Overblog Tous les blogs Top blogs Sport Tous les blogs Sport
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Parce que randonner c'est la santé...

20 avril 2024 - La Via Francigena de Viterbo à Vetralla

Le résumé du randonneur pressé :

24 km entre Viterbo et Vetralla, sur les flancs du volcan de Vico, aujourd’hui appelé monts Cimini. L’étape débute par une traversée riche et dense de Viterbo, ancienne cité papale aux nombreuses églises et portes médiévales, avant de basculer rapidement vers la nature.

La montée progressive à travers bois jusqu’à 613 mètres d’altitude constitue le principal effort de la journée. Les chemins sont variés et agréables : sentiers forestiers, pistes agricoles et petites routes peu fréquentées se succèdent sans monotonie.

Le passage par San Martino al Cimino apporte une belle surprise patrimoniale, avec son abbaye et son urbanisme singulier. La suite déroule des paysages ruraux ouverts, quelques vestiges antiques discrets et un agréable final vers Vetralla.

Une étape équilibrée, avec du relief mais sans difficulté majeure, qui combine patrimoine, forêts et ambiance rurale.


Et en détail :

Temps de lecture : 16 minutes

L’étape du jour nous conduit de Viterbo à Vetralla sur près de 24 kilomètres. Comme il y a deux jours, nous allons longer les flancs d’un ancien volcan : le volcan de Vico, plus connu aujourd’hui sous le nom de Monti Cimini.

Formé il y a environ 305 000 à 258 000 ans, il a donné naissance au Lago di Vico, perché à 510 mètres d’altitude, ce qui en fait l’un des lacs les plus élevés d’Italie. Mais inutile de trop s’emballer. Contrairement au lac de Bolsena, nous ne découvrirons pas ici la caldera. En revanche, le profil de l’étape, presque parfaitement symétrique, trahit clairement la présence du volcan.

Sera-ce aussi évident sur le terrain ? Allons voir cela.

20 avril 2024 - La Via Francigena de Viterbo à Vetralla
20 avril 2024 - La Via Francigena de Viterbo à Vetralla

Nous démarrons de la Via della Pallazina, presque au pied du bel appartement que nous occupons pour quelques nuits à Viterbo. Nous entrons dans la vieille ville par la Porta Fiorentina. Le ton est donné.

En passant par cette porte, nous traversons un quartier qui a longtemps concentré le pouvoir militaire et administratif de la ville. La Rocca Albornoz, forteresse papale du XIVᵉ siècle qui domine la Piazza della Rocca, a été conçue comme un espace de contrôle et de représentation : terrains d’exercices, justice publique, accès stratégique à la cité.

Autour, les palais et bâtiments officiels rappellent que ce secteur fut longtemps une vitrine politique de Viterbo.

Quartier de la Porta Fiorentina, à Viterbo
Quartier de la Porta Fiorentina, à Viterbo
Quartier de la Porta Fiorentina, à Viterbo
Quartier de la Porta Fiorentina, à Viterbo
Quartier de la Porta Fiorentina, à Viterbo
Quartier de la Porta Fiorentina, à Viterbo
Quartier de la Porta Fiorentina, à Viterbo

Quartier de la Porta Fiorentina, à Viterbo

Au bout de la place, nous découvrons la Chiesa dei Santi Faustino e Giovita. D’origine romane, elle prend de l’importance au XVIᵉ siècle lorsque les chevaliers hospitaliers de Rhodes, installés à la Rocca Albornoz, l’utilisent comme lieu de culte et y apportent une icône byzantine de la Vierge de Constantinople.

L’édifice est largement reconstruit en 1759. On lui ajoute un dôme absidial et une façade mêlant enduit et péperino, tandis que son clocher à dôme « en oignon » remonte à 1594. L’intérieur, en mauvais état et assez tristounet, conserve néanmoins plusieurs œuvres des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles.

