Parce que randonner c'est la santé...
Le résumé du randonneur pressé :
Raccourcie une nouvelle fois en raison de la canicule, cette dernière étape de la 59e MESA n'en reste pas moins la plus exigeante des quatre.
Après un début de parcours relativement facile le long de la Lomme, une longue ascension vers le château de Mirwart puis le col de la Blanche Virée met les organismes à rude épreuve. Malgré un itinéraire largement boisé, la chaleur reste omniprésente.
Quelques difficultés d'organisation viennent également ternir cette journée, sans toutefois gâcher le plaisir des rencontres et la beauté des paysages traversés. Une arrivée vécue sans euphorie, mais avec la satisfaction d'avoir repoussé, une fois encore, les limites que l'on s'impose.
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Et en détail :
Temps de lecture : 10 minutes
Il y a des étapes que l'on attend avec impatience et d'autres que l'on redoute un peu. Cette dernière journée de la 59e MESA appartient sans doute aux deux catégories. Heureux de toucher au but, nous savons aussi qu'il nous reste l'étape la plus exigeante du parcours, avec un relief annoncé particulièrement marqué au départ de Saint-Hubert.
Comme les jours précédents, le Gouverneur de la province de Luxembourg a demandé de raccourcir l'étape en raison de la canicule. Une décision que personne ne conteste vraiment.
En revanche, le nouveau tracé suscite beaucoup d'incompréhension parmi les marcheurs : alors que le parcours initial se déroulait presque entièrement en forêt, le raccourci nous oblige désormais à terminer en plein soleil, au moment le plus chaud de la journée.
Avant de prendre le départ, nous avons tout de même une pensée pour Olivier, le frère aîné de Kévin, qui fête aujourd'hui son anniversaire. Nous lui avions bien proposé de venir le célébrer avec nous sur les chemins de la MESA… mais il a préféré rester allongé dans son canapé. Le pauvre, il ne saura jamais ce qu'il a raté !
À l'heure du départ, le soleil est encore relativement bas et la température reste supportable. Les premiers kilomètres nous conduisent jusqu'à Hatrival. Le parcours est certes légèrement vallonné et entièrement à découvert, mais rien qui puisse véritablement nous ralentir. Nous avançons d'un bon pas, conscients que les principales difficultés sont encore devant nous.
À la sortie du village, le parcours s'enfonce enfin dans les bois. Une longue descente nous conduit jusqu'à la Lomme dans une atmosphère bien plus agréable que sur les portions découvertes parcourues jusqu'ici.
Au kilomètre 8,5, un premier ravitaillement est proposé dans la cour de l'école de Poix-Saint-Hubert. Nous faisons pourtant le choix de poursuivre notre route sans nous arrêter. Jusqu'à présent, cette dernière étape tient toutes ses promesses... ou presque. La chaleur reste supportable et le relief ne s'est pas encore montré aussi exigeant que nous l'avions imaginé.
Finalement, nous aurions peut-être dû nous arrêter au ravitaillement. Quelques centaines de mètres plus loin, un passage à niveau nous contraint en effet à patienter le temps de laisser passer un train.
À partir de la gare de Poix-Saint-Hubert, notre itinéraire accompagne désormais la Lomme. Tantôt au plus près de la rivière, tantôt quelques mètres au-dessus de son cours, nous progressons dans un environnement entièrement boisé.
La ligne de chemin de fer du Luxembourg devient notre second fil conducteur. À plusieurs reprises, nous passons d'un côté à l'autre des voies, le plus souvent par des passages inférieurs qui nous font franchir la voie ferrée.
Puis, pour la seule et unique fois de la journée, nous traversons la ligne de chemin de fer par un pont. En levant les yeux, nous apercevons le château de Mirwart, fièrement perché sur son promontoire.
« La grande halte est sûrement là-haut », lance Kévin.
Je préfère ne pas y croire. Avec un peu de chance, le château ne sera qu'un joli décor...
Quelques minutes plus tard, nous atteignons le Domaine provincial de Mirwart où est installée la grande halte. Ouf ! Cette fois, j'en suis convaincu : nous ne monterons pas jusqu'au château.
Nous faisons le choix de nous arrêter. Grâce aux provisions que j'ai emportées, je pourrais facilement me passer de cette halte. Il n'en va pas de même pour Kévin, qui a besoin de reprendre quelques forces.
Nous trouvons deux places libres à une table déjà occupée par trois habitués de la MESA. Les quelques bancs installés sous les tonnelles sont presque tous occupés. Difficile de croire qu'une cinquantaine de places suffiront à accueillir le millier de marcheurs attendu au fil de la matinée.
Quelques instants plus tard, un sympathique jeune couple venu du Brabant wallon s'installe en face de nous. Les conversations s'engagent naturellement.
Pendant ce temps, Kévin et le jeune Brabançon partent acheter de quoi se restaurer. Ils reviennent quelques minutes plus tard avec... deux saucisses chacun, mais sans pain. Les pains-saucisses annoncés se sont transformés en simples saucisses, faute de pain !
Autour de nous, les habitués dressent le même constat que beaucoup de participants. Entre les ravitaillements trop peu nombreux, les différentes ruptures de stock et plusieurs autres dysfonctionnements, cette 59e édition ne restera pas comme un modèle d'organisation. Nous espérons tous que ces difficultés ne seront qu'un mauvais souvenir et que la 60e édition retrouvera le niveau auquel la MESA nous avait habitués.
Heureusement, ces petits désagréments ne nous empêchent pas de passer un agréable moment en compagnie de nos nouveaux voisins.
Nous reprenons notre route. Enfin... « route » est un bien grand mot. Il s'agit plutôt d'un sentier de chèvre qui s'élève brutalement hors de la vallée. Les 130 premiers mètres affichent une pente proche de 15 %. Juste après la halte, ça fait mal ! Pour ma part, impossible de gravir cette montée d'une seule traite.
