Parce que randonner c'est la santé...
Le résumé du randonneur pressé :
Au départ de Montigny-en-Ostrevent, cette première étape de la Boucle n° 5 des Tours du Bassin minier Nord–Pas-de-Calais, longue de 21 kilomètres, nous plonge immédiatement dans l'héritage minier de l'Ostrevent, avec les cités minières de Pecquencourt, le chemin des Galibots et le terril des Argales. Mais l'histoire religieuse n'est jamais bien loin : de l'église Saint-Nicolas à Marchiennes, nous découvrons Sainte Rictrude et les vestiges de l'ancienne abbaye.
Entre Scarpe, anciens chemins de fer, faïencerie et prieuré d'Hamage, la seconde moitié du parcours, jusqu'à Hornaing, offre elle aussi un joli condensé de l'histoire et des paysages de ce coin du Bassin minier. Et comme cette étape reprend en partie le tracé de la Boucle n° 6, elle permet même de retrouver quelques endroits déjà parcourus... avec quelques précisions supplémentaires à la clé.
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Et en détail :
Temps de lecture : 12 minutes
Après une petite incursion en Belgique pour vérifier si l'herbe y était plus verte, retour dans le Bassin minier Nord - Pas-de-Calais, à la découverte de la Boucle n° 5 proposée par la FFRP. Un sacré programme puisqu'il s'agit de partir « Au cœur de l'héritage religieux et minier de l'Ostrevent ». Une courte boucle de 50 kilomètres que je vous propose de parcourir en deux étapes.
Celle d'aujourd'hui démarre de Montigny-en-Ostrevent pour nous conduire à Hornaing — tiens, nous sommes en pays de connaissance — au bout de 21 kilomètres.
Cette boucle prend place entre la Boucle n° 4, à l'ouest, et la Boucle n° 6, à l'est. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que nous connaissions déjà la gare de Montigny-en-Ostrevent, d'où nous prenons le départ.
Il en est de même de la rue de la Gare, que nous remontons jusqu'au monument aux morts. Là, cette boucle bifurque vers la droite. Mais puisqu'il s'agit de découvrir l'héritage religieux de l'Ostrevent, je choisis de faire un aller-retour vers la gauche jusqu'à l'église Saint-Nicolas. Un édifice que j'avais déjà visité avec Laëtitia, qui m'accompagnait alors, il y a presque exactement deux ans, le 30 juillet 2024 !
En visitant l'église, une chose me surprend : alors qu'elles sont souvent des endroits recherchés pour leur fraîcheur, ce n'est pas le cas ici. Il y règne une chaleur étouffante !
De retour au monument aux morts, nous reprenons le tracé du GRP. Celui-ci nous conduit à travers un quartier résidentiel et le très beau parc du Planti jusqu'à la cité Barrois, en limite de Montigny-en-Ostrevent et de Pecquencourt.
Construite à cheval sur les territoires des deux communes, la cité Barrois est issue de la fosse éponyme de la Compagnie des mines d'Aniche. Sans vouloir faire de jaloux, c'est probablement la plus belle cité minière qu'il m'ait été donné de parcourir, même si je trouve qu'elle a peut-être perdu un peu de son authenticité. Les habitations ont en effet été tellement bien rénovées qu'on pourrait parfois se croire dans un lotissement de constructions neuves plutôt que dans une ancienne cité minière.
On y trouve en tout cas tous les types d'habitations, des camus bas construits après la nationalisation aux habitations d'ingénieurs, en passant par les habitations groupées par deux, cinq ou six ! Une cité où il fait vraiment bon flâner, inscrite bien sûr au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Quittant la cité, nous empruntons brièvement la D 144 ou, plus poétique, la rue de la Prairie Fleurie, avant de rejoindre le Chemin des Galibots. Ancien cavalier, il reliait les fosses Barrois et Lemay.
Il a aussi joué un rôle particulier : alors que les schistes partaient généralement des fosses vers les terrils, ici, ils ont fait le chemin inverse. En effet, bien que la fosse Barrois ait cessé son activité en 1984, le terril des Argales a été exploité de 1981 à 1988, et ses schistes étaient alors expédiés vers les lavoirs de Barrois, qui ne seront démantelés qu'en 1989.
Avant de quitter le cavalier minier par la gauche, rue Gabriel Péri, c'est la cité Sainte-Marie que nous longeons. La fosse, elle, se trouvait à peine une centaine de mètres plus au sud. Mise en service en 1914 pour le puits n° 1, elle cessa d'extraire en 1965.
Quant à la fosse Barrois, entrée en service plus tard, en 1931, elle sera aussi la dernière du Groupe de Douai à fermer. C'était le 30 juin 1984.
Depuis le début de cette randonnée, ou presque, nous avançons de cité minière en cité minière. La cité moderne, construite après la nationalisation de la Compagnie des mines d'Aniche en 1946, est la dernière que nous traversons avant de quitter Pecquencourt et de rejoindre l'entrée du Site des Argales.
