Parce que randonner c'est la santé...
Le résumé du randonneur pressé :
Au départ de La Storta, cette dernière étape, d'une vingtaine de kilomètres, nous rapproche progressivement du cœur de Rome. Après quelques kilomètres sur la Via Cassia, nous retrouvons la nature dans la Riserva Naturale dell'Insugherata, véritable poumon vert au milieu de la banlieue nord-ouest.
Nous poursuivons ensuite par la Via Trionfale avant de pénétrer dans la Riserva Naturale di Monte Mario, sur l'itinéraire historique. Une décision qui nous permet de découvrir des chemins sauvages, des paysages préservés et surtout de magnifiques panoramas sur Rome.
La traversée du Monte Mario nous offre notamment une vue superbe de la coupole de la basilique Saint-Pierre dominant la Ville éternelle, avant que les deux derniers kilomètres ne nous conduisent en ligne droite jusqu'à la place Saint-Pierre.
Après près de 2 300 kilomètres depuis Calais et cent étapes, nous voici enfin arrivés au terme de cette formidable aventure !
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Et en détail :
Temps de lecture : 10 minutes
Centième et dernière étape de ce formidable périple sur la Via Francigena que j'avais commencé à Calais avec Laurent, le deuxième de mes fils, et que je termine aujourd'hui avec Kévin, son frère cadet ! Une histoire de famille, presque, car j'aurai quand même parcouru seul la majorité du parcours.
Mais concentrons-nous sur cette étape d'une vingtaine de kilomètres qui nous emmène de La Storta à la place Saint-Pierre, à Rome. En raison d'un risque de chutes d'arbres dans la Riserva Naturale di Monte Mario, la traversée de celle-ci est interdite (*). Une variante nous est donc imposée par l'organisation de la Via Francigena. Toutefois, plusieurs pèlerins rencontrés les jours précédents nous convainquent de tenter malgré tout l'itinéraire historique, nous assurant que de nombreuses personnes y circulent et que cela ne présente aucun risque. C'est donc cet itinéraire que nous allons suivre et que nous vous proposons de découvrir dans ce récit.
Nous partons à sa découverte ?
(*) En août 2026, la traversée de la réserve naturelle est à nouveau autorisée.
Il est précisément 11 h 20 lorsque nous démarrons la randonnée depuis la Cappella della Visione di Sant'Ignazio di Loyola, à La Storta. Pourquoi si tard, me demanderez-vous peut-être ? Oh, pas question de grasse matinée ! Nous sommes simplement partis de bonne heure visiter la chapelle Sixtine et les musées du Vatican, un incontournable lorsque l'on séjourne à Rome !
Avec la chapelle, c'est aussi la Via Cassia que nous retrouvons. Mais si elle nous sert de fil conducteur depuis près de 300 kilomètres, nous ne l'aurons jamais empruntée aussi longtemps qu'aujourd'hui. Car, si nous avons souvent pu l'éviter jusqu'ici, nous allons cette fois devoir suivre cet axe majeur du nord de Rome sur près de 5 kilomètres.
Heureusement, si je peux dire, entre La Storta et La Giustiniana, son parcours n'est pas dénué d'intérêt. Nous rencontrons d'abord, très tôt, la Cattedrale dei Sacri Cuori di Gesù e Maria, que nous ne pourrons malheureusement pas visiter.
La Cappella della Visione et la cathédrale sont étroitement liées. En 1537, saint Ignace de Loyola aurait eu, à l'emplacement de l'actuelle chapelle, une vision de Jésus et de Dieu, faisant de l'endroit un important lieu de pèlerinage. En 1923, il fut décidé d'agrandir la chapelle pour en faire une cathédrale qui lui serait dédiée. Le manque de place conduisit toutefois à construire celle-ci sur une butte dominant la Via Cassia, un peu plus loin. Faute de moyens, elle ne fut finalement consacrée qu'en 1950.
Directement après, se dresse la St George's British International School.
L'autre bonne nouvelle, c'est qu'entre La Storta et La Giustiniana, nous évoluons encore dans un environnement naturel. Mais même si nous bénéficions de beaux paysages, cela reste une grande route avec son trafic automobile...