Chiesa Santi Faustino e Giovita, à Viterbo
Chiesa Santi Faustino e Giovita, à Viterbo
Chiesa Santi Faustino e Giovita, à Viterbo
Chiesa Santi Faustino e Giovita, à Viterbo

Chiesa Santi Faustino e Giovita, à Viterbo

Nous poursuivons la découverte de cette ancienne cité papale en direction de la Piazza Unità d'Italia. Mon attention est particulièrement attirée par le Palazzo delle Poste, situé Via Filippo Ascenzi. Un bel exemple de l’architecture publique italienne des années 1930, marquée par le rationalisme.

Ce courant architectural privilégie les lignes simples, les volumes nets et une certaine monumentalité. Peu d’ornements, une recherche d’ordre et de clarté : l’édifice affirme sa fonction sans détour.

De la Piazza della Rocca à la Piazza Unità d'Italia, à Viterbo
De la Piazza della Rocca à la Piazza Unità d'Italia, à Viterbo
De la Piazza della Rocca à la Piazza Unità d'Italia, à Viterbo
De la Piazza della Rocca à la Piazza Unità d'Italia, à Viterbo
De la Piazza della Rocca à la Piazza Unità d'Italia, à Viterbo
De la Piazza della Rocca à la Piazza Unità d'Italia, à Viterbo

De la Piazza della Rocca à la Piazza Unità d'Italia, à Viterbo

Viterbo et la papauté

Une ville-refuge pour les papes

Aux XIIIe et XIVe siècles, Viterbo accueille plusieurs papes fuyant les tensions romaines. Le palais épiscopal devient alors un véritable centre de gouvernement, où se tiennent consistoires, audiences et décisions majeures pour les États pontificaux.

L’élection improbable d’un Liégeois

Entre 1268 et 1271, l’élection du successeur de Clément IV s’enlise. Excédés, les magistrats de Viterbo enferment les cardinaux, réduisent leur nourriture et font même retirer le toit du palais pour hâter leur décision. C’est dans ces conditions que le choix se porte sur un homme… qui n’est même pas cardinal : Teobaldo Visconti, alors archidiacre de Liège, futur Grégoire X.

La naissance du conclave moderne

Marqué par cette élection chaotique, Grégoire X promulgue en 1274 la bulle Ubi periculum, qui fixe les règles du conclave : enfermement, régime strict, procédure encadrée. Viterbo reste ainsi associé à la formalisation de l’élection pontificale telle qu’on la connaît encore aujourd’hui.

À peine avons-nous quitté les lignes sobres et rationnelles du Palazzo delle Poste qu’un autre édifice attire notre attention. Avec sa façade rectangulaire tissée de pierres roses et blanches, la Chiesa di Santa Maria della Salute vient d’un autre temps.

Cette chapelle fut voulue au début du XIVᵉ siècle par Fardo di Ugolino d’Uffreduccio, notaire franciscain qui rêvait d’y adosser un hospice pour femmes pauvres ou marginalisées — un projet audacieux qui ne vit jamais le jour. Le plus remarquable reste son portail, sculpté de vignes et de scènes de miséricorde.

Aujourd’hui confiée à une confrérie de juristes et de notaires, l’église n’est plus consacrée.

Chiesa Santa Maria della Salute, à Viterbo

Chiesa Santa Maria della Salute, à Viterbo

Nous ne nous attardons pas davantage dans le centre historique, aujourd’hui transformé en chantier à ciel ouvert.

En passant devant la Chiesa di Sant'Angelo in Spatha, pourtant, un détail retient notre attention : un sarcophage romain fixé à la façade. Il abrite symboliquement Galiana, jeune femme d’une grande beauté, fille d’un noble viterbais, devenue figure légendaire de Viterbo.

La tradition raconte qu’un chevalier romain, de passage en ville, en serait tombé éperdument amoureux. Les Romains auraient alors voulu l’obtenir par la force, ravivant les tensions entre les deux cités. Galiana serait morte très jeune, au cœur de ce conflit.

Deux pierres tombales du XVIᵉ siècle résument son histoire au-dessus du sarcophage.

