Parce que randonner c'est la santé...
Le résumé du randonneur pressé :
Pour cette antépénultième étape avant Rome, nous avons choisi la variante de la Via Francigena au départ de Sutri. Plus longue mais a priori bien plus agréable, elle nous évite plusieurs kilomètres le long de la route pour nous offrir une traversée paisible des campagnes du Latium, entre prairies, noccioleti et chemins de terre.
Malgré une météo capricieuse, cette étape variée réserve quelques beaux moments, comme les cascades du Treja, décor de nombreux films, avant une arrivée pleine de charme dans les ruelles perchées de Campagnano di Roma.
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Et en détail :
Temps de lecture : 9 minutes
En route aujourd’hui pour l’antépénultième étape avant l’arrivée à Rome, de Sutri à Campagnano di Roma.
Comme cela a déjà été le cas auparavant, la Via Francigena nous propose ici une variante : au lieu d’emprunter une route provinciale sur un peu plus de deux kilomètres au départ de l’étape, l’itinéraire alternatif suit des chemins moins fréquentés et donc, a priori, plus sécurisés.
Cette option allonge toutefois le parcours de 24 à près de 28 kilomètres. Je ne sais pas quel sera votre choix mais, nous, le nôtre est fait : ce sera la variante ! Vous nous suivez ?
Nous repartons ce matin de l’exceptionnel amphithéâtre romain de Sutri, là où nous nous étions arrêtés hier. La variante y est clairement indiquée et un passage souterrain nous permet de traverser la Via Cassia en toute sécurité.
Pendant 1,5 kilomètre, nous suivons une petite route asphaltée, la Via dei Creti. Et là, vous me dites : “Mais on emprunte quand même une route !” Certes, mais sans circulation automobile intense.
Nous avançons à travers la campagne, entre prairies et plantations de noccioleti, la spécialité de la région, comme je l’expliquais déjà dans le récit d’hier. Le soleil levant et un léger voile de brume créent une ambiance particulière.
Nous poursuivons ensuite sur un beau chemin de terre. Le paysage ne change pas vraiment et, hormis la présence de l’un ou l’autre cheval isolé, nous nous sentons comme seuls au monde.
Au bout de 4,4 kilomètres de marche agréables, nous bifurquons à droite, en direction de Forcone, un hameau de Sutri. Si, jusqu’à quelques maisons isolées, nous bénéficions encore d’un chemin de terre, c’est toutefois bien vite une petite route asphaltée qui nous conduit jusqu’à la Strada Provinciale Sutrina.
Les quelques centaines de mètres le long de la route provinciale sont rapidement avalés, sur un accotement sécurisé.
Puis nous retrouvons les campagnes où le chemin de terre effleure à peine le hameau de Forcone, traverse la Via Cassia et longe encore quelques plantations de noccioleti avant d’atteindre la Strada Campo la Pera.
C’est à cet endroit que nous rejoignons le parcours historique de la Via Francigena. Sur les 7,5 kilomètres qui nous séparent du départ, nous n’aurons croisé aucune voiture. Et vous qui avez suivi le parcours historique ?
Depuis hier, les noccioleti jalonnent notre parcours, comme le long des deux kilomètres qui nous conduisent jusqu’au Golf Nazionale. Heureusement, les champs de coquelicots mettent un peu de couleur dans cet océan de verdure.
Ah, rouge comme notre Grenobloise à vélo, d’ailleurs. Rencontrée hier en difficulté sur un sentier pas du tout adapté aux deux roues, nous la retrouvons aujourd’hui beaucoup plus à son affaire. Nous en apprenons aussi un peu plus sur son périple : partie de Lucca, elle se rend à Rome, comme nous. Gageons qu’elle nous y devancera.
En réalité, il n’y a pas qu’un seul terrain de golf, mais trois : outre le Golf Nazionale, qui héberge le Centro Tecnico Federale Giuseppe Silva, on trouve également de part et d'autre de la Via Francigena le Golf Club “Le Querce” et le “Terre dei Consoli Golf Club & Resort”. Si les deux premiers se situent encore à Sutri, le dernier se trouve à Monterosi.
Avec le temps froid et venteux que nous connaissons aujourd’hui, les joueurs ne se bousculent pas sur les greens !
