liaison douce de la vallée de la Vallière, à Montaigu

Même chose pour la traversée de Perrigny… enfin, presque ! Aujourd’hui, il faut grimper pour rejoindre le premier plateau, qui constitue la principale difficulté du jour.

Perrigny
Perrigny
Perrigny
Perrigny
Perrigny

Perrigny

Nous découvrons un nouveau chemin à partir de l’église Saint-Jean-Baptiste du haut, l’ancienne église du village. Là, nous continuons à monter vers la droite.

Deux cents mètres plus loin, le fléchage rouge et blanc du GR se montre un peu trompeur : il indique de prendre à droite sur la voie PLM – j’y reviendrai plus loin dans ce récit – alors que ce n’est pas l’itinéraire de l’Échappée Jurassienne tel qu’il apparaît sur la carte IGN, ni dans le TopoGuide de la FFRP.

Je choisis donc de continuer tout droit, comme prévu initialement…

Rue du Mont Neuf, à Perrigny
Rue du Mont Neuf, à Perrigny
Rue du Mont Neuf, à Perrigny
Rue du Mont Neuf, à Perrigny

Rue du Mont Neuf, à Perrigny

Et, en effet, moins de 200 mètres plus loin, le GR 559 quitte la petite route asphaltée pour s’engager sur la droite. Nous empruntons désormais le chemin de Coldre, un superbe petit sentier qui continue de monter pendant un kilomètre à travers les bois pour atteindre le premier plateau du Jura.

À la difficulté de la pente, qui se fait plus raide, s’ajoute une autre contrainte : il a plu toute la nuit, parfois à verse, rendant le chemin glissant. Un magnifique sentier, à aborder avec prudence, donc.

Chemin de Coldre, à Perrigny et Conliège
Chemin de Coldre, à Perrigny et Conliège
Chemin de Coldre, à Perrigny et Conliège
Chemin de Coldre, à Perrigny et Conliège
Chemin de Coldre, à Perrigny et Conliège
Chemin de Coldre, à Perrigny et Conliège

Chemin de Coldre, à Perrigny et Conliège

Après un effort de 1 300 mètres, une trouée dans les arbres nous offre une superbe perspective. Juste sous nos pieds, l’ermitage Sainte-Anne se détache sur la reculée de Revigny. Quelle magnifique récompense !

On y jette un œil ?

Ermitage Sainte-Anne, à Conliège
Ermitage Sainte-Anne, à Conliège
Ermitage Sainte-Anne, à Conliège

Ermitage Sainte-Anne, à Conliège

🌿 L’ermitage Sainte-Anne de Conliège

Un havre préservé grâce à l’engagement bénévole

Ermitage Sainte-Anne de Conliège

Perché sur la reculée de Revigny, l’ermitage Sainte-Anne offre aux randonneurs une halte empreinte de sérénité et de mystère. Ce lieu, niché dans un écrin de verdure jurassienne, se dévoile au terme d’une montée exigeante mais ô combien gratifiante. Depuis le sentier de Coldre, une trouée dans les arbres laisse entrevoir l’ermitage, suspendu au-dessus du vide, comme un secret bien gardé.

Mais si ce site continue de rayonner aujourd’hui, c’est grâce à l’action discrète mais essentielle de nombreux bénévoles. Leur travail de restauration, d’entretien et de valorisation permet à chacun de découvrir l’ermitage dans toute sa beauté, tout en respectant son histoire et son environnement.

🙏 Un immense merci à celles et ceux qui, dans l’ombre, veillent sur ce patrimoine. Leur dévouement est une source d’inspiration et un exemple de ce que l’amour des lieux peut accomplir.

➡️ Pour suivre les actualités et les initiatives autour de l’ermitage, rendez-vous sur la page Facebook officielle.

