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Parce que randonner c'est la santé...

18 septembre 2025 - TBM - PR 2 - La voie ferrée, périple de la mémoire

Le résumé du randonneur pressé :

Une boucle de 13 km au départ de Noyelles-lès-Vermelles, sur les traces d’un réseau ferroviaire minier dense et structurant, jadis exploité par la Compagnie des mines de Béthune.

Ce parcours du PR 2 emprunte d’anciens cavaliers et lignes de chemin de fer, aujourd’hui requalifiés en sentiers de mémoire et corridors écologiques. On traverse Noyelles-lès-Vermelles et Vermelles, tandis qu'on effleure Annequin et Mazingarbe. Le chemin serpente entre terrils oubliés, stèles de guerre, clématites des haies et anecdotes locales (le Philosophe, la rue de Montpellier, les champignons en fricassée…).

Un itinéraire sans prétention mais riche en émotions, où l’histoire industrielle et militaire dialogue avec la nature retrouvée.


Et en détail :

Temps de lecture : environ 18 minutes, charbon compris

Après près de deux mois d’interruption à la suite de ma chute du 25 juillet dernier (voir 25 juillet 2025 - Sables d'Or les Pins au Cap d'Erquy depuis Erquy), me voici de retour sur les sentiers. Pour ce redémarrage en douceur, direction Noyelles-lès-Vermelles et une nouvelle découverte du Bassin minier Nord – Pas-de-Calais.

Je vous propose une randonnée de 13 kilomètres sur les chemins de la mémoire. Non pas celle de la Grande Guerre – quoique… – mais celle laissée par la voie ferrée. Ce parcours est tiré du TopoGuide Tours du Bassin minier Nord – Pas-de-Calais de la Fédération Française de la Randonnée Pédestre, sous le titre « PR 2 – La voie ferrée, périple de la mémoire ». Un itinéraire qui ne paie pas de mine (le comble, dans le Bassin minier !) mais qui réserve bien des surprises.

Alors, comme le lançaient autrefois les chefs de train avant le départ : « En voituuuure ! »

18 septembre 2025 - TBM - PR 2 - La voie ferrée, périple de la mémoire
18 septembre 2025 - TBM - PR 2 - La voie ferrée, périple de la mémoire

Pour que vous puissiez vous faire une idée concrète du cadre dans lequel nous allons évoluer, voici une carte de mon cru indiquant l’emplacement des fosses de la Compagnie des mines de Béthune qui jalonnaient notre parcours à l’époque de l’épopée minière.

Cette compagnie exploitait la houille ici avant d’être nationalisée au sortir de la Seconde Guerre mondiale et de former alors le Groupe de Béthune avec la Compagnie des mines de Nœux.

Implantations de la Compagnie des mines de Béthune autour de Vermelles

Implantations de la Compagnie des mines de Béthune autour de Vermelles

Nous démarrons la randonnée depuis l’église Saint-Vaast. Érigée sans doute au Moyen Âge, comme la plupart des églises de la région, elle a connu de nombreuses transformations au fil des siècles, notamment dans l’entre-deux-guerres. Le 10 octobre 1914, elle est en effet touchée de plein fouet par un obus incendiaire allemand, puis, le 4 juillet 1915, 120 obus frappent le village, l’endommageant gravement. Noyelles-lès-Vermelles sera détruit à 81 % pendant la Grande Guerre !

Anecdote : le 5 février 1790, au lendemain de la Révolution, faute de lieu adéquat, l’église accueille le premier conseil municipal.

Nous quittons le village par le sud-ouest...

L'église Saint-Vaast et traversée de Noyelles-lès-Vermelles
L'église Saint-Vaast et traversée de Noyelles-lès-Vermelles
L'église Saint-Vaast et traversée de Noyelles-lès-Vermelles

L'église Saint-Vaast et traversée de Noyelles-lès-Vermelles

Après un court parcours de liaison sur une petite route de campagne, nous atteignons le terril n° 249, Cavalier du quai de vente, dans sa portion qui reliait la fosse n° 3 de Vermelles à la fosse n° 12 d’Annequin. C’est d’ailleurs vers l’emplacement de cette dernière, aujourd’hui disparue, que nous nous dirigeons.