De la Piazza del Plebiscito à la Piazza San Sisto, à Viterbo
De la Piazza del Plebiscito à la Piazza San Sisto, à Viterbo
De la Piazza del Plebiscito à la Piazza San Sisto, à Viterbo
De la Piazza del Plebiscito à la Piazza San Sisto, à Viterbo
De la Piazza del Plebiscito à la Piazza San Sisto, à Viterbo
De la Piazza del Plebiscito à la Piazza San Sisto, à Viterbo
De la Piazza del Plebiscito à la Piazza San Sisto, à Viterbo
De la Piazza del Plebiscito à la Piazza San Sisto, à Viterbo
De la Piazza del Plebiscito à la Piazza San Sisto, à Viterbo

De la Piazza del Plebiscito à la Piazza San Sisto, à Viterbo

Avant de quitter le centre historique par la Porta Romana, nous faisons un dernier arrêt à la Chiesa di San Sisto, l’une des plus anciennes églises de Viterbo, déjà mentionnée au XIᵉ siècle.

Sa façade romane, un peu austère, est flanquée de deux clochers de périodes différentes : l’un médiéval, l’autre issu d’une ancienne tour des remparts.

À l’intérieur, la restauration d’après-guerre a mis en valeur la structure primitive : trois nefs portées par des colonnes antiques réemployées et un baptistère provenant d’un ancien puits romain. Son dépouillement et sa configuration particulière, sur deux niveaux, m’ont particulièrement séduit.

Longtemps, elle fut l’église d’entrée pour ceux qui arrivaient de Rome.

Chiesa San Sisto, à Viterbo
Chiesa San Sisto, à Viterbo
Chiesa San Sisto, à Viterbo
Chiesa San Sisto, à Viterbo
Chiesa San Sisto, à Viterbo
Chiesa San Sisto, à Viterbo

Chiesa San Sisto, à Viterbo

En franchissant la Porta Romana, nous retrouvons l’une des entrées historiques de Viterbo, ouverte au XIIIᵉ siècle sur l’axe venant de Rome.

La porte, d’une grande sobriété — encore plus côté intérieur de l’enceinte — se réduit à un arc unique en tuf, solidement intégré dans la ligne des remparts. C’est par là que passaient autrefois voyageurs, marchands et pèlerins de la Via Francigena, contrôlés avant d’entrer dans la ville.

La Porta Romana, à Viterbo
La Porta Romana, à Viterbo

La Porta Romana, à Viterbo

Pour ceux qui rejoindraient la région en train, la gare de Viterbo Porta Romana se trouve toute proche, offrant un accès pratique au centre historique et au début de l’étape.

La gare Viterbo Porta Romana

La gare Viterbo Porta Romana

Nous contournons la gare par la Via San Biele où, alors que nous pensions en avoir fini avec les vestiges historiques de Viterbo, nous découvrons une autre porte : la Torre di San Biele.

Elle se dresse seule, comme un fragment de fortification resté en suspens. Construite en 1270 par le capitano del popolo Raniero Gatti, elle devait, semble-t-il, s’inscrire dans un élargissement des remparts qui ne fut jamais réalisé, d’où son allure de « porte » qui n’ouvre sur rien.

Devant nous, quatre randonneurs paraissent eux aussi engagés sur la Via Francigena. Nous ne le saurons sans doute jamais, n’ayant pas réussi à établir le contact. Peut-être sont-ils simplement partis à l’assaut du volcan ?

Torre di San Biele, à Viterbo
Torre di San Biele, à Viterbo

Torre di San Biele, à Viterbo

« Chacun sa route, chacun son chemin,
Chacun son rêve, chacun son destin », chantait Tonton David. Laissons donc partir nos quatre randonneurs.

Nous quittons Viterbo par le quartier de Grotticella, où les églises modernes remplacent les vieilles pierres. La rupture est nette : en franchissant les remparts, à l’exception de la Torre di San Biele, nous sommes passés d’un coup dans la modernité.

