Parce que randonner c'est la santé...
Le résumé du randonneur pressé :
Au départ de Dranouter, nous quittons rapidement le village pour rejoindre les bois et les prairies qui s’étendent entre le Monteberg et le Kemmelberg. Le parcours nous mène d’un versant à l’autre, au milieu de paysages vallonnés et de quelques vignobles qui rappellent que nous sommes bien en Flandre occidentale.
Puis, en gagnant les hauteurs du Kemmelberg, l’ambiance change : l’ossuaire français et l’ancien bunker de la guerre froide nous ramènent à une histoire beaucoup moins paisible.
Avant de retrouver tranquillement Dranouter, il reste encore quelques beaux chemins et de larges panoramas sur la campagne. Une randonnée de 13 kilomètres, variée et sans difficulté majeure, qui nous aura fait découvrir bien plus qu’un simple mont.
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Et en détail :
Temps de lecture : 11 minutes
Après la MESA et ses températures caniculaires, la chaleur de ce mois de juillet ne m’a guère incité à multiplier les kilomètres. Ce 24 juillet, j’ai donc choisi une randonnée de 13 kilomètres autour du Mont Kemmel, une distance plus raisonnable pour profiter des chemins sans transformer la balade en épreuve d’endurance.
Je l’ai trouvée sur Visorando, où elle est proposée par Joorange, le Lucky Luke de la randonnée tant il en a publié sur l’application. Autant dire que, venant de lui, c’est déjà un gage de qualité !
Nous démarrons cette randonnée de la Planciusplein, à Dranouter, une section de la commune de Heuvelland. Nous voici donc en Belgique, en Région flamande, mais à quelques kilomètres à peine de la frontière française.
Au centre de cette place se dresse la Sint-Jan Baptistkerk. L’église, qui date du XVe siècle, fut entièrement détruite durant la Première Guerre mondiale. Rebâtie sur des plans similaires en 1922-1923, son intérieur est simple et très lumineux. J’aime beaucoup.
À la sortie du village, dans la Victoriastraat, un grand chapiteau bleu et jaune en cours de montage nous interpelle. Ce serait presque anecdotique si sa présence ne pouvait avoir de conséquence sur la suite de cette randonnée.
En effet, depuis cette année, le Festival Dranouter occupe le triangle formé par la Dikkebusstraat et la Victoriastraat. Vu l’importance de ce festival, dont nous découvrons d’ailleurs un autre chapiteau un peu plus loin, il n’est pas exclu que la Victoriastraat soit interdite à la circulation et que cela compromette la suite de notre parcours.
Né en 1975 autour du folkclub local « De Zon », le Festival Dranouter est devenu l’un des grands rendez-vous musicaux de Flandre. Longtemps consacré essentiellement au folk et aux musiques traditionnelles, il s’est peu à peu ouvert à la world music, à la pop et au rock, tout en conservant ses racines. Il se tient chaque année au début du mois d’août, à Dranouter, dans la commune de Heuvelland.
Au fil des décennies, ses scènes ont accueilli des artistes de renommée internationale : Joan Baez, The Dubliners, Suzanne Vega, Cesária Évora, Lou Reed, Nick Cave, Van Morrison, Michael Kiwanuka ou encore Angèle. Une belle évolution pour un festival dont la première édition, organisée dans la cour de récréation de l’école de Dranouter, n’avait attiré qu’environ trois cents spectateurs !
En 2024, pour sa 50e édition, le festival a enregistré une fréquentation record de 55 000 visiteurs. Cette affluence transforme temporairement les paisibles environs de Dranouter en une véritable petite ville musicale. À la fin du mois de juillet et au début du mois d’août, les randonneurs doivent donc rester attentifs : le montage des imposants chapiteaux et les installations du festival peuvent perturber, voire empêcher, le passage sur certains chemins du secteur.
D’autant que c’est de la Victoriastraat que nous rejoignons l’Eeuwenhout, dont nous faisons presque le tour. Un cheminement particulièrement agréable.
Le bois occupe un versant de la vallée de la Douve, entre Loker et Dranouter. Avec la vallée, il constitue un ensemble naturel aujourd’hui composé de sous-bois et de prairies humides. Autrefois beaucoup plus étendu, le bois fut en grande partie défriché après la Seconde Guerre mondiale, avant que la nature ne reprenne progressivement ses droits.
Nous quittons le bois pour l’une de ces prairies humides dont je parlais plus haut. Et puis, après avoir escaladé la clôture... oh, pas sauvagement, mais par un escalier en bois aménagé, nous atteignons le Wijngoed d’Hellekapelle.
Sur ce domaine viticole de 3 hectares, on cultive essentiellement des vignes de chardonnay et de pinot noir. Une petite dégustation ? Hmmm... après la randonnée, peut-être ?