Terril n° 249, Cavalier du quai de vente, à Noyelles-lès-Vermelles
Terril n° 249, Cavalier du quai de vente, à Noyelles-lès-Vermelles
Terril n° 249, Cavalier du quai de vente, à Noyelles-lès-Vermelles
Terril n° 249, Cavalier du quai de vente, à Noyelles-lès-Vermelles

Terril n° 249, Cavalier du quai de vente, à Noyelles-lès-Vermelles

🛤️ Qu’est-ce qu’un cavalier minier ?

Dans le Bassin minier du Nord–Pas-de-Calais, comme en Wallonie, un cavalier minier désigne une ancienne voie ferrée privée construite par les compagnies minières pour relier les fosses entre elles ou au réseau ferroviaire principal. Ces cavaliers servaient au transport du charbon, des stériles et du matériel d’exploitation.

Certains cavaliers ont été réalisés en remblai de stériles miniers, c’est-à-dire que leur assise est constituée de déchets d’extraction. Dans ces cas précis, ils sont parfois intégrés à la nomenclature des terrils en tant que structures linéaires, comme le Terril n° 249, Cavalier du quai de vente.

Aujourd’hui, ces anciens cavaliers sont souvent requalifiés en itinéraires de randonnée ou en corridors écologiques, offrant un parcours discret mais chargé de mémoire industrielle.

En chemin, nous pouvons observer la silhouette caractéristique du terril n° 42, 3 de Noeux Sud, avec sa piste de ski synthétique. Comme son nom l’indique grâce au chiffre 3, il faisait partie des sept terrils de la fosse n° 3 – 3 bis des mines de Noeux.

Plus loin, presque dans l’axe du chemin, c’est le terril n° 45, Nouvelles Usines de Noeux, que nous apercevons. Tabulaire et partiellement boisé, totalement préservé, il a accueilli entre 1927 et 1964 les déchets des Nouvelles Usines de Noeux, soit un lavoir à charbon et une cokerie.

Terril n° 42, 3 de Noeux Sud et terril n° 45, Nouvelles Usines de Noeux
Terril n° 42, 3 de Noeux Sud et terril n° 45, Nouvelles Usines de Noeux

Terril n° 42, 3 de Noeux Sud et terril n° 45, Nouvelles Usines de Noeux

Jusqu’ici, le cavalier suivait son tracé à travers une haie boisée. Lorsque celle-ci s’estompe, nous bifurquons sur la droite en direction d’un petit bois.

De 1909 jusqu’à la fin de l’année 1964, c’était l’emplacement de la fosse n° 12, un puits d’aérage de la fosse n° 9. Il n’y a donc pas eu d’extraction de houille ici, mais un petit terril, le n° 224, 12 de Béthune, se trouvait à proximité. Il avait accueilli les terres issues du creusement du puits. Exploité par la suite, il est aujourd’hui partiellement occupé par une casse automobile.

Les cinq maisons de la Cité 12, alignées le long de la D 943, constituent désormais les seuls témoins de cette activité minière. Ne les cherchez pas sur les photos : elles ont échappé à mon regard. Si vous voulez y jeter un œil, elles se trouvent sur la gauche du carrefour quand nous débouchons sur la Départementale.

Cité de la fosse n° 12, à Annequin
Cité de la fosse n° 12, à Annequin
Cité de la fosse n° 12, à Annequin
Cité de la fosse n° 12, à Annequin
Cité de la fosse n° 12, à Annequin

Cité de la fosse n° 12, à Annequin

De l’autre côté de la route, nous poursuivons tout droit à travers les campagnes aux doux noms de Petit Pré et Grand Bouré. Pendant 1,5 kilomètre, ce chemin nous conduit jusqu’aux premières maisons d’Annequin, à proximité du cimetière.

Le bois que l’on aperçoit sur la gauche, à l'entrée du village, marque l’emplacement de la fosse n° 9. Son fonçage débuta en 1893 et le puits fut mis en service en 1896. Il atteignit la profondeur de 527 mètres en 1964, mais fut fermé la même année faute de rentabilité.

Parallèlement à notre itinéraire, environ 150 mètres plus au nord, s’étirait autrefois le cavalier minier qui reliait la fosse n° 12 à la fosse n° 9.

Vers Annequin à travers le Petit Pré et le Grand Bouré
Vers Annequin à travers le Petit Pré et le Grand Bouré
Vers Annequin à travers le Petit Pré et le Grand Bouré
Vers Annequin à travers le Petit Pré et le Grand Bouré
Vers Annequin à travers le Petit Pré et le Grand Bouré
Vers Annequin à travers le Petit Pré et le Grand Bouré
Vers Annequin à travers le Petit Pré et le Grand Bouré
Vers Annequin à travers le Petit Pré et le Grand Bouré

Vers Annequin à travers le Petit Pré et le Grand Bouré

Rue Roger Salengro, nous arrivons à l’entrée d’un nouveau cavalier minier. En réalité, c’est un véritable carrefour de cavaliers : celui qui descend de la fosse n° 12, la branche est du Cavalier du quai de vente venant de Noyelles-lès-Vermelles, et enfin celui que nous allons suivre, menant à l’ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay en passant par la fosse n° 4bis.

Avant de poursuivre, un arrêt s’impose devant la stèle érigée en mémoire des soldats du 280e Régiment d’Infanterie, cantonnés ici en 1914. Elle rappelle qu’en octobre de cette année-là, nous étions tout près de la ligne de front. Malgré cette proximité, la fosse n° 9 a continué de tourner pendant toute la guerre. Par sécurité, les mineurs n’étaient relevés qu’à la nuit tombée, et les trains de charbon ne circulaient eux aussi que la nuit.

Entrée du cavalier minier, rue Roger Salengro, à Annequin
Entrée du cavalier minier, rue Roger Salengro, à Annequin

Entrée du cavalier minier, rue Roger Salengro, à Annequin

Jusqu’à la rue de Noyelles, le cavalier nous montre bien le rôle de couloir écologique qu’il joue. Nous évoluons un moment dans un véritable tunnel de verdure, du plus bel effet. J’adore ces instants où l’on se sent coupé de l’agitation du monde extérieur.

Ensuite, par une trouée dans la végétation, nous apercevons les terrils jumeaux n° 74 et 74A de Loos-en-Gohelle, les plus hauts d’Europe. Ils me fascinent, et pourtant je n’ai pas encore pris le temps de les gravir...

Ancien cavalier, de la rue Roger Salengro à la rue de Noyelles, à Annequin
Ancien cavalier, de la rue Roger Salengro à la rue de Noyelles, à Annequin
Ancien cavalier, de la rue Roger Salengro à la rue de Noyelles, à Annequin
Ancien cavalier, de la rue Roger Salengro à la rue de Noyelles, à Annequin
Ancien cavalier, de la rue Roger Salengro à la rue de Noyelles, à Annequin
Ancien cavalier, de la rue Roger Salengro à la rue de Noyelles, à Annequin

Ancien cavalier, de la rue Roger Salengro à la rue de Noyelles, à Annequin

Le cavalier se prolonge au-delà de la rue de Noyelles, dans la même ambiance calme et verdoyante. Rien ne change vraiment, et c’est tant mieux : on profite encore de cette atmosphère reposante.