Cela ne signifie pas que nous en avons fini avec la découverte de cette ville au riche passé. Demain, dimanche, nous mettrons notre journée de repos à profit pour visiter ses lieux les plus emblématiques. Je vous raconterai cela par ailleurs.

En attendant, poursuivons sur cette petite route asphaltée qui s’élève progressivement à l’assaut du volcan sur 2,5 kilomètres, nous offrant déjà quelques vues intéressantes.

Via Santa Maria della Grotticella et Strada Roncone, à Viterbo
Via Santa Maria della Grotticella et Strada Roncone, à Viterbo
Via Santa Maria della Grotticella et Strada Roncone, à Viterbo
Via Santa Maria della Grotticella et Strada Roncone, à Viterbo
Via Santa Maria della Grotticella et Strada Roncone, à Viterbo
Via Santa Maria della Grotticella et Strada Roncone, à Viterbo
Via Santa Maria della Grotticella et Strada Roncone, à Viterbo
Via Santa Maria della Grotticella et Strada Roncone, à Viterbo

Via Santa Maria della Grotticella et Strada Roncone, à Viterbo

Au bout, la petite route se transforme sans transition en un sentier sauvage à souhait qui, au départ, se glisse entre deux parois rocheuses.

Pendant trois kilomètres, nous continuons à monter à travers bois sur le flanc du volcan, jusqu’au sommet de cette randonnée, à 613 mètres d’altitude. J’ai bien écrit « le sommet de cette randonnée » car le volcan, lui, culmine à 965 mètres, au Monte Fogliano.

C’est dans cette montée que nous faisons la connaissance d’un couple de Normands. Chaque année, ils consacrent une semaine à la Via Francigena. Cette fois, ils terminent leur parcours à Rome. Leurs bagages, eux, voyagent plus confortablement : ils sont transportés par La Pèlerine.

Même s’il n’offre aucun point de vue, ce passage ravira les randonneurs, même les plus exigeants. Qui a dit : « comme nous ! » ?

De la Strada Roncone vers San Martino al Cimino, à Viterbo
De la Strada Roncone vers San Martino al Cimino, à Viterbo
De la Strada Roncone vers San Martino al Cimino, à Viterbo
De la Strada Roncone vers San Martino al Cimino, à Viterbo
De la Strada Roncone vers San Martino al Cimino, à Viterbo
De la Strada Roncone vers San Martino al Cimino, à Viterbo
De la Strada Roncone vers San Martino al Cimino, à Viterbo
De la Strada Roncone vers San Martino al Cimino, à Viterbo
De la Strada Roncone vers San Martino al Cimino, à Viterbo

De la Strada Roncone vers San Martino al Cimino, à Viterbo

🌋 Sur la trace des volcans d’Italie centrale

Un chapelet de volcans, de la Toscane à la Campanie

Le relief que nous gravissons n’est pas une simple colline : il appartient à une vaste province volcanique qui a façonné l’Italie centrale entre il y a environ 800 000 et 100 000 ans. Cette activité intense a donné naissance à une série d’anciens volcans dont les cratères, aujourd’hui assoupis, abritent de grands lacs circulaires comme ceux de Bolsena ou de Vico.

Des volcans éteints… et d’autres toujours actifs

Autour de Viterbo, ces volcans sont désormais éteints : leurs flancs se sont transformés en forêts, pâturages et paysages agricoles. Plus au sud, la même dynamique géologique se prolonge jusqu’en Campanie, où certains volcans restent actifs, comme le Vésuve ou les Champs Phlégréens, aux portes de Naples.

Marcher sur un ancien paysage de feu

Quand la petite route s’élève au-dessus de Viterbo, nous marchons en réalité sur les flancs d’un ancien édifice volcanique. Les pentes régulières, les plateaux et les horizons lointains que nous découvrons sont les héritiers de ce passé de lave et de cendres, patiemment adouci par le temps et les cultures.