À noter que le TopoGuide fait aussi référence à l'église Saint-Gilles (XIIIe et XVIIIe siècles), située face à la mairie. Mais il faut faire un détour de 2 kilomètres aller-retour pour aller la visiter. Une distance qui m'en dissuadera.
Je ne vais pas m'appesantir sur le Site des Argales. Pour de plus amples informations, je vous invite à lire mon récit du 22 avril dernier, qui vous emmène à la découverte du plus vaste terril plat d'Europe, avec ses 140 hectares. Un site magnifique qu'on ne se lassera jamais d'arpenter, même si la météo se montre cette fois moins clémente.
Nous sortons du site par le nord. D'après le TopoGuide et la carte IGN, il faut suivre la Grande Traitoire sur sa rive sud, puis traverser le fossé et la route de Rieulay à hauteur du méandre de la Scarpe pour rejoindre celle-ci. Il y a juste un problème, un gros problème : la passerelle en bois qui permettait de franchir le fossé est détruite ! Et à moins d'être champion olympique du saut en longueur ou d'enfiler des cuissardes de pêcheur — ce qu'on transporte rarement avec soi en randonnée —, il est impossible de rejoindre l'autre rive.
Retour donc à l'entrée du chemin, d'où il est cette fois possible de rejoindre la route de Rieulay. Dommage pour vous, car le sentier le long de la Grande Traitoire est vraiment magnifique. Bien plus que de suivre la route ! Allez, je vous montre quelques photos de ce que vous raterez pour vous consoler.
Quasiment à mi-parcours, nous atteignons donc la Scarpe canalisée pour un superbe parcours le long de son cours. 3,5 kilomètres sur la Voie Verte de la Scarpe inférieure, en pleine nature, où il faudra quand même se méfier des cyclistes, nous conduisent ainsi jusqu'aux portes de Marchiennes.
Après avoir traversé la Scarpe, nous gagnons la place Charles de Gaulle où se dresse l'église Sainte-Rictrude. De style néoclassique, elle fut érigée de 1811 à 1815 pour remplacer celle dont le clocher s'était effondré en 1790. L'église était alors déjà fermée, laissant ainsi les Marchiennois sans lieu de culte pendant 35 ans ! Un comble pour une ville où la religion avait pris tant d'importance au fil des siècles, comme nous allons le découvrir en la parcourant.
Et d'ailleurs, qui était Sainte Rictrude, dont j'apprends ici l'existence ?
Née vers le début du VIIe siècle dans une famille aristocratique d’Aquitaine, Rictrude épouse Adalbaud d’Ostrevent, avec lequel elle fonde une famille dont les quatre enfants seront eux aussi vénérés comme saints : Maurand, Eusébie, Clodoswinthe et Adalsinde. Après la mort violente de son époux, elle renonce à la vie seigneuriale pour embrasser la vie religieuse.
Son destin se confond alors avec celui de Marchiennes. Un monastère d’hommes y avait été établi vers 630 ; Rictrude fonde à ses côtés, en 643, une communauté de moniales. Marchiennes devient ainsi un monastère double, réunissant religieux et religieuses. Rictrude en devient abbesse et y demeure jusqu’à sa mort, en 688.
Son empreinte sur Marchiennes traversera les siècles. L’abbaye restera l’un des établissements religieux majeurs de la région avant sa fermeture à la Révolution française, tandis que le souvenir de sa fondatrice demeure encore bien présent dans la ville. L’église paroissiale de Marchiennes porte aujourd’hui son nom et abrite son gisant, perpétuant ainsi la mémoire de celle qui a profondément marqué l’histoire de la cité.
À quelques encablures de l'église, nous découvrons un bâtiment semi-circulaire : l'ancienne entrée principale de l'abbaye de Marchiennes. Elle abrite aujourd'hui la mairie et le musée municipal d'histoire locale. Une fois franchie, nous trouvons sur la droite l'ancien presbytère et, dans le fond, l'ancien colombier surmontant la porte secondaire. Ce sont là quasi les seuls bâtiments ayant survécu au siège de 1712 et à la Révolution.
Il faudrait un article entier pour décrire cette abbaye, fondée en 630 par des moines irlandais avant d'adopter la règle de saint Benoît en 1024.
Devenue au XIe siècle l'une des principales abbayes du nord de la France, son influence s'étendait bien au-delà de la vie religieuse. Elle joua un rôle majeur dans le développement économique de la région, se distingua dans le domaine artistique et participa même, au milieu du XVIe siècle, à la création d'un collège au sein de l'université de Douai.
Nous quittons l'abbaye en passant sous le colombier pour tourner à droite le long du Décours. Ce canal contribue à drainer les terres basses et humides de la plaine de la Scarpe, un patient travail d'assèchement auquel les moines s'étaient déjà attelés dès le VIIe siècle.
À hauteur du cimetière, nous bifurquons à droite sur la Voie Verte de la Plaine de la Scarpe. Nous empruntons ainsi l’ancienne voie ferrée qui reliait Somain à Orchies.
Ouverte en 1874, elle traversait Marchiennes et participait notamment à l’acheminement de la houille du bassin d’Aniche vers la région lilloise et la Belgique. On peut encore observer l’ancienne gare de Marchiennes ainsi que quelques rails aujourd’hui envahis par la végétation. Un moment très agréable.