Ancien cavalier, de la rue de Noyelles, à Annequin, au chemin de Cuinchy, à Vermelles
Ancien cavalier, de la rue de Noyelles, à Annequin, au chemin de Cuinchy, à Vermelles
Ancien cavalier, de la rue de Noyelles, à Annequin, au chemin de Cuinchy, à Vermelles

Ancien cavalier, de la rue de Noyelles, à Annequin, au chemin de Cuinchy, à Vermelles

Après 600 mètres, nous quittons le tracé du cavalier pour longer la lisière boisée sur la droite.

Si l’on distingue encore à l’horizon les terrils jumeaux de Loos-en-Gohelle, l’intérêt se trouve plus près de nous. Là où l’on aperçoit aujourd’hui un silo et des travaux de terrassement se trouvait le terril n° 64, Cendres de Vermelles.

Comme son nom l’indique, il était formé de cendres, principalement issues de la centrale électrique de Violaines. Cette « super centrale », en service de 1955 à 1987, a consommé pas moins de 21 millions de tonnes de charbon ! Le terril n° 64 a également reçu les cendres des centrales de Mazingarbe et de Bully.

À gauche du chemin, dans les taillis, s’élevait la fosse n° 4bis, un simple puits d’aérage pour la fosse n° 3, foncé en 1925 et remblayé en 1965.

Ancien cavalier, fosse n° 4bis, et terril n° 64, à Vermelles
Ancien cavalier, fosse n° 4bis, et terril n° 64, à Vermelles
Ancien cavalier, fosse n° 4bis, et terril n° 64, à Vermelles
Ancien cavalier, fosse n° 4bis, et terril n° 64, à Vermelles

Ancien cavalier, fosse n° 4bis, et terril n° 64, à Vermelles

Nous traversons ensuite le chemin de Cuinchy et continuons sur l'ancien cavalier jusqu'au refuge de Vermelles. Sur cette section de 400 mètres, la vue sur la campagne environnante est plus ouverte.

Du Chemin de Cuinchy au refuge de Vermelles, à Vermelles
Du Chemin de Cuinchy au refuge de Vermelles, à Vermelles
Du Chemin de Cuinchy au refuge de Vermelles, à Vermelles
Du Chemin de Cuinchy au refuge de Vermelles, à Vermelles
Du Chemin de Cuinchy au refuge de Vermelles, à Vermelles
Du Chemin de Cuinchy au refuge de Vermelles, à Vermelles

Du Chemin de Cuinchy au refuge de Vermelles, à Vermelles

De l’autre côté de la D 75, que l’on traverse avec prudence car la circulation y est rapide, nous poursuivons par le sentier coincé entre le champ et le refuge, construit sur l’ancien cavalier.

On peut toutefois rejoindre ce dernier assez vite : des ouvertures dans la haie boisée permettent d’y accéder, et, à mon avis, vous auriez tort de vous en priver. On y retrouve en effet ces agréables tunnels de verdure qui rendent la marche si plaisante.

Au bout de 750 mètres, le PR 2 bifurque vers la droite pour suivre cette fois le tracé de l’ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay. Pour ma part, même si je pense avoir suivi le balisage officiel, il est possible que j’aie tourné un peu trop tôt sur un chemin de campagne un peu boueux. Pas d’inquiétude si cela vous arrive aussi : on peut facilement passer de l’un à l’autre un peu plus loin.

Et tant pis si vous avez sali vos belles chaussures de rando !

Du refuge de Vermelles à la route communale C 6, à Vermelles
Du refuge de Vermelles à la route communale C 6, à Vermelles
Du refuge de Vermelles à la route communale C 6, à Vermelles
Du refuge de Vermelles à la route communale C 6, à Vermelles
Du refuge de Vermelles à la route communale C 6, à Vermelles
Du refuge de Vermelles à la route communale C 6, à Vermelles
Du refuge de Vermelles à la route communale C 6, à Vermelles
Du refuge de Vermelles à la route communale C 6, à Vermelles
Du refuge de Vermelles à la route communale C 6, à Vermelles

Du refuge de Vermelles à la route communale C 6, à Vermelles

Après avoir traversé la route communale C 6, nous nous engageons sur une longue ligne droite de 1 300 mètres, tracée sur l’ancienne ligne de chemin de fer. Peut-être aurez-vous remarqué la nuance : pourquoi parle-t-on ici d’une ligne et non d’un cavalier minier ?