Lorsque le chemin s'élargit enfin, je crois naïvement que le plus dur est derrière nous. Hélas, seule la largeur du sentier change. La pente, elle, reste tout aussi sévère. Il nous faudra finalement près de 500 mètres d'ascension pour atteindre... le château de Mirwart !
Moi qui étais persuadé, quelques minutes plus tôt, que nous n'aurions pas à y monter... Kévin avait vu juste.
Je dois toutefois reconnaître que l'effort est récompensé. Le château de Mirwart mérite largement le détour. Il n'empêche qu'entre cette ascension et la chaleur qui s'installe, j'ai le sentiment de vivre mon Golgotha de cette 59e MESA.
Après avoir quitté le château, nous parcourons les 300 mètres qui nous séparent de l'église de Mirwart. Un faux-plat légèrement montant qui me laisse penser que le plus difficile est enfin derrière moi.
C'était sans compter sur la suite du parcours ! Une nouvelle côte nous attend. Longue de 500 mètres et affichant une nouvelle fois une pente proche de 15 %, elle me demande un nouvel effort important. Cette fois, je suis crucifié !
Et pourtant, la montée n'est pas encore terminée. Plus douce par moments, entrecoupée de quelques rares descentes qui offrent un court répit, elle se poursuit jusqu'au col de la Blanche Virée (434 m). Pour vous donner une idée de l'effort accompli, le Domaine provincial de Mirwart se situait, lui, à 261 mètres d'altitude.
Au total, ce sont près de 3 kilomètres de montée quasi ininterrompue qui nous auront permis de sortir de la vallée.
Heureusement, l'effort se déroule dans un cadre magnifique. Le parcours reste entièrement boisé et les sentiers empruntés rendent cette longue montée beaucoup plus agréable. Mais la forêt ne nous protège pas totalement de la chaleur : par endroits, un vent chaud vient nous rappeler que la canicule est toujours bien présente.
Depuis le col de la Blanche Virée, le chemin nous conduit jusqu'à Arville à travers 4 kilomètres de forêt. Le profil est désormais moins exigeant, sans forte pente, mais cette portion n'est pas totalement neutre pour autant. Nous atteignons même le point culminant de l'étape à 495 mètres d'altitude.
Une petite halte est proposée sur le parcours, mais elle ne semble offrir que de l'eau. Nous en avons encore suffisamment et faisons donc le choix de poursuivre notre chemin.
Nous traversons le village d'Arville avant d'en sortir par une longue montée en plein soleil. Il me faut puiser dans mes dernières réserves.
Mais cette fois, la bonne nouvelle est au bout de la côte ! Alors que nous étions convaincus de terminer cette étape en plein soleil, nous retrouvons finalement l'ombre sous le couvert du Bois Dony. D'abord en longeant sa lisière, puis en le traversant par un superbe sentier qui emprunte un ravin. L'ambiance est magnifique !
Au fond de la vallée du ruisseau de Poix, au lieu-dit Moulin d'En Bas, nous arrivons à la limite de Saint-Hubert. Cette fois, ça fleure bon l'arrivée.
Il ne reste plus que 2,5 kilomètres jusqu'à l'arrivée. Mais cette fois, le parcours est de nouveau en plein soleil. Et je dois bien l'avouer : je suis vidé.
Je repense alors à l'ascension du Teide, le plus haut sommet d'Espagne, réalisée en décembre 2018. À quelques centaines de mètres du sommet, je ne souffrais de rien. Je n'avais ni mal aux jambes, ni sensation de fatigue particulière, ni malaise. Je n'avais simplement plus d'énergie. C'est pas à pas, en avançant lentement mais sûrement, que j'avais finalement atteint le sommet.
Aujourd'hui, c'est exactement la même sensation. J'ai envie de m'arrêter, de m'allonger dans l'herbe et d'attendre... je ne sais quoi. Mais Kévin est là, quelques dizaines de mètres devant moi. Il ne dit rien, il ne se retourne pas, mais c'est comme si une corde invisible nous reliait. Je continue d'avancer.
Nous arrivons à l'église Saint-Gilles, située à seulement 300 mètres de l'arrivée. J'y entre quelques instants. Est-ce par curiosité ou simplement pour profiter d'un peu de fraîcheur ? Je ne saurais le dire.
Puis vient enfin l'arrivée. Et pourtant, je ne peux même pas dire que je ressens la joie d'en avoir terminé. Je suis simplement arrivé au bout de cette quatrième étape.
Cette étape aura été la plus difficile, au point de me pousser dans mes dernières limites. Mais elle m'a aussi rassuré. Car si j'ai souffert dans cette chaleur et sur ce relief exigeant, j'ai aussi constaté que j'étais capable d'aller au bout, pas après pas. Une fois encore, cette MESA m'aura appris que les limites que l'on s'impose sont parfois davantage mentales que physiques.
De quoi envisager sereinement les prochains défis qui se profilent...
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Vous voulez revivre cette étape en vidéo 3D ? C'est ici :
Comment rejoindre cette étape ?
La voiture reste le moyen le plus simple pour rejoindre le départ de cette randonnée à Saint-Hubert.
Les marcheurs qui privilégient les transports en commun peuvent toutefois emprunter le train jusqu'à la gare de Poix-Saint-Hubert, située sur la ligne du Luxembourg.
Mieux encore, cette gare se trouve directement sur l'itinéraire de cette étape : il est donc très facile d'y débuter la randonnée, sans avoir à effectuer le moindre détour.
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Vous souhaitez parcourir cette étape de la MESA ? Vous trouverez ci-dessous la trace GPX de l'itinéraire tel que nous l'avons suivi :
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