À La Giustiniana, nous trouvons encore de quoi nous distraire, comme la Chiesa della Beata Maria Vergine Immacolata et son architecture moderne.
Mais ce qui retient surtout notre attention, c'est l'embouteillage qui se forme sous nos yeux. La Via Cassia se transforme ainsi en une longue file de voitures dont nous ne pouvons éviter de respirer les gaz d'échappement. L'horreur totale !
Mais pourquoi ce trafic ? La réponse à cette question permet également d'en résoudre une autre ! Vous vous rappelez de ces fanions suspendus au-dessus du Corso Vittorio Emanuele, à Campagnano di Roma, au début de l'étape d'hier ? Eh bien, nous le découvrons maintenant : le 25 avril est la Fête de la Libération en Italie ! Les Italiens commémorent la fin de l'occupation nazie et du régime fasciste. Et là, nombreux sont les Romains à vouloir profiter de ce long week-end en partant à la campagne !
Mais l'inverse est également vrai, sans oublier les deux congrès qui se tiennent ce week-end à Rome. Voilà aussi pourquoi nous avons éprouvé tant de difficultés à trouver un logement dans la capitale.
Erreur de débutant, vous me direz ? J'avais bien pris soin de vérifier qu'aucune fête religieuse, ni la fête nationale, ne tombe pendant notre périple, mais ce 25 avril, alors...
Après le passage au-dessus du Grande Raccordo Anulare, le boulevard périphérique de Rome, nous quittons enfin la Via Cassia et son univers pollué. Nous descendons une petite route asphaltée qui nous mène à la Riserva Naturale dell'Insugherata.
Même si, au début, nous avons le sentiment d'arriver dans une sorte de terrain vague, la suite est plus heureuse et le contraste avec ce que nous venons de vivre est saisissant. Pendant 4 kilomètres, nous traversons une réserve naturelle remarquable par la richesse de sa faune et de sa flore. Un poumon vert au cœur de la banlieue nord-ouest de Rome, dont les immeubles ne sont d'ailleurs jamais bien loin.
Nous nous extrayons de la réserve par la Via Augusto Conti. S'extraire, c'est carrément ça, car la petite route grimpe fortement entre les habitations pendant 400 mètres, première réelle difficulté de la journée.
Puis, le relief s'assagit et nous traversons ainsi tranquillement le quartier de Monte Mario Alto sur près d'un kilomètre.
C'est ensuite la Via Trionfale qui nous rapproche encore de l'objectif final. Cette ancienne voie romaine ne prit son aspect actuel qu'en 2010, quand elle fut élargie. Elle aurait hérité de son nom au IVe siècle avant J.-C. à la suite de la victoire des Romains sur les Étrusques, à Véies. Ses ruines se trouvent dans le Parco Naturale Regionale di Veio que nous avons traversé hier.
Anecdote amusante : la Via Trionfale, longue de 11 kilomètres, voit la numérotation de ses maisons aller jusqu'à 14 500 !
Au bout de deux kilomètres le long de ce boulevard, une petite église, bien que d'apparence fort simple, attire notre attention. Il s'agit de la Chiesa San Francesco d'Assisi. En réalité, il n'y a pas là une église, mais deux !
Car, sur sa gauche, le bâtiment plat surmonté d'une fresque en est une aussi. Elles portent toutes deux le même nom, sauf que celle de gauche date de 2003 et est la version moderne de l'autre, dont la construction remonte à la fin du XVIIe siècle.
Nous continuons notre périple à travers la ville pour rejoindre l'entrée de la Riserva Naturale di Monte Mario... sous la pluie ! J'avais commencé sous le soleil à Calais et je termine sous la pluie à Rome ! C'est le monde à l'envers, non ?
L'entrée de la réserve naturelle qu'on nous avait dit fermée est... effectivement fermée. Un panneau « Entrée interdite » écrit en quatre langues, dont le français, est attaché au portail. Difficile d'être plus explicite, non ? Mais un trou béant sous le grillage, à gauche, nous laisse penser que... bien que... malgré que... Bref, nous nous glissons à l'intérieur.
