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Le résumé du randonneur pressé :
Au départ d’Hornaing, cette seconde étape de la Boucle n° 5 nous entraîne à la découverte d’un patrimoine minier particulièrement varié : cités ouvrières, anciens cavaliers, terrils et carrières reconverties en espaces naturels.
Le long cavalier d’Azincourt nous réserve quelques vestiges industriels, tandis que le Centre historique minier de Lewarde nous rappelle l’importance de l’exploitation charbonnière dans le secteur. Une randonnée de 29 kilomètres qui nous ramène finalement à la gare de Montigny-en-Ostrevent, point de départ de la boucle.
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Et en détail :
Temps de lecture : 10 minutes
Seconde étape aujourd’hui de la Boucle n° 5 « Au cœur de l’héritage religieux et minier de l’Ostrevent » des Tours du Bassin minier Nord-Pas-de-Calais, avec 29 kilomètres au programme.
D’Hornaing, nous retournons donc à la gare de Montigny-en-Ostrevent, où cette boucle avait démarré. Trouverons-nous, comme hier, un équilibre parfait entre patrimoine minier, patrimoine religieux et espaces naturels ? Un seul moyen de le découvrir : se mettre en route sans plus tarder !
Vous me suivez ?
Nous prenons le départ au carrefour de la rue Blaise et de la rue Georges Dhénaut. Et c’est simple : pendant les six premiers kilomètres et demi, nous suivons en sens inverse la Boucle n° 6 jusqu’à l’avenue de la Paix, à Escaudain (voir la randonnée du 21 mai 2026 <-- clic) !
Enfin… simple… Je vous avouerai que je n’ai pas reconnu certains secteurs, notamment celui de John Degenkolb, rue Georges Dhénaut, pourtant remarquable avec ses pavés qui font la réputation du Paris-Roubaix cycliste !
500 mètres après le départ, nous empruntons sur la gauche un chemin à travers les campagnes.
Si cela ne saute pas aux yeux au premier abord, la terre noire du chemin et l’aspect particulier de la végétation qui l’entoure nous rappellent bientôt que nous évoluons sur un ancien cavalier : celui qui reliait la fosse Audiffret-Pasquier, à Escaudain, à l’ancienne centrale thermique d’Hornaing.
À la route d’Erre, nous continuons dans le prolongement du cavalier, à travers la Nouvelle Cité. Si les aménagements urbains ont fait disparaître son tracé, nous le retrouvons toutefois un peu plus loin, de retour dans les campagnes.
Route de Douai, nous bifurquons plein est et quittons définitivement Hornaing. Dans la plaine, le regard est d’abord capté par l’ancienne centrale thermique, avant que le terril Audiffret-Pasquier Sud, haut de 65 mètres, ne prenne rapidement le relais.
Nous entrons à Escaudain par la cité Alsace, située au pied des terrils. Car il y en avait bien deux ici, mais le terril Audiffret-Pasquier Nord a été exploité et il n’en reste que la base, désormais invisible.
De la fosse elle-même, en activité de 1884 à 1967, il ne subsiste donc plus que le terril Sud et l’ancien portail d'entrée que nous franchissons à la sortie de la cité. En tout cas, les mineurs qui vivaient ici n’avaient vraiment pas loin à aller pour travailler !
À noter que si, hier, nous étions sur le territoire de la Compagnie des mines d’Aniche, la fosse Audiffret-Pasquier appartenait, elle, à la Compagnie des mines d’Anzin, la plus ancienne et la plus importante des compagnies minières du Nord.
Laissant de côté la cité Victoire, nous traversons ensuite une autre cité, bien plus vaste : la cité Couture. Depuis la cité Alsace, tous ces éléments sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis le 30 juin 2012.
Au sud, la cité Couture est bordée par l’avenue de la Paix. Peu de gens, je pense, réaliseraient qu’en l’empruntant, nous marchons sur l’ancien tracé de l’une des plus importantes lignes minières du Nord-Pas-de-Calais, celle reliant Somain à Péruwelz, en Belgique.
Même si elle fut très tôt appelée « le Cavalier », il s’agissait pourtant d’une véritable ligne de chemin de fer de 38 kilomètres de long, desservant les différentes fosses de la Compagnie des mines d’Anzin, mais aussi dotée de gares et transportant des voyageurs.
Son tracé apparaît plus nettement lorsque, au bout de l’avenue, nous empruntons cette fois un chemin entre bois et campagnes, en direction de la carrière des Plombs. Mais pourquoi donc l’avoir asphalté après la traversée de la rue Louis Blanc ?
En sortant du tunnel sous la rocade minière, nous débouchons dans la carrière des Plombs. Ce n’est pas un seul endroit, mais deux ! Deux qui se confondent. Il y avait ici à la fois le terril Saint-Marck Sud, un terril conique haut de 96 mètres, et une carrière de craie et de marne, dont les matériaux servaient à produire de la chaux pour l’usine USINOR de Denain.
Le terril a aujourd’hui disparu et la carrière a cessé toute activité en 1974, laissant la place à un espace naturel remarquable. Que nous traversons…
À la sortie du site, nous traversons la D 645 pour embrayer directement à travers les campagnes sur un ancien cavalier qui reliait la carrière au cavalier d'Azincourt...
« Azincourt ? », me demanderez-vous. « Oui, Azincourt… Oh, pas celui de la terrible défaite des troupes françaises face aux Anglais, en 1415, hein ! Oh, pardon, je ne voulais pas retourner le couteau dans la plaie ! »
Non, ici, Azincourt est un hameau d’Auberchicourt qui a donné son nom à la Compagnie des mines d’Azincourt.
Mais trêve de bavardages. Pendant le premier kilomètre sur le cavalier d’Azincourt, vers l’ouest, nous longeons la carrière des Peupliers. En quelque sorte, c’était la sœur jumelle de la carrière des Plombs : toutes deux ont fourni de la craie et de la marne pour produire la chaux destinée à l’usine USINOR de Denain.
Au total, nous parcourrons huit kilomètres sur cet ancien cavalier. Une distance qui pourrait sembler monotone, mais les changements de végétation et de paysages, ainsi que les ruines d’anciens bâtiments industriels que nous découvrons à la limite entre Émerchicourt et Aniche, viennent rompre cette monotonie. Sans oublier les nombreux ponts sous lesquels nous passons !
Il y a toutefois un point qui risque d’indisposer plus d’un randonneur : la quantité de détritus qui jonchent les abords du chemin ! C’est aussi le constat de David, que je croise à hauteur d’Aniche. Habitant à proximité, il parcourt régulièrement le cavalier. Chaque semaine, on en extrait même une carcasse de voiture calcinée ! Pourquoi certains respectent-ils si peu notre environnement ?
Le cavalier d’Azincourt est une ancienne voie ferrée industrielle de 7 kilomètres, construite entre 1922 et 1924 par les Forges et Aciéries de Denain et d’Anzin, afin de relier la cokerie de Monchecourt aux hauts-fourneaux de l’usine des Six-Mariannes, à Escaudain.
Son tracé traversait les communes de Monchecourt, Auberchicourt, Aniche, Émerchicourt, Abscon et Escaudain. Il faisait partie du réseau ferroviaire industriel qui desservait les installations minières et sidérurgiques du Bassin minier.
Après la disparition de cette activité industrielle, la voie ferrée a perdu sa fonction première. Son ancienne emprise est aujourd’hui intégrée à la trame verte, où le cavalier témoigne encore de l’histoire industrielle du territoire.
Nous aboutissons à Monchecourt, rue de Masny. Nous remontons celle-ci vers le nord jusqu’à un ancien coron, sur la gauche.
Derrière le coron, nous accédons à l’ancien carreau de la fosse Saint-Roch, ouverte en 1858. Appartenant à la Compagnie des mines d’Azincourt, elle possédait deux puits qui fermeront en 1936, à la suite de la faillite de la compagnie. C’est aussi ici, au pied des terrils que nous parcourons maintenant, que se trouvait la cokerie desservie par le cavalier d’Azincourt.
La cité Saint-Robert a la fosse Saint-Roch comme seul trait d’union avec Monchecourt. Construite aux confins nord de la commune et dominant la plaine, elle constitue presque une enclave entre les communes d’Auberchicourt, de Masny et d’Erchin.