En réalité, cette voie fut bien mise en service en 1862 par la Compagnie des mines de Béthune pour acheminer la houille vers le port de La Bassée. Mais, dès 1865, elle intégra le réseau d’intérêt général et fut alors exploitée par la Compagnie du chemin de fer de Lille à Béthune et à Bully-Grenay. Impossible en revanche de trouver la date précise de son déclassement.

Ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay, à Vermelles
Ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay, à Vermelles
Ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay, à Vermelles

Ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay, à Vermelles

La ligne droite est longue… mais ouvrez l’œil : en cette saison, on y croise parfois quelques champignons accrochés aux troncs. De quoi vous donner des idées pour une fricassée ou une omelette en rentrant à la maison, non ?

Ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay, à Vermelles

Ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay, à Vermelles

Après les champignons accrochés aux troncs, la randonnée nous rappelle à quel point ces anciens tracés miniers sont devenus de véritables couloirs de nature. La végétation y a repris ses droits, offrant au promeneur une belle diversité botanique. Un peu plus loin, ce sont de grands buissons couverts de fleurs blanches qui attirent le regard : les clématites des haies.

Ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay, à Vermelles
Ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay, à Vermelles
Ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay, à Vermelles

Ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay, à Vermelles

🌿 Encart botanique : La clématite des haies, liane de mémoire

Dans ce tunnel végétal, une plante attire l’œil par sa profusion de fleurs blanches devenues plumeuses : il s’agit de la clématite des haies (Clematis vitalba), aussi surnommée « herbe aux gueux ». Cette liane vigoureuse grimpe sur les arbres, les arbustes, et parfois les vestiges de clôtures, jusqu’à former de véritables rideaux végétaux.

Son nom populaire vient d’un usage ancien : les mendiants s’en servaient pour provoquer des irritations cutanées et susciter la pitié. Ironie du sort, cette plante qui servait à feindre la misère est aujourd’hui un symbole de la richesse écologique des haies et cavaliers miniers requalifiés.

Elle fleurit en été, puis ses fleurs se transforment en aigrettes soyeuses, visibles jusqu’en hiver. Un spectacle discret mais fascinant, comme un rappel que la nature aussi tisse sa mémoire.

Clématite des haies, ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay, à Vermelles
Clématite des haies, ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay, à Vermelles

Clématite des haies, ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay, à Vermelles

Au croisement avec la rue Jules-Guesde, à Vermelles, une croix commémorative rend hommage aux hommes de la 46e Division d’infanterie Nord Midland. Entre le 14 octobre et le 7 décembre 1914, ils livrèrent une bataille acharnée pour libérer Vermelles de l’occupation allemande. Une victoire chèrement acquise, puisqu’elle se solda par la destruction totale du village.

Arrivée à la rue Jules Guesde, ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay, à Vermelles
Arrivée à la rue Jules Guesde, ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay, à Vermelles
Arrivée à la rue Jules Guesde, ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay, à Vermelles

Arrivée à la rue Jules Guesde, ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay, à Vermelles

Nous pénétrons maintenant dans la Zone de loisirs et de détente de Vermelles. Sur la gauche du chemin, une berline rappelle l’existence de la fosse n° 4 de la Compagnie des mines de Béthune.

Mise en service en 1867, son exploitation cessa rapidement, dès 1876, en raison d’une forte concentration de grisou. Rouverte en 1911, elle servit alors uniquement de retour d’aérage pour la fosse n° 3, avant d’être définitivement fermée en 1965.

La zone de détente et le terrain de football occupent aujourd’hui l’emplacement de l’ancien terril n° 48, dont seule subsiste la base.