Nous retrouvons, le temps de la traverser, la Dikkebusstraat par laquelle nous avions quitté la place de Dranouter tout à l’heure.
Nous descendons maintenant à travers les campagnes, vers l’est, pour atteindre le Hellebeek. Aujourd’hui, la montée vers la Koenraadstraat, après avoir franchi la rivière, est évidente. Cela ne semble pas avoir toujours été le cas. Si vous rencontrez encore des difficultés à cet endroit, consultez la description de la randonnée sur Visorando : Joorange y explique comment contourner le problème.
Après 400 mètres sur la petite route asphaltée, où la vue s’étend jusqu’à Dranouter, nous entrons dans le Provinciedomein Kemmelberg, le Domaine provincial du Mont Kemmel en français. Pourtant, après être descendus dans la vallée du Lindebeek, ce sont les flancs du Monteberg que nous attaquons.
Nous faisons le tour du domaine par le nord, en empruntant la Kemmelberg Wandelroute. Le chemin est varié, alternant forêts et prairies. Il offre même un passage sur une passerelle en bois et longe une auberge. Un petit picon ? Hmmm... après la randonnée, peut-être ?
Nous quittons le Monteberg par la... Montebergstraat. Logique... Sans avoir atteint le sommet du mont !
Ce que nous venons de descendre par une petite route asphaltée, nous le remontons maintenant par un chemin sablonneux, sur le flanc du Kemmelberg cette fois. Un coup d’œil en arrière nous révèle un superbe paysage campagnard qui s’étend jusqu’au Mont Noir, à 5 kilomètres d’ici, sur la frontière française.
Peu après l’entrée dans le bois, nous apercevons un monument pyramidal : l’ossuaire français. Il nous rappelle les combats qui se déroulèrent ici.
Au printemps 1918, alors que l’armée allemande lance une vaste offensive sur le front occidental, le mont Kemmel devient l’un des points âprement disputés de la bataille de la Lys. Dominant la plaine flamande, cette hauteur constitue une position stratégique que les forces alliées cherchent à conserver face à la poussée allemande.
Les combats atteignent leur paroxysme à la fin du mois d’avril. Des troupes françaises, venues renforcer les Britanniques dans le secteur, participent à la défense du mont. Le 25 avril 1918, après de violents combats, les forces allemandes s’emparent du Kemmelberg. Les affrontements se poursuivent dans les jours suivants et laissent derrière eux un champ de bataille dévasté.
L’ossuaire français que l’on découvre aujourd’hui sur le flanc ouest du mont garde la mémoire de ces journées. Dans ses quatre fosses communes reposent les dépouilles de 5 294 officiers et soldats français. Seuls 57 d’entre eux ont pu être identifiés ; leurs noms sont gravés sur l’obélisque central. Au milieu du paysage aujourd’hui paisible et boisé du Kemmelberg, ce lieu rappelle avec une sobriété saisissante la violence des combats qui s’y déroulèrent en 1918.
Depuis l’ossuaire, nous empruntons la Lokerdreef. Si nous ne passons pas par le sommet du Kemmelberg, nous ne sommes pourtant pas loin de son altitude maximale. Nous grimperons ainsi jusqu’à 152 mètres, quand le sommet culmine à 154 mètres. Mais, sans doute captivés par le bois qui nous entoure, cela se fait sans peine. Enfin... moi. Vous, je ne sais pas. Vous me direz ?
Au bout de la drève, arrivés en vue du Belvédère, nous descendons alors vers la Bergstraat. Après avoir emprunté une passerelle, le chemin serpente joliment dans le bois. On savoure !
La Bergstraat traversée, nous débouchons dans un parc qui s’étire le long de la route. Des lutins en bois sculptés jalonnent notre parcours, tandis qu’une grande statue étrange, avec ses trois jambes et sa tête stylisée, scrute l’horizon. Elle s’appelle Venus Hill, mais n’a rien d’une Vénus. En tout cas, pas celle de Milo !
En contrebas, deux petits cochons agrémentent un parc pour enfants. Mais où est donc passé le troisième ?
Accroché à la clôture délimitant le parc, un panneau « Entrée interdite – Domaine militaire » vous interpellera peut-être. Dans le bois derrière se trouve un ancien bunker de commandement, construit pendant la guerre froide. D’abord destiné à la coordination de la défense aérienne de l’Europe occidentale, il fut ensuite aménagé pour servir de poste de commandement des forces armées belges en cas de guerre ou de crise.
Aujourd’hui désaffecté, le bunker se visite et permet de découvrir cet étonnant témoignage de la guerre froide, enfoui à une vingtaine de mètres sous le Kemmelberg. Les visites individuelles sont possibles certains jours, tandis que les visites guidées peuvent être réservées auprès de l’Office de Tourisme de Heuvelland.
Nous passons ensuite près du restaurant De Hollemeersch, dont la terrasse offre une vue imprenable. Un petit potjesvlees ? Après le vin et le picon, ce ne serait peut-être pas une mauvaise idée…
Nous retrouvons ici le Monteberg, sur son flanc sud. Un superbe parcours, sauvage, nous invite à traverser des prairies où, aujourd’hui, des vaches broutent paisiblement. Aucun danger, si ce n’est les « mines » déposées par nos amies à quatre pattes. Bon, faut pas les énerver quand même, hein !
Le Monteberg accueille lui aussi son vignoble, le bien nommé Wijngoed Monteberg. Ici, on cultive cependant du raisin blanc.
Le vignoble est divisé en trois parcelles. L’itinéraire décrit d’abord une boucle autour des deux parcelles les plus à l’est. Les rangées de vignes, bien alignées, contrastent avec ce que nous venons de traverser.
On rejoint la parcelle ouest par un petit escalier en bois, au bout du chemin. On y cultive aussi du raisin blanc. Je ne vous propose pas une dégustation : je n’ai pas trouvé le chais.
Et puis, un groupe de randonneuses françaises, reconnaissables à leur accent, bruyantes... trop... surgit sur mes traces ! Il faut que je prenne un peu de distance... Excusez-moi, mesdames, on m’attend à la maison !
La suite est plus classique, mais pas dénuée d’intérêt pour autant. Nous traversons la Lettingstraat pour la retrouver un peu plus loin, après être passés par un belvédère que nous avions déjà croisé bien plus tôt dans la randonnée. Tout au long de ce parcours, nous profitons de belles vues sur Dranouter et la campagne environnante, avant de redescendre au pied du mont.
Après le pont sur le Hellebeek, un petit sentier, derrière la haie, nous évite d’emprunter la route pour rentrer à Dranouter. Le chemin traverse ensuite tranquillement un quartier résidentiel avant d’atteindre l’arrivée de la randonnée, Planciusplein.
Un petit vin blanc ou un picon ?... Comment ?... Pour moi aussi ? Ah, non merci, un thé glacé plutôt...
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Vous voulez revivre cette randonnée en vidéo 3D ? C'est à découvrir ci-dessous :
Appréciation du parcours :
Une randonnée particulièrement variée pour une distance relativement courte. Le parcours alterne agréablement bois, prairies, chemins de campagne et vignobles, avec de beaux panoramas sur les paysages vallonnés du Heuvelland. L’intérêt ne se limite pas aux paysages : l’ossuaire français du Kemmelberg, le bunker de la guerre froide et les quelques curiosités rencontrées en chemin apportent une dimension historique et culturelle intéressante.
Le dénivelé reste modéré et les quelques montées ne présentent pas de difficulté particulière. La randonnée est donc accessible à de bons marcheurs sans nécessiter une condition physique exceptionnelle. Attention toutefois aux conditions météorologiques : par temps sec, les chemins sont facilement praticables, mais après plusieurs jours de pluie, certains passages peuvent rapidement devenir boueux et nettement moins agréables.
Avec ses 13 kilomètres, elle constitue une belle découverte du secteur, suffisamment riche pour ne jamais donner l’impression d’une simple balade autour d’un mont.
Comment rejoindre cette randonnée ?
En voiture, Dranouter est facilement accessible depuis la France, notamment depuis Armentières, à une vingtaine de kilomètres, et donc depuis Lille et les environs. Côté belge, le village est également facilement accessible depuis Ypres ou Poperinge. Quelques possibilités de stationnement existent aux abords de la Planciusplein et dans les rues voisines.
Pour ceux qui souhaitent venir en transports en commun, Dranouter ne possède pas de gare. Poperinge constitue toutefois un point de correspondance intéressant, aussi bien pour les voyageurs venant de Belgique que pour ceux arrivant de France. Il faudra ensuite poursuivre le trajet en bus jusqu’à Dranouter. Les horaires et les correspondances étant susceptibles d’évoluer, mieux vaut les vérifier avant le départ.
Une attention particulière s’impose toutefois à la fin du mois de juillet et au début du mois d’août, lors du Festival Dranouter. L’affluence considérable entraîne une organisation spécifique de la circulation et du stationnement dans et autour du village. Certaines rues peuvent être fermées ou difficilement accessibles et les possibilités de stationnement habituelles peuvent être fortement réduites. Si vous souhaitez faire cette randonnée à cette période, renseignez-vous donc sur les conditions d’accès avant de prendre la route.
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Vous souhaitez parcourir cette randonnée ? Vous trouverez ci-dessous la trace GPX de l'itinéraire tel que je l'ai suivi :
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