Le sommet franchi, nous retrouvons assez rapidement une petite route asphaltée. Le paysage s'ouvre, l'horizon s'éloigne...

Arrivée à San Martino al Cimino, à Viterbo
Arrivée à San Martino al Cimino, à Viterbo
Arrivée à San Martino al Cimino, à Viterbo
Arrivée à San Martino al Cimino, à Viterbo

Arrivée à San Martino al Cimino, à Viterbo

En arrivant à San Martino al Cimino, la surprise est totale : il ne s’agit pas ici d’un simple village accroché aux pentes des monts Cimini, mais d’un étonnant mélange de bourg médiéval et de projet baroque planifié.

Je dois bien avouer que je ne m’attendais absolument pas à découvrir un ensemble d’une telle cohérence. Né au XIIIᵉ siècle autour d’une abbaye cistercienne, le village est entièrement réinventé au XVIIᵉ siècle par Donna Olimpia Maidalchini, puissante belle‑sœur du pape Innocent X, qui en fait presque une petite principauté modèle.

Elle confie à l’architecte Marc’Antonio De Rossi le dessin des remparts et des portes, tandis que Borromini se charge de transformer l’abbaye.

San Martino al Cimino, à Viterbo
San Martino al Cimino, à Viterbo
San Martino al Cimino, à Viterbo
San Martino al Cimino, à Viterbo
San Martino al Cimino, à Viterbo
San Martino al Cimino, à Viterbo
San Martino al Cimino, à Viterbo
San Martino al Cimino, à Viterbo

San Martino al Cimino, à Viterbo

En entrant dans l’abbatiale, on mesure d’emblée la profondeur du lieu.

Fondée au début du XIIIᵉ siècle par les moines cisterciens de Pontigny et consacrée en 1225, elle fut longtemps le cœur d’un important complexe monastique avant de connaître un lent déclin et d’être abandonnée au XVIᵉ siècle.

Il fallut attendre le XVIIᵉ siècle pour qu’elle renaisse : Borromini lui donna son visage actuel, notamment les deux puissantes tours‑contreforts qui encadrent la façade. À l’intérieur, subsistent encore l’abside, le transept et quelques traces du cloître médiéval, témoins silencieux de son passé cistercien.

Abbazia San Martino al Cimino, à Viterbo
Abbazia San Martino al Cimino, à Viterbo
Abbazia San Martino al Cimino, à Viterbo
Abbazia San Martino al Cimino, à Viterbo
Abbazia San Martino al Cimino, à Viterbo
Abbazia San Martino al Cimino, à Viterbo
Abbazia San Martino al Cimino, à Viterbo
Abbazia San Martino al Cimino, à Viterbo
Abbazia San Martino al Cimino, à Viterbo

Abbazia San Martino al Cimino, à Viterbo

En ressortant de l’abbatiale, rien ne laisse d’emblée deviner l’urbanisme si particulier voulu au XVIIᵉ siècle : la Piazza Mariano Buratti et les rues qui l’entourent ont l’allure tranquille de n’importe quelle petite ville italienne.

Nous ne nous sommes pas aventurés plus loin que ce premier cercle, mais il suffit de gagner les rues latérales pour découvrir le véritable projet d’Olimpia Maidalchini. C’est là que se trouvent les « casette » construites en série, adossées les unes aux autres, qui formaient le quartier résidentiel destiné aux familles et aux travailleurs du domaine.

Les services, commerces et lieux de sociabilité se concentraient, eux, autour de la place : l’ensemble composait une petite communauté presque autosuffisante, bien avant les cités minières ou les expériences sociales du XIXᵉ siècle comme le Familistère de Guise.

San Martino al Cimino, à Viterbo
San Martino al Cimino, à Viterbo
San Martino al Cimino, à Viterbo
San Martino al Cimino, à Viterbo
San Martino al Cimino, à Viterbo
San Martino al Cimino, à Viterbo
San Martino al Cimino, à Viterbo

San Martino al Cimino, à Viterbo

La sortie du village par la Via Lazio est spectaculaire. Les maisons sont accrochées au flanc du Fosso di Sambuchete, comme en fragile équilibre.