Entrée de la zone de loisirs et de détente de Vermelles
Entrée de la zone de loisirs et de détente de Vermelles
Entrée de la zone de loisirs et de détente de Vermelles

Entrée de la zone de loisirs et de détente de Vermelles

Si les champignons de tout à l'heure ne vous ont pas mis en appétit, en voici d’autres, cette fois dans l’herbe. Peut-être plus à votre goût ?

Zone de loisirs et de détente de Vermelles

Zone de loisirs et de détente de Vermelles

La zone de détente s’étend jusqu’à la rue Henri Duquesne. Le terrain de jeux et les espaces verts s’ouvrent sur le chemin, rappelant que ces lieux, jadis dédiés à l’exploitation minière, accueillent désormais les habitants pour des moments de loisirs et de promenade.

Zone de loisirs et de détente de Vermelles
Zone de loisirs et de détente de Vermelles
Zone de loisirs et de détente de Vermelles
Zone de loisirs et de détente de Vermelles

Zone de loisirs et de détente de Vermelles

La rue Henri Duquesne derrière nous, le chemin change de configuration. Nous suivons désormais la lisière du village sur notre droite, tandis que la campagne s’ouvre à gauche, offrant la plus belle vue sur les terrils jumeaux de Loos-en-Gohelle depuis le début de la randonnée. Et malgré ce changement de perspective, cela reste très agréable.

Ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay, à Vermelles
Ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay, à Vermelles
Ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay, à Vermelles
Ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay, à Vermelles

Ancienne ligne de chemin de fer La Bassée – Bully-Grenay, à Vermelles

Après avoir longé le cimetière, une centaine de mètres plus loin, juste avant les immeubles à appartements, le balisage du PR nous invite à quitter l’ancienne voie ferrée pour gagner la rue Arthur Lamendin. On la remonte vers le sud sur une centaine de mètres avant de bifurquer à droite dans la rue de la Liberté.

Petit conseil toutefois : mieux vaut rester encore un peu sur l’ancienne voie ferrée, au-delà des immeubles. Un petit sentier vous permettra de rejoindre directement la rue de la Liberté, en évitant la rue Arthur Lamendin qui, disons-le franchement, n’a pas grand intérêt.

La rue de la Liberté, en revanche, réserve une surprise : elle traverse un coin de campagne resté au cœur des quartiers sud de Vermelles.

Rue Arthur Lamendin et rue de la Liberté, à Vermelles
Rue Arthur Lamendin et rue de la Liberté, à Vermelles
Rue Arthur Lamendin et rue de la Liberté, à Vermelles
Rue Arthur Lamendin et rue de la Liberté, à Vermelles

Rue Arthur Lamendin et rue de la Liberté, à Vermelles

Après ce bref passage champêtre au cœur des quartiers sud, nous retrouvons l’histoire plus sombre du village.

En lisière est, rue de la Vignette, se trouve le Vermelles British Cemetery. Il rappelle, lui aussi, l’intensité des combats menés ici entre octobre et décembre 1914. Ouvert en août 1915, il regroupe 2 134 tombes de soldats du Commonwealth ainsi que onze d’autres nationalités, dont des Français. Il constitue l’un des trois cimetières militaires de la commune, rappelant combien ce territoire fut marqué par la guerre.

Vermelles British Cemetery, rue de la Vignette, à Vermelles
Vermelles British Cemetery, rue de la Vignette, à Vermelles
Vermelles British Cemetery, rue de la Vignette, à Vermelles

Vermelles British Cemetery, rue de la Vignette, à Vermelles

Mais la vie a repris ses droits. À l’issue du conflit, en 1918, le village est entièrement reconstruit. Les besoins financiers sont énormes et viennent parfois d’où on ne les attend pas nécessairement.

C’est ainsi que la rue que nous empruntons maintenant pour retourner à Noyelles-lès-Vermelles fut nommée rue de Montpellier en signe de remerciement de l’aide fournie alors par cette ville du sud de la France. En échange, Montpellier possède de son côté une rue de Vermelles.