Au bout de 1,5 kilomètre, la Scarpe canalisée croise à nouveau notre chemin. Nous la longeons brièvement en direction de Wandignies-Hamage, avant de la quitter à l'endroit exact où nous l'avions découverte en parcourant la Boucle n° 6.
D'ailleurs, d'ici jusqu'à l'arrivée de cette étape, à Hornaing, c'est le parcours de cette Boucle n° 6 que nous suivons. Mais en sens inverse, comme je l'ai déjà expliqué.
Ça me permet de corriger une omission par ignorance que j'avais faite à l'époque. Ce bâtiment industriel en briques rouges, que nous longeons rue de la Faïencerie, est une ancienne... faïencerie !
Installée en 1896 dans une ancienne sucrerie, elle devient l’une des usines du Moulin des Loups et se spécialise notamment dans les pièces dites « riches ». La production reprend après la Première Guerre mondiale et s’exporte, à partir de 1936, jusqu’en Afrique et en Asie. À sa fermeture, en 1952, l’usine emploie encore quelque 800 personnes, ce qui était énorme comparé à la taille du village. Il n’en reste aujourd’hui que ces longs bâtiments de brique.
Juste après la faïencerie, il y a un autre bâtiment dont je ne vous avais pas parlé, pour les mêmes raisons. Il cadre mieux avec le thème de cette boucle puisqu'il s'agit de l'ancien prieuré d'Hamage. Pas de photo ici, mais un petit bout d'histoire.
Derrière les arbres se cache un lieu dont l’histoire remonte aux premiers temps du monachisme dans le nord de la France. Vers 630, une aristocrate veuve nommée Gertrude se retire à Hamage et y fonde un monastère féminin, établi sur un îlot sableux au milieu de la vallée marécageuse de la Scarpe. Eusébie, descendante de la fondatrice, lui succède comme abbesse à seulement douze ans.
Dévasté à l’époque des invasions vikings, le monastère disparaît avant que la vie religieuse ne reprenne au Moyen Âge. Hamage, désormais rattaché à l’abbaye de Marchiennes, devient un prieuré bénédictin.
Nous traversons le village par des chemins qui mettent bien en valeur son côté champêtre, jusqu'à la longue ligne droite de la rue Robert Planchon. Pas rédhibitoire pour autant...
La Traitoire marque toujours la lisière du village et les pavés du secteur John Degenkolb sont toujours là, eux aussi. Comme à l'aller, je vous recommande de ne pas suivre à la lettre l'itinéraire officiel. Il est quand même généralement plus agréable de marcher sur un chemin de terre que le long d'une route pavée. Mais je ne serai pas là pour contrôler ce que vous déciderez...
Ainsi, après nous être éloignés de la départementale, nous terminons en ligne droite à travers les campagnes, jusqu'au carrefour entre la rue Georges Dhénaut et la rue Blaise, à Hornaing. Non loin de là, la centrale thermique capte toujours notre attention.
Fermée depuis 2015, elle avait consumé près de 466 000 tonnes de charbon extrait des schistes du terril des Argales, amenées ici par le chemin des Galibots, emprunté tout à l'heure.
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Vous voulez revivre cette randonnée en vidéo 3D ? C'est à découvrir ci-dessous :
Appréciation du parcours :
Une étape particulièrement équilibrée, qui réussit à conjuguer trois patrimoines : minier, religieux et naturel. Les cités minières, le terril des Argales et les vestiges de l'abbaye de Marchiennes racontent chacun une partie de l'histoire de ce territoire, tandis que les chemins de la plaine de la Scarpe apportent une belle respiration au parcours.
Même les endroits que nous avions déjà parcourus conservent tout leur intérêt. Le terril des Argales reste exceptionnel, tandis que la campagne aux abords de la centrale d'Hornaing, que nous avions déjà découverte lors de la Boucle n° 6, demeure particulièrement captivante.
Au final, une étape variée et riche en découvertes, qui ne souffre guère de quelques passages plus ordinaires. Pour moi, c'est une très belle randonnée, à la hauteur de la promesse faite par son intitulé.
Comment rejoindre cette étape ?
Pour cette étape, j'ai choisi de laisser ma voiture à l'arrêt de bus Duez, à Hornaing, à quelques centaines de mètres de l'arrivée, à hauteur de la centrale thermique.
De là, un bus m'a conduit jusqu'à la gare de Somain, où j'ai pris le train jusqu'à Montigny-en-Ostrevent. L'étape débutant justement à la gare, il ne restait plus qu'à commencer la randonnée !
À l'arrivée, il m'a suffi de rejoindre l'arrêt Duez pour retrouver ma voiture.
Si vous randonnez à plusieurs, la solution des deux voitures reste évidemment plus simple. Mais c'est aussi un peu moins écolo...
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Vous souhaitez parcourir cette randonnée ? Vous trouverez ci-dessous la trace GPX de l'itinéraire tel que je l'ai suivi :
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