Plus tôt, à la sortie de l’abbatiale, nous avons aperçu les randonneurs de ce matin, qui nous précédaient à la Torre di San Biele. On peut donc raisonnablement penser qu’ils suivent eux aussi la Via Francigena. Mais de contact il n’en sera toujours point.

En revanche, nous faisons la connaissance de deux pèlerins brésiliens, Cleide et Ronaldo. De vrais pèlerins. Ils ont commencé leur périple à San Miniato et marchent eux aussi jusqu’à Rome. Il y a trois jours, nous les avions déjà dépassés, en pleine prière — nous nous étions alors gardés de les déranger. Aujourd’hui, nous avançons ensemble… mais séparément. Je suis sûr que vous m’avez compris !

Via Lazio, à San Martino al Cimino
Via Lazio, à San Martino al Cimino
Via Lazio, à San Martino al Cimino
Via Lazio, à San Martino al Cimino

Via Lazio, à San Martino al Cimino

Après San Martino al Cimino, nous poursuivons notre chemin sur le flanc du volcan. Pendant 4,5 kilomètres, le paysage se compose essentiellement de prés et de vergers, agrémentés de quelques vignes et de rares maisons isolées, perdues sur les pentes.

Le terrain est agréable : de larges chemins de terre alternent avec quelques passages asphaltés. Ça monte, ça descend, le tracé varie suffisamment pour ne jamais lasser le marcheur. De temps en temps, la vue s’ouvre sur la plaine en contrebas, mais une légère brume atténue la perspective.

Ainsi, nous quittons progressivement San Martino al Cimino pour nous retrouver aux confins du territoire viterbien, prêts à découvrir de nouveaux horizons.

De San Martino al Cimino à la Strada Campogrande, à Viterbo
De San Martino al Cimino à la Strada Campogrande, à Viterbo
De San Martino al Cimino à la Strada Campogrande, à Viterbo
De San Martino al Cimino à la Strada Campogrande, à Viterbo
De San Martino al Cimino à la Strada Campogrande, à Viterbo
De San Martino al Cimino à la Strada Campogrande, à Viterbo
De San Martino al Cimino à la Strada Campogrande, à Viterbo
De San Martino al Cimino à la Strada Campogrande, à Viterbo
De San Martino al Cimino à la Strada Campogrande, à Viterbo
De San Martino al Cimino à la Strada Campogrande, à Viterbo
De San Martino al Cimino à la Strada Campogrande, à Viterbo
De San Martino al Cimino à la Strada Campogrande, à Viterbo

De San Martino al Cimino à la Strada Campogrande, à Viterbo

En quittant la Strada Campogrande, nous abandonnons aussi Viterbo pour Vetralla. Commence alors un superbe passage à travers bois d’un peu plus de deux kilomètres, dont la quiétude ne sera troublée sur la fin que par trois énergumènes hurlant comme un soir de derby au RC Lens.

En chemin, nous découvrons également ce qui serait une ancienne citerne romaine du IIIe siècle : la Saracinesca – Cisterna romana.

De la Strada Campogrande à Tre Croci, à Vetralla
De la Strada Campogrande à Tre Croci, à Vetralla
De la Strada Campogrande à Tre Croci, à Vetralla
De la Strada Campogrande à Tre Croci, à Vetralla
De la Strada Campogrande à Tre Croci, à Vetralla
De la Strada Campogrande à Tre Croci, à Vetralla
De la Strada Campogrande à Tre Croci, à Vetralla
De la Strada Campogrande à Tre Croci, à Vetralla
De la Strada Campogrande à Tre Croci, à Vetralla
De la Strada Campogrande à Tre Croci, à Vetralla
De la Strada Campogrande à Tre Croci, à Vetralla

De la Strada Campogrande à Tre Croci, à Vetralla

À la sortie du bois, traverser la localité de Tre Croci par la Via Francigena ne montre pas grand-chose de ce village au carrefour des civilisations étrusque et romaine. Il faudrait y consacrer un peu de temps pour découvrir ce que l'Histoire lui a légué.