Cette plaine, justement, nous la traversons en zigzag pendant 3,5 kilomètres jusqu’à la fosse Delloye. Connaissant les lieux pour y être déjà passé lors de la Boucle n° 4, j’ai toutefois éprouvé quelque difficulté à localiser la fosse. En effet, le site fait actuellement l’objet d’une importante restauration et le chevalement du puits n° 2 est dissimulé sous une sorte de sarcophage de bâches blanches !
L’ancienne fosse Delloye de la Compagnie des mines d’Aniche est mieux connue aujourd’hui sous le nom de Centre historique minier de Lewarde. J’en avais déjà retracé l’histoire dans le récit de la troisième étape de la Boucle n° 4 (<-- clic), où vous trouverez également des photos du site sans ses bâches.
Le creusement du puits n° 1 commence en 1911, mais est interrompu par la Première Guerre mondiale. Il reprend en 1921 et le puits est mis en service en 1927. Entre-temps, le creusement du puits n° 2 a commencé ; celui-ci entrera en exploitation en 1932.
La fosse ferme en 1971. Dès 1973, les Houillères décident d’y créer un musée, qui sera inauguré en 1984. Si vous ne l’avez jamais visité, je ne peux que vous le recommander.
Du Centre historique minier jusqu’à la gare de Montigny-en-Ostrevent, nous empruntons le même itinéraire qu’à l’occasion de la Boucle n° 4, mais en sens inverse.
Dans un premier temps, nous contournons le site minier par un petit sentier avant de rejoindre le superbe terril n° 220, Cavalier Delloye Sud, qui reliait la fosse à la ligne de chemin de fer Somain–Douai.
Après avoir traversé la D 645, nous longeons, par un autre beau chemin, le Courant de Lewarde, un petit ruisseau à peine visible au fond de son fossé. Nous suivons aussi, à peu près, le tracé de l’ancien terril n° 220A, Cavalier Delloye Nord. Mais celui-ci a été entièrement recouvert par un site de stockage de déchets et, plus loin, plus rien dans le paysage ne permet d’en deviner l’existence. Avant de sortir de la vallée par le chemin du Moulin...
Une fois sortis de la vallée, il ne nous reste plus qu’à rejoindre l’arrivée, 400 mètres plus loin, à la gare de Montigny-en-Ostrevent !
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Vous voulez revivre cette randonnée en vidéo 3D ? C'est à découvrir ci-dessous :
Appréciation du parcours :
Le patrimoine minier est omniprésent au cours de cette seconde étape, avec près de 80 % du parcours sur d’anciens cavaliers ou des terrils. Les cités ouvrières, les vestiges industriels et le Centre historique minier de Lewarde complètent cette belle immersion dans l’histoire du Bassin minier.
En revanche, contrairement à ce que le titre de la boucle pouvait laisser espérer, le patrimoine religieux est totalement absent de cette étape. L’église Saint-Martin d’Escaudain, unique édifice religieux mentionné dans le TopoGuide, est en effet très à l’écart de l’itinéraire, alors qu’elle se trouve sur celui de la Boucle n° 6.
Un bémol toutefois : les nombreux détritus qui jonchent les abords du cavalier d’Azincourt. Une situation regrettable, d’autant que ce chemin possède un réel intérêt patrimonial et naturel. Espérons qu’un jour, ces déchets ne seront plus qu’un mauvais souvenir !
Comment rejoindre cette étape ?
Pour cette étape, j’ai laissé ma voiture à la gare de Somain, d’où un bus m’a conduit jusqu’à l’arrêt Duez, à Hornaing, à quelques centaines de mètres du départ de la randonnée. À l’arrivée, à la gare de Montigny-en-Ostrevent, j’ai pris le train jusqu’à Somain pour retrouver ma voiture.
Si les 29 kilomètres vous semblent trop longs, vous pouvez aussi scinder cette étape en deux tronçons de longueur à peu près égale, en faisant étape à Aniche. Un bus relie régulièrement l’église Saint-Martin d’Aniche à la gare de Somain.
Si vous randonnez à plusieurs, la solution des deux voitures reste évidemment plus simple. Mais c’est aussi un peu moins écolo…
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Vous souhaitez parcourir cette randonnée ? Vous trouverez ci-dessous la trace GPX de l'itinéraire tel que je l'ai suivi :
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