Suspendu au flanc de la reculée, l’ermitage Sainte-Anne veille sur la vallée de la Vallière depuis des siècles. Son existence est attestée dès 1595, bien avant que le noble Claude Robin ne fasse bâtir la chapelle en 1605, en hommage à l’ermite dont les prières et les services ecclésiastiques avaient marqué les lieux.

Après la Révolution, le sanctuaire entra dans une longue période d’oubli, loué puis abandonné, jusqu’à ce que Joseph-Elie Simonin, ermite du XIXᵉ siècle, y entreprenne de courageux travaux de restauration. Mais ce n’est qu’en 1996, grâce à l’association L’Ermitage, que le site retrouva sa dignité, sauvé de l’effacement par la volonté de quelques passionnés.

Depuis 1998, il est inscrit aux Monuments Historiques — reconnaissance tardive d’un lieu qui, depuis toujours, semble hors du temps.

Ermitage Sainte-Anne, à Conliège
Ermitage Sainte-Anne, à Conliège
Ermitage Sainte-Anne, à Conliège
Ermitage Sainte-Anne, à Conliège

Ermitage Sainte-Anne, à Conliège

Trois minutes à pied plus loin, nous découvrons la Fontaine de l’Ermite. Jamais tarie, elle servait autrefois de point d’eau à l’ermite.

Fontaine de l'Ermite, à Conliège
Fontaine de l'Ermite, à Conliège

Fontaine de l'Ermite, à Conliège

Dix minutes plus tard, une anfractuosité dans la barrière rocheuse nous mène à la Vierge de la Roche.

Rocher de la Vierge, à Conliège
Rocher de la Vierge, à Conliège
Rocher de la Vierge, à Conliège
Rocher de la Vierge, à Conliège
Rocher de la Vierge, à Conliège
Rocher de la Vierge, à Conliège

Rocher de la Vierge, à Conliège

Au fond de la reculée, au-dessus de la source de la Diane, le passage devient plus scabreux. La prudence s’impose, surtout lorsqu’on est seul.

Sous Biolay, à Conliège
Sous Biolay, à Conliège
Sous Biolay, à Conliège
Sous Biolay, à Conliège
Sous Biolay, à Conliège
Sous Biolay, à Conliège
Sous Biolay, à Conliège

Sous Biolay, à Conliège

Mais finalement, je ne suis pas tout à fait seul...

Grenouille rousse européenne (Rana temporaria), sous Biolay, à Conliège

Grenouille rousse européenne (Rana temporaria), sous Biolay, à Conliège

Après avoir longé le haut de la reculée, nous gagnons progressivement le plateau. Le belvédère de la Croix de Charnay nous offre alors une nouvelle vue sur Conliège.

La Croix de Charnay, à Conliège
La Croix de Charnay, à Conliège
La Croix de Charnay, à Conliège
La Croix de Charnay, à Conliège

La Croix de Charnay, à Conliège

Pendant environ 400 mètres, le sentier s’élève encore en bordure du plateau, puis il bascule franchement vers le parking de la fontaine de Fontenaille.

De là montent des cris et des rires : un groupe de randonneurs semble prêt à envahir le chemin. Pas question de partager ma quiétude ! Je presse aussitôt le pas, comme un ermite fuyant la civilisation…

De la Croix de Charnay à la fontaine de Fontenaille, à Conliège
De la Croix de Charnay à la fontaine de Fontenaille, à Conliège
De la Croix de Charnay à la fontaine de Fontenaille, à Conliège
De la Croix de Charnay à la fontaine de Fontenaille, à Conliège
De la Croix de Charnay à la fontaine de Fontenaille, à Conliège
De la Croix de Charnay à la fontaine de Fontenaille, à Conliège

De la Croix de Charnay à la fontaine de Fontenaille, à Conliège

Un peu plus loin, le belvédère des Tilleuls dévoile une belle vue sur Lons-le-Saunier. Sous un franc soleil, le spectacle serait sûrement plus éclatant…

Quoi qu’il en soit, l’endroit est calme et désert : personne ne semble marcher sur mes traces. C’est donc ici que je choisis de casser la croûte.

Belvédère des Tilleuls, à Conliège
Belvédère des Tilleuls, à Conliège
Belvédère des Tilleuls, à Conliège

Belvédère des Tilleuls, à Conliège

Après le belvédère, la forêt s’éclaircit et laisse entrer davantage de lumière, même si aujourd’hui nous avons la tête dans les nuages. On gagne rapidement une petite route de campagne qui s’éloigne du rebord de la reculée.

En Dodon le Haut, à Conliège
En Dodon le Haut, à Conliège
En Dodon le Haut, à Conliège
En Dodon le Haut, à Conliège

En Dodon le Haut, à Conliège

Au bout de 500 mètres sur la petite route, le balisage nous ramène à travers bois, toujours en lisière de plateau, que nous longeons désormais vers le sud. Le sentier, agréable et facile, suit au plus près la limite administrative entre Conliège et Revigny, matérialisée par une borne discrète.

Encore un kilomètre et demi, et voilà qu’apparaît un nouveau point de vue : le belvédère de la Guillotine. Mais dites-moi… combien en avons-nous déjà croisés depuis le départ ? Gare à vous, une mauvaise réponse pourrait bien vous coûter la tête !

Vers le belvédère de la Guillotine, à Revigny
Vers le belvédère de la Guillotine, à Revigny
Vers le belvédère de la Guillotine, à Revigny
Vers le belvédère de la Guillotine, à Revigny
Vers le belvédère de la Guillotine, à Revigny
Vers le belvédère de la Guillotine, à Revigny

Vers le belvédère de la Guillotine, à Revigny

Le belvédère nous offre une vue imprenable sur le Creux de Revigny. La forêt domine partout le paysage, même si, par endroits, une barre calcaire affleure en bordure de plateau.

Sur la droite, on distingue le village de Revigny, blotti au cœur de la reculée éponyme. En face, un viaduc rappelle le tracé du Tacot. Du Tacot ? Patience… je vous en parle en fin d’article.

Belvédère de la Guillotine, à Revigny
Belvédère de la Guillotine, à Revigny
Belvédère de la Guillotine, à Revigny
Belvédère de la Guillotine, à Revigny

Belvédère de la Guillotine, à Revigny

Le sentier, toujours aussi agréable, se prolonge au-delà du belvédère en décrivant une boucle qui nous ramène à la petite route asphaltée que nous avions quittée un peu plus tôt.

En Dodon le Bas, à Conliège
En Dodon le Bas, à Conliège
En Dodon le Bas, à Conliège

En Dodon le Bas, à Conliège

Nous bifurquons à droite pour suivre la route pendant 600 mètres en direction du sud-ouest. À mi-parcours, nous retrouvons la voie PLM dont nous avions aperçu l’entrée à Perrigny. Vous vous souvenez ? Le balisage avait presque réussi à nous induire en erreur…

Sur la Baume, à Conliège
Sur la Baume, à Conliège
Sur la Baume, à Conliège

Sur la Baume, à Conliège

Cette fois-ci, pas de confusion : c'est bien la voie PLM que nous devons suivre. Si le panneau à l'entrée du chemin annonce "Châtillon – 10 km", la réalité est un peu différente. Il nous reste en fait 13 kilomètres, car nous n’allons pas rester en permanence sur l’ancienne ligne.

Nous la suivons d’abord sur 2,4 kilomètres à travers la campagne, avec deux superbes passages en tranchée où la roche affleurante attire immanquablement le regard : l’un avant, l’autre après l’ancienne gare de Publy-Vevy, vestige d’une époque où l’on se déplaçait autrement.

Voie PLM, à Conliège
Voie PLM, à Conliège
Voie PLM, à Conliège
Voie PLM, à Conliège
Voie PLM, à Conliège
Voie PLM, à Conliège
Voie PLM, à Conliège
Voie PLM, à Conliège
Voie PLM, à Conliège

Voie PLM, à Conliège

Heureusement, 400 mètres après la gare, nous quittons la voie verte pour emprunter un agréable chemin parallèle à travers le bois de la Côte de l’Heute. Les arbres et les murs de pierre couverts de mousse qui bordent le sentier apportent beaucoup de charme au parcours, surtout que le soleil fait enfin son apparition.

Bois de la Côte de l'Heute, à Publy
Bois de la Côte de l'Heute, à Publy
Bois de la Côte de l'Heute, à Publy
Bois de la Côte de l'Heute, à Publy

Bois de la Côte de l'Heute, à Publy

De façon inexplicable, le balisage nous ramène sur la voie PLM au bout d’un kilomètre, alors que le magnifique sentier sur lequel nous évoluions jusque-là semble pourtant continuer.

C’est conforme au TopoGuide, mais pas à la carte IGN. Un couple d’amis, lui de Bordeaux, elle des Yvelines, que je rencontre un peu plus loin en pleine pause, m’avoue aussi son étonnement.

Nous faisons connaissance, échangeons nos expériences de randonneurs, et la pause se prolonge dans une ambiance sympathique.

Voie PLM, à Publy

Voie PLM, à Publy

Nous n’avons malheureusement pas toute la vie devant nous. Eux feront étape au château de Verges, où nous arrivons bientôt, mais pour moi, il reste encore 9 kilomètres à parcourir. Nous repartons donc ensemble… enfin, chacun à son rythme, plutôt.

Sur 800 mètres, nous retrouvons le superbe sentier, avant de reprendre la voie PLM qui, ici, traverse le hameau du Montaignier sans être en site propre.

À la sortie du hameau, nous quittons de nouveau la voie verte, plein nord, vers Verges. Le chemin de campagne, très agréable, longe d’abord le Bois de la Côte de Thorne, puis s’enfonce entre les prés.

De la voie PLM à Publy, à Verges
De la voie PLM à Publy, à Verges
De la voie PLM à Publy, à Verges
De la voie PLM à Publy, à Verges
De la voie PLM à Publy, à Verges
De la voie PLM à Publy, à Verges
De la voie PLM à Publy, à Verges
De la voie PLM à Publy, à Verges
De la voie PLM à Publy, à Verges

De la voie PLM à Publy, à Verges

Le château de Verges apparaît dès l’entrée du village. Construit en 1562 par Philibert de Vautravers, gentilhomme de la Chambre de Charles Quint, il succède à une forteresse médiévale attestée dès le XIVᵉ siècle.

Au fil du temps, il a connu bien des épreuves : assailli en 1639 lors du passage des troupes de Bernard de Saxe-Weimar, puis ravagé en partie par un incendie en 1746, avant d’être transformé en résidence civile. Ses tours circulaires et ses murs de pierre rappellent toutefois son origine défensive.

Classé Monument historique depuis 1992, le château reste aujourd’hui une propriété privée. Ses extérieurs se visitent gratuitement chaque mercredi après-midi, une belle occasion de découvrir ce patrimoine discret, niché dans un cadre typiquement jurassien.

Mes compagnons de marche rencontrés un peu plus tôt auront d’ailleurs le privilège d’y loger ce soir. Quelle chance pour eux de pouvoir terminer l’étape dans un tel décor !

Château de Verges
Château de Verges
Château de Verges
Château de Verges

Château de Verges

Nous restons en lisière du village de Verges, à deux pas de l’église Saint-Michel, avant de reprendre la direction du Bois de la Côte de Thorne, déjà longé plus tôt.

Fidèle à son nom, il se dresse sur une crête qu’il nous faut franchir : une montée régulière, puis sans transition, la descente sur le versant opposé. Un des derniers obstacles avant l’arrivée à Châtillon.