Pour l'heure, sa traversée ne nous aura apporté qu'un orage !

Traversée de Tre Croci, à Vetralla
Traversée de Tre Croci, à Vetralla
Traversée de Tre Croci, à Vetralla
Traversée de Tre Croci, à Vetralla
Traversée de Tre Croci, à Vetralla
Traversée de Tre Croci, à Vetralla

Traversée de Tre Croci, à Vetralla

A votre avis, que se passe-t-il quand il pleut sur deux pèlerins brésiliens ? Ils se transforment en petits chaperons rouges, voyons !

En route vers Vetralla, sous l'orage !

En route vers Vetralla, sous l'orage !

De Tre Croci, nous continuons vers Vetralla par le chemin des écoliers. Bien sûr, ce n'est pas le plus court mais c'est tellement agréable de marcher sur de petites routes de campagne à l'écart du trafic.

De Tre Croci vers Vetralla par Doganella
De Tre Croci vers Vetralla par Doganella
De Tre Croci vers Vetralla par Doganella
De Tre Croci vers Vetralla par Doganella
De Tre Croci vers Vetralla par Doganella
De Tre Croci vers Vetralla par Doganella
De Tre Croci vers Vetralla par Doganella

De Tre Croci vers Vetralla par Doganella

On y trouve même quelques éléments d’intérêt, comme ce pont romain du IIe siècle avant J.-C., dissimulé sous la route. Bon, là, j’avoue : si on ne nous le dit pas, on ne pourrait pas le deviner.

Pontarello, pont de l'époque romaine, à Vetralla
Pontarello, pont de l'époque romaine, à Vetralla

Pontarello, pont de l'époque romaine, à Vetralla

Six cents mètres plus loin, c’est un fontanile rural — chez nous, nous dirions un abreuvoir — qui attire notre attention. L’endroit est bucolique et propice à une pause contemplative. Mais l’arrivée de l’étape est proche et nous poursuivons notre chemin.

Nous manquons alors l’œuvre « 300.000 anni in 344 centimetri », d’Elena Mazzi. Elle consiste en un bloc de peperino — une pierre volcanique — dont la surface gravée représente les transformations du paysage liées à l’écoulement de la lave, provenant principalement du volcan Vicano. Inclinée, elle n’est pas visible depuis le chemin, raison pour laquelle nous ne lui avons pas prêté attention.

Vous voilà prévenus : vous n’aurez aucune excuse si vous la manquez aussi !

Le Fossato Callo, à Vetralla
Le Fossato Callo, à Vetralla
Le Fossato Callo, à Vetralla
Le Fossato Callo, à Vetralla
Le Fossato Callo, à Vetralla
Le Fossato Callo, à Vetralla
Le Fossato Callo, à Vetralla

Le Fossato Callo, à Vetralla

Nous rejoignons la route principale reliant Tre Croci à Vetralla deux kilomètres avant l’arrivée. Une petite route nous offre un raccourci bienvenu — compris dans ces deux kilomètres.

La probabilité d’y croiser l'âne est sans doute moins élevée que celle de rencontrer saint Antoine de Padoue, immortalisé dans son oratoire érigé à côté du pont franchissant le Fosso Palombara.

Strada Forocassio, à Vetralla
Strada Forocassio, à Vetralla
Strada Forocassio, à Vetralla
Strada Forocassio, à Vetralla

Strada Forocassio, à Vetralla

Dans la montée finale vers Vetralla, nous avons encore l’occasion de découvrir un petit musée de la vie rurale, installé dans des cavités creusées dans la roche. Tout est fait pour nous maintenir en haleine jusqu’au bout !