Rue de Montpellier, à Vermelles

Rue de Montpellier, à Vermelles

À l’extrémité de la rue, nous retrouvons la campagne. Le Surgeon marque ici la limite entre Vermelles et Noyelles-lès-Vermelles. Moins de 100 mètres après l’avoir franchi, nous bifurquons à gauche dans la rue du Marais.

Le Surgeon et la rue du Marais, à Noyelles-lès-Vermelles
Le Surgeon et la rue du Marais, à Noyelles-lès-Vermelles

Le Surgeon et la rue du Marais, à Noyelles-lès-Vermelles

À l’extrémité du macadam, la route s’efface pour laisser place au chemin de Petit Marais, une sente herbeuse qui suit à distance le cours du Surgeon. Sur la gauche, se dresse le terril n° 49,3 de Béthune, un terril conique situé à Mazingarbe. La carte IGN le mentionne également sous le nom de terril du Philosophe, comme la cité que l’on distingue à sa droite.

Un peu plus loin en arrière-plan, on aperçoit un terril bossu et boisé : le terril n° 58, Lavoir Mazingarbe Ouest, le plus ancien et le plus volumineux des deux terrils tabulaires issus du lavoir de Mazingarbe.

Chemin de Petit Marais, à Noyelles-lès-Vermelles
Chemin de Petit Marais, à Noyelles-lès-Vermelles
Chemin de Petit Marais, à Noyelles-lès-Vermelles
Chemin de Petit Marais, à Noyelles-lès-Vermelles

Chemin de Petit Marais, à Noyelles-lès-Vermelles

🧠 Pourquoi “Philosophe” ?

Le nom du terril du Philosophe et de l’ancienne cité minière voisine remonte à la fin du XVIIIe siècle. Il rend hommage à Joseph Carpentier, tenancier d’un cabaret sur la route nationale à Vermelles, réputé pour sa sagesse et ses conseils avisés. Les habitants l’avaient surnommé “le Philosophe”.

Ce sobriquet affectueux s’est transmis au lieu-dit, puis à la fosse n°3 exploitée vers 1860 par la Compagnie des mines de Béthune. La cité ouvrière construite à proximité fut gravement endommagée durant la Première Guerre mondiale. Démolie en 2014, elle fut reconstruite en 2015 avec des logements modernes, redonnant vie à ce quartier chargé d’histoire. Ses rues portent des noms évocateurs : Platon, Socrate, Montalembert, Montesquieu… Un clin d’œil discret à la sagesse populaire dans un paysage façonné par l’industrie et la mémoire.

Après avoir traversé la route de Béthune, nous retrouvons le terril n° 249, Cavalier du quai de vente, mais cette fois dans sa partie est. Ce terril a en effet la particularité de former un Y : sa branche ouest, parcourue au début de la randonnée, menait vers la fosse n° 12, tandis que sa branche est, celle où nous marchons maintenant, rejoignait la fosse n° 9 à Annequin.

Plus proches, nous profitons aussi d’une meilleure vue sur les terrils n° 49,3 et 58 mentionnés plus haut.

Terril n° 249, Cavalier du quai de vente, à Noyelles-lès-Vermelles et Mazingarbe
Terril n° 249, Cavalier du quai de vente, à Noyelles-lès-Vermelles et Mazingarbe
Terril n° 249, Cavalier du quai de vente, à Noyelles-lès-Vermelles et Mazingarbe
Terril n° 249, Cavalier du quai de vente, à Noyelles-lès-Vermelles et Mazingarbe

Terril n° 249, Cavalier du quai de vente, à Noyelles-lès-Vermelles et Mazingarbe

Au bout de 300 mètres, le chemin oblique brusquement sur la droite, presque un demi-tour, pour reprendre la branche ouest du terril n° 249, Cavalier du quai de vente, celle qui nous ramène vers la fosse n° 12. Nous la suivons pendant un peu plus de 600 mètres.