La traversée de la réserve naturelle se déroule en deux temps. Le premier, de près de deux kilomètres, nous ramène à la Via Trionfale. Le relief est en dents de scie, la nature sauvage. On n'a à ce moment pas du tout le sentiment de se trouver dans un parc au cœur de Rome. Ce que son nom ne dit pas non plus, d'ailleurs.
Différents points de vue nous offrent de superbes panoramas sur la ville éternelle, d'autant que la pluie cesse et que le ciel s'éclaircit. Magnifique ! Nous ne regrettons pas un instant d'être là !
Et, d'ailleurs, ces arbres qu'on nous dit dangereux, alors ? Eh bien, évidemment, nous ne sommes pas des spécialistes, mais le seul arbre couché que nous verrons est celui qui se reposait sur un banc !
Et puis, nous croisons des joggeurs, des promeneurs et, cerise sur le gâteau, il n'y a pas d'interdiction à l'entrée de la réserve côté Via Trionfale ! Allez comprendre...
Le second temps est plus maîtrisé. Les chemins sont tracés au cordeau, les pelouses tondues. Plusieurs villas s'y dressent, comme la villa Mellini. Elle occupe le sommet du Monte Mario, à 139 mètres d'altitude, et abrite l'Observatoire astronomique de Rome.
C'est d'ici que nous redescendons le Monte Mario pour retourner en ville. Une Rome dominée par la coupole de la Basilique Saint-Pierre que nous pouvons encore admirer pleinement depuis le belvédère situé au pied de l'observatoire. Venu plusieurs fois à Rome, je pensais bien la connaître. Là, je la découvre et la savoure sous un angle nouveau pour moi !
Au pied du mont, le parc se fait à nouveau plus sauvage. La grille est fermée ! Qu'à cela ne tienne, à quelques mètres sur la droite, le grillage a été arraché ! Nous nous évadons...
Le final est on ne peut plus simple. Deux kilomètres de ligne droite de la Viale Angelico jusqu'à la Piazza San Pietro en passant par la Piazza del Risorgimento et en longeant les murs du Vatican.
Fan de Pékin Express, sur M6, je me vois prendre le flambeau, l'allumer dans une immense vasque disposée au centre de la place Saint-Pierre, sous les acclamations du public et les roulements de tambours. Quel épilogue rêvé au bout d'un périple de près de 2 300 kilomètres !
Mais la réalité est toute autre. Nous gagnons le centre de la place dans l'indifférence générale, anonymes parmi les anonymes. Pire encore : lorsque nous arrivons au vestiaire, sous la basilique, le préposé ne vérifie même pas nos crédenciales et nous tend nos testimonium à compléter nous-mêmes !
Qu'importe finalement. Rien ni personne ne pourra m'enlever les images de cette formidable aventure, les rencontres faites sur le chemin, les sublimes paysages traversés !
Alors ? En a-t-on vraiment fini avec la Via Francigena ? Peut-être pas, non, car je n'ai pas parcouru la première étape de Canterbury à Douvres. Et ce blog n'a commencé qu'à Bapaume... Il reste donc encore du chemin à (re)parcourir.
Quand ? Pourquoi pas en 2029 pour célébrer les dix ans du début de cette aventure ?
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Si vous voulez revivre cette étape en vidéo 3D, c'est ici :
Appréciation du parcours :
Une étape en demi-teinte, avec une alternance intéressante entre quartiers urbains et traversées de réserves naturelles, véritables respirations au cœur de la ville.
Seul le début, par la Via Cassia, rendu particulièrement désagréable par le trafic automobile, vient ternir le parcours. Plus loin, avant la ligne droite finale, la traversée du Monte Mario apporte une belle récompense avec ses magnifiques panoramas sur Rome et la coupole de Saint-Pierre.
Avec le recul, une arrivée à Rome qui mérite finalement mieux que l'impression laissée le jour même !
Comment rejoindre cette étape ?
Avec la gare de La Storta, le départ de cette étape est aisément accessible en transports en commun.
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Vous souhaitez parcourir cette étape de la Via Francigena ? Vous trouverez ci-dessous la trace GPX de l'itinéraire tel que nous l'avons suivi :
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