Museo Diffuso della Civilta Contadina, à Vetralla
Museo Diffuso della Civilta Contadina, à Vetralla
Museo Diffuso della Civilta Contadina, à Vetralla
Museo Diffuso della Civilta Contadina, à Vetralla
Museo Diffuso della Civilta Contadina, à Vetralla
Museo Diffuso della Civilta Contadina, à Vetralla
Museo Diffuso della Civilta Contadina, à Vetralla

Museo Diffuso della Civilta Contadina, à Vetralla

De Vetralla, nous rentrerons en bus à Viterbo où nous logeons encore jusqu’à lundi. C’est la raison pour laquelle nous avons fixé l’arrivée de cette étape à l’arrêt de bus situé sur la Via Cassia, à l’extrémité sud-est de la ville.

Cela tombe bien : cet arrêt se trouve également sur le tracé de la Via Francigena. Nous aurons néanmoins fait un petit crochet par la Piazza Umberto I, où se dressent à la fois l’hôtel de ville et la Chiesa Sant’Andrea Apostolo. Malheureusement fermée à cette heure — en plein milieu de l’après-midi — comme tous les autres monuments.

Voilà. Après cette très belle étape, il ne nous reste plus qu’à attendre le bus.

Traversée de Vetralla par la Via Roma
Traversée de Vetralla par la Via Roma
Traversée de Vetralla par la Via Roma
Traversée de Vetralla par la Via Roma
Traversée de Vetralla par la Via Roma
Traversée de Vetralla par la Via Roma
Traversée de Vetralla par la Via Roma
Traversée de Vetralla par la Via Roma
Traversée de Vetralla par la Via Roma

Traversée de Vetralla par la Via Roma

Mais au fait, était-ce évident que nous marchions sur le flanc d’un volcan ? Non, à aucun moment je n’en ai eu l’impression.

____________________

Vous voulez revivre cette randonnée en vidéo 3D ? C'est ici :

Appréciation du parcours :

Une étape variée et agréable, qui combine la richesse historique et architecturale de Viterbo et de San Martino al Cimino avec la beauté d’un parcours nature sur les flancs des Monti Cimini.

Le sentier alterne montées et descentes, larges chemins de terre, passages asphaltés et traversées de bois, vergers et quelques vignes, offrant à chaque instant un paysage différent. On y croise des curiosités inattendues — citernes romaines, fontanili, vestiges et œuvres d’art — et l’on découvre des villages au passé fascinant.

Même si l’on ne ressent jamais vraiment marcher sur un volcan, la variété, l’accessibilité et la richesse du parcours en font une randonnée captivante, qui laisse de très bons souvenirs et donne envie d’y revenir.

Comment rejoindre cette étape ?

Cette étape peut facilement se faire en établissant son camp de base à Viterbo. À la fin de la journée, un bus permet de revenir rapidement à la ville pour la nuit, avant de rejoindre le lendemain Vetralla pour poursuivre la Via Francigena.

Les pèlerins au long cours, eux, trouveront sans difficulté un hébergement à Vetralla et continueront naturellement vers l’étape suivante.

Il est aussi possible de raccourcir le parcours en s’arrêtant à la gare de Tre Croci, après environ 17 km. De là, des trains réguliers permettent de rejoindre Viterbo ou Vetralla, pratique pour adapter la distance selon son énergie du jour.

____________________

Vous souhaitez parcourir cette étape de la Via Francigena ? Vous trouverez ci-dessous la trace GPX de l'itinéraire tel que nous l'avons suivi :

____________________

Sauf indication contraire, les textes et les photographies présents sur ce blog sont la propriété exclusive de leur auteur. Toute reproduction ou utilisation, totale ou partielle, est interdite sans autorisation préalable.

GR®, GR® Pays et PR® sont des marques déposées de la Fédération Française de la Randonnée Pédestre. Leur utilisation sur ce blog est réalisée uniquement à titre informatif, sans but commercial, et dans le respect des droits de propriété intellectuelle.

Pour toute demande d’utilisation, veuillez me contacter via la page « Contact ».

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article