Traversée du Bois de la Côte de Thorne depuis Verges
Traversée du Bois de la Côte de Thorne depuis Verges
Traversée du Bois de la Côte de Thorne depuis Verges
Traversée du Bois de la Côte de Thorne depuis Verges
Traversée du Bois de la Côte de Thorne depuis Verges
Traversée du Bois de la Côte de Thorne depuis Verges

Traversée du Bois de la Côte de Thorne depuis Verges

À la sortie du bois, changement complet d’univers. On pourrait presque intituler ce passage « Baudouin au Pays des Merveilles » ! En réalité, nous pénétrons dans le Pays des Lacs.

Ce n’est pas encore éclatant, mais au fil des trois kilomètres qui nous mènent en pleine nature jusqu’au belvédère de la vallée de l’Ain, on perçoit déjà que le premier plateau s’éloigne pour laisser place à une nouvelle expérience.

Le sentier, parfois sauvage et confidentiel, conserve néanmoins des accents familiers du Revermont : murets de pierre, arbres couverts de mousse... une atmosphère étrange qui laisse presque imaginer des créatures tapies dans l’ombre, prêtes à bondir. Un vrai régal pour l’imaginaire autant que pour la marche.

Du Bois de la Côte de Thorne au belvédère de la Vallée de l'Ain, à Châtillon
Du Bois de la Côte de Thorne au belvédère de la Vallée de l'Ain, à Châtillon
Du Bois de la Côte de Thorne au belvédère de la Vallée de l'Ain, à Châtillon
Du Bois de la Côte de Thorne au belvédère de la Vallée de l'Ain, à Châtillon
Du Bois de la Côte de Thorne au belvédère de la Vallée de l'Ain, à Châtillon
Du Bois de la Côte de Thorne au belvédère de la Vallée de l'Ain, à Châtillon
Du Bois de la Côte de Thorne au belvédère de la Vallée de l'Ain, à Châtillon
Du Bois de la Côte de Thorne au belvédère de la Vallée de l'Ain, à Châtillon
Du Bois de la Côte de Thorne au belvédère de la Vallée de l'Ain, à Châtillon
Du Bois de la Côte de Thorne au belvédère de la Vallée de l'Ain, à Châtillon
Du Bois de la Côte de Thorne au belvédère de la Vallée de l'Ain, à Châtillon
Du Bois de la Côte de Thorne au belvédère de la Vallée de l'Ain, à Châtillon
Du Bois de la Côte de Thorne au belvédère de la Vallée de l'Ain, à Châtillon

Du Bois de la Côte de Thorne au belvédère de la Vallée de l'Ain, à Châtillon

Le belvédère nous offre déjà un bel aperçu de ce qui nous attend dans les prochains jours. Mais, attendez... j'ai mieux à vous proposer !

Belvédère de la Vallée de l'Ain, à Châtillon
Belvédère de la Vallée de l'Ain, à Châtillon

Belvédère de la Vallée de l'Ain, à Châtillon

Bon, je vous l’accorde, il faut d’abord longer la D 39. Pas le passage le plus agréable, mais cela ne dure qu’une centaine de mètres.

Très vite, on quitte le GR 559 pour grimper sur un petit mamelon qui domine Châtillon. Et là, au bout du chemin, se dresse une statue, et sa vue nous interpelle.

Vers le belvédère de la Combe d'Ain, à Châtillon
Vers le belvédère de la Combe d'Ain, à Châtillon
Vers le belvédère de la Combe d'Ain, à Châtillon
Vers le belvédère de la Combe d'Ain, à Châtillon
Vers le belvédère de la Combe d'Ain, à Châtillon

Vers le belvédère de la Combe d'Ain, à Châtillon

La statue est celle du Sacré-Cœur, érigée fin 1941 par les habitants en signe de gratitude : leur village avait été épargné par les horreurs de la guerre. Châtillon se trouvait alors en zone libre, à quelques kilomètres seulement de la ligne de démarcation. Petite anecdote : lors de l’inauguration, le 14 juin 1942, Les Petits Chanteurs à la Croix de Bois étaient présents.

Mais si nous sommes montés ici, c’est avant tout pour le belvédère de la Combe d’Ain. Quarante mètres plus haut que le précédent, il change tout au panorama. À gauche, on devine même le lac de Chalain. Mais ça, ce sera pour demain.

Belvédère de La Combe d'Ain, à Châtillon
Belvédère de La Combe d'Ain, à Châtillon
Belvédère de La Combe d'Ain, à Châtillon
Belvédère de La Combe d'Ain, à Châtillon
Belvédère de La Combe d'Ain, à Châtillon

Belvédère de La Combe d'Ain, à Châtillon

De là, il ne reste plus qu’à se laisser descendre jusqu’à l’église Saint-Valère de Châtillon, point final de cette magnifique étape !

Arrivée à Châtillon
Arrivée à Châtillon
Arrivée à Châtillon
Arrivée à Châtillon
Arrivée à Châtillon

Arrivée à Châtillon

Et alors, on dort où ? Sous le porche de l’église, comme des marginaux en quête de spiritualité ?

Pas de panique, Aline vient me chercher… mais pour découvrir où je passerai les deux prochaines nuits, il faudra patienter jusqu’au prochain épisode !

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Vous voulez revivre cette randonnée en vidéo 3D ? C'est ici :

Appréciation du parcours :

Cette neuvième étape de l’Échappée Jurassienne a été un vrai régal : 26 kilomètres mêlant nature, points de vue et patrimoine.

La montée sur le premier plateau a été exigeante, mais l’ermitage Sainte-Anne et, à la fin, le belvédère de la Combe d’Ain, ont largement récompensé l’effort. Les sentiers à travers bois, prés et tranchées ont offert variété et calme, tandis que la rencontre avec un couple de randonneurs a ajouté une touche humaine bienvenue. Château de Verges, belvédères, statues… chaque kilomètre réserve son lot de surprises et de plaisir.

Une étape exigeante mais très agréable, à savourer pour ses paysages, son histoire et ses instants de bonheur sur le chemin.

Comment rejoindre cette étape ?

Le départ se fait à la gare de Lons‑le‑Saunier, facilement accessible en train ou en voiture. L’étape s’achève à Châtillon : aucun transport en commun ne permet de revenir directement au point de départ, il faut donc prévoir votre retour ou un hébergement sur place si vous souhaitez continuer plus loin.

Châtillon et ses environs offrent plusieurs possibilités de logement, ce qui permet d’adapter la fin d’étape selon vos envies. Pensez à emporter suffisamment de provisions : dès la sortie de Perrigny, 21 kilomètres de pleine nature vous attendent, loin des commerces et points d’eau.

En ce qui me concerne, j’ai imaginé le plan suivant : contraint par le temps, j’ai choisi de terminer mon périple sur l’Échappée Jurassienne à la gare de Pont-de-la-Chaux, que je rejoindrai en trois étapes au départ de Lons‑le‑Saunier.

Comme il n’y a pas de liaison directe entre Pont‑de-la-Chaux et Lons‑le‑Saunier, ce matin, je suis allé garer ma voiture à la gare de Champagnole et je suis revenu en bus jusque Lons-le-Saunier. Il me suffira ensuite de prendre le train à l’arrivée de la dernière étape pour la récupérer et remonter dans le Nord.

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Une reculée, deux lignes, mille histoires

Au cœur de la reculée de Revigny, le silence des sous-bois cache une mémoire ferroviaire étonnamment riche.

Dès Perrigny, deux culées m’avaient déjà mis la puce à l’oreille : une voie ferrée passait là, jadis. Et en longeant la vallée de la Vallière, sur la voie douce, une autre intuition s’est imposée — celle d’une seconde ligne, distincte de la première. L’idée semblait audacieuse… mais elle s’est révélée juste.

C’est à Revigny que les traces de ce passé ferroviaire sont les plus visibles : tunnels, viaducs, ancienne gare. À mesure que l’on gagne Lons-le-Saunier, les vestiges se font plus discrets, noyés dans le tissu urbain, comme si la mémoire du rail s’était fondue dans le présent. Deux lignes ont pourtant traversé ce paysage escarpé, chacune avec son tracé, ses ouvrages d’art, et ses usages bien distincts.

🛤️ La voie PLM : entre Perrigny et Châtillon

Construite par la Compagnie du Paris-Lyon-Méditerranée, cette ligne reliait Lons-le-Saunier à Champagnole. Aujourd’hui réhabilitée en voie verte, elle offre un itinéraire confortable et sécurisé, souvent recommandé par les hôtes locaux aux randonneurs en quête d’alternative au GR 559. Son revêtement sablé, sa pente douce et ses ouvrages d’art remarquables en font un chemin idéal par temps incertain. Parmi ces ouvrages, le tunnel de la Diane, long de 889 mètres, constitue une traversée spectaculaire à flanc de reculée.

Tunnel de la Diane Pont et tunnel en arrière-plan
🚋 Le Tacot : le petit train du Jura

Moins connu mais tout aussi pittoresque, le Tacot était une ligne à voie métrique reliant Lons-le-Saunier à Saint-Julien. Il desservait les villages du premier plateau avec une allure modeste et une fréquence adaptée à la vie rurale. Son tracé, plus discret, a laissé quelques vestiges : tunnels bouchés, ponts étroits, et à Revigny, l’ancienne gare encore visible. Le viaduc que l’on aperçoit depuis le belvédère de la Guillotine appartient à cette ligne, témoin d’un temps où le petit train serpentait entre falaises et forêts.

Carte du tracé du Tacot
🗺️ Légende de la carte
  • Tracé rouge : L’Échappée Jurassienne, telle que parcourue le 20 mai 2025, entre Lons-le-Saunier et Châtillon.
  • Voie PLM : Ancienne ligne Paris-Lyon-Méditerranée, aujourd’hui réhabilitée en voie verte.
  • Le Tacot : Tracé du petit train du Jura, dont les vestiges ponctuent la reculée de Revigny.
🟢 Points d’intérêt
  • 🏞️ Belvédère de la Guillotine : Vue plongeante sur le Creux de Revigny et le viaduc du Tacot.
  • 🕍 Ermitage Sainte-Anne : Suspendu au-dessus de la reculée, lieu de silence et de mémoire.
  • 🌉 Viaduc du Tacot : Ouvrage discret mais emblématique, visible depuis le belvédère.
  • 🚇 Tunnel de la Diane : Long de 889 mètres, il traverse la reculée à flanc de falaise.
Viaduc du Tacot vu depuis la Guillotine
🧭 Ce qu’il en reste aujourd’hui

Si les locomotives ont disparu, les chemins demeurent. La voie PLM, transformée en itinéraire de randonnée, permet de marcher sur les pas des voyageurs d’autrefois. Le Tacot, lui, s’est fondu dans le paysage, mais ses traces subsistent pour qui sait les chercher. Ensemble, ces deux lignes racontent une autre histoire du Jura : celle d’un territoire longtemps relié par le rail, aujourd’hui redécouvert à pied.

👉 Pour prolonger la découverte : le carnet de route officiel de la voie verte propose un itinéraire détaillé entre Perrigny et Revigny, avec des informations sur les tunnels, les viaducs et le patrimoine local.

Vous souhaitez parcourir cette étape de l'Échappée Jurassienne ? Vous trouverez ci-dessous la trace GPX de l'itinéraire tel que je l'ai suivi :

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