La première moitié se déroule dans un couloir de haies épaisses, puis la végétation s’ouvre peu à peu, laissant apparaître la campagne environnante et, déjà, les premières maisons de Noyelles-lès-Vermelles. La fin de la randonnée se fait sentir…

Sur un arbre, quelques champignons se laissent encore apercevoir. De quoi compléter la récolte, au cas où la fricassée manquerait de garniture !

Terril n° 249, Cavalier du quai de vente, à Mazingarbe et Noyelles-lès-Vermelles
Terril n° 249, Cavalier du quai de vente, à Mazingarbe et Noyelles-lès-Vermelles
Terril n° 249, Cavalier du quai de vente, à Mazingarbe et Noyelles-lès-Vermelles
Terril n° 249, Cavalier du quai de vente, à Mazingarbe et Noyelles-lès-Vermelles
Terril n° 249, Cavalier du quai de vente, à Mazingarbe et Noyelles-lès-Vermelles
Terril n° 249, Cavalier du quai de vente, à Mazingarbe et Noyelles-lès-Vermelles
Terril n° 249, Cavalier du quai de vente, à Mazingarbe et Noyelles-lès-Vermelles
Terril n° 249, Cavalier du quai de vente, à Mazingarbe et Noyelles-lès-Vermelles

Terril n° 249, Cavalier du quai de vente, à Mazingarbe et Noyelles-lès-Vermelles

Au bout de ces 600 mètres, nous quittons le terril cavalier exactement là où nous l’avions rejoint en début de parcours. Il ne reste plus qu’à reprendre à rebours le même chemin qu’à l’aller, en suivant d’abord le chemin de la Fontaine de Bray, puis la rue des Résistants à travers le village. Bientôt, l’église Saint-Vaast se dresse de nouveau devant nous.

« Terminus, tout le monde descend ! », comme disaient autrefois les chefs de train à l’arrivée en gare. La boucle est bouclée.

Chemin de la Fontaine de Bray et rue des Résistants, à Noyelles-lès-Vermelles
Chemin de la Fontaine de Bray et rue des Résistants, à Noyelles-lès-Vermelles
Chemin de la Fontaine de Bray et rue des Résistants, à Noyelles-lès-Vermelles

Chemin de la Fontaine de Bray et rue des Résistants, à Noyelles-lès-Vermelles

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Vous voulez revivre cette randonnée en vidéo 3D ? C'est ci-dessous que ça se passe :

Appréciation du parcours :

Un itinéraire accessible en toutes saisons, grâce à des chemins stabilisés et des cavaliers reboisés qui évitent les pièges boueux. Le tracé, linéaire et bien balisé, offre une marche fluide entre mémoire industrielle et militaire, dans un décor où la nature a repris ses droits.

Les ambiances varient subtilement : tunnels de verdure, vues sur les terrils, stèles discrètes et anecdotes locales. Sans prétention, le PR 2 propose une immersion sensible dans un territoire marqué par l’histoire, mais apaisé par la nature.

Comment rejoindre cette randonnée ?

Noyelles-lès-Vermelles est accessible en transports en commun grâce au réseau TADAO.
La commune est desservie par :

  • la ligne 22 entre Lens et Béthune, avec une fréquence d’environ un bus par heure du lundi au samedi (aucun service le dimanche) ;

  • la ligne 58 entre La Bassée et Vermelles, un peu moins régulière mais également active du lundi au samedi (pas de service le dimanche).

Dans les deux cas, l’arrêt le plus proche du départ est « Mairie ». Il est conseillé de vérifier les horaires actualisés sur le site de TADAO : www.tadao.fr.

Pour ceux qui viennent en voiture, un stationnement est possible sur le parking de la Mairie ou dans les rues avoisinantes.

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Vous souhaitez parcourir cette randonnée ? Vous trouverez ci-dessous la trace GPX de l'itinéraire tel que je l'ai suivi :

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