À l’approche de Monterosi, le chemin se couvre logiquement d’asphalte. À l’entrée de la ville, nous faisons connaissance avec la minuscule chiesa della Madonna della Centura, datant du XVe siècle. À quelques pas de là, de l’autre côté de la rue, une fontaine fait grise mine.
Parce qu’un peu plus loin, Via XIII Settembre, une colonne affiche un arrogant “Chi conosce il latino elogia l’acqua ma preferisce il vino” — “Qui connaît le latin fait l’éloge de l’eau mais préfère le vin.”
En tout cas, pas sûr que la pluie qui commence à tomber quelques minutes plus tard réconcilie ces deux-là. Et c’est moi, désormais, qui fais grise mine.
Le moment n’est d’ailleurs pas aux réjouissances. Des funérailles sont sur le point de débuter à la chiesa di Santa Croce. Je passe donc mon chemin. Et tant pis pour la visite.
Je pourrai me consoler en visitant la chiesa di San Giuseppe, construite au XVIIIe siècle. Bon, elle est bien plus spectaculaire de l’extérieur qu’à l’intérieur. Anecdote amusante : elle figurait comme église du village russe de Brezwyscewski, visité par Don Camillo et Peppone dans le film Il compagno Don Camillo (1965), réalisé par Luigi Comencini.
Nous quittons Monterosi en longeant la Via Cassia par un sentier sécurisé par une barrière en bois, fragile rempart contre les voitures qui quitteraient leur trajectoire. Dans la campagne, des cyprès s’alignent le long d’un chemin, des moutons paissent.
Tout semble si tranquille aujourd’hui alors que Monterosi, située à un carrefour stratégique, fut traversée par les conflits qui opposèrent les troupes napoléoniennes aux armées du royaume de Naples à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle.
Nous nous éloignons définitivement de Monterosi par la Via della Salivotta, quittant au passage son territoire pour entrer sur celui de Nepi. Asphaltée sur un peu plus d’un kilomètre, elle se transforme ensuite en un beau chemin de terre.
Si la pluie avait cessé à la sortie de la ville, voilà qu’elle reprend de plus belle. Ce n’est pas la météo habituelle à cette période de l’année. Il n’y a plus de saisons, mon bon monsieur !
Pendant 3 kilomètres, nous progressons alors plein est à travers la campagne. Les plantations de noccioleti se font plus rares, laissant place à d’autres cultures et à des prairies. Dans le ciel, le gris domine toujours mais les vannes se sont heureusement refermées.
La Via Ronci, puis la Via Valle Crochietto, nous emmènent ensuite vers le sud, aux confins de la province de Viterbe que nous arpentons depuis le 17 avril. Nous descendons alors dans la vallée du Treja, un affluent du Tibre.
Juste avant de traverser la rivière par la Strada Comunale di Monte Gelato, nous entrons sur le territoire de Mazzano Romano. Nous sommes toujours dans le Latium, mais cette fois dans les limites de la métropole de Rome.
À cet endroit, le Treja se divise en plusieurs bras pour franchir des cascades de tuf. Le site, particulièrement photogénique, a d’ailleurs servi de décor à plus d’une centaine de films.
Au lieu d’emprunter le pont, continuez donc plutôt en suivant le “sentiero del Parco Valle del Treja” : vous pourrez admirer les nombreuses cascades, traverser le cours d’eau sur une passerelle à proximité d’un ancien moulin et rejoindre plus loin le parcours de la Via Francigena.
Attention toutefois : la passerelle est retirée durant l’hiver en prévision d’éventuelles inondations. En période de forte affluence, veillez également à respecter le sens de circulation mis en place sur le site.
La suite est peut-être la partie la moins agréable de la randonnée. Est-ce parce qu’il faut grimper pendant un kilomètre sans interruption ? Ou simplement parce que la petite route communale manque de charme ? Je vous laisse juger.
Nous évoluons ensuite sur la crête, vers le sud, pendant un nouveau kilomètre avant de rejoindre le Parco Naturale Regionale di Veio…
Nous abordons à ce moment les trois derniers kilomètres qui nous conduiront au pied de Campagnano di Roma. Le parcours, varié, regagne en intérêt. Nous retrouvons — bon, je ne peux pas parler pour Kévin non plus — une bonne dose de motivation pour terminer cette longue étape.
Une motivation qui nous sera bien nécessaire pour gravir les 70 mètres de dénivelé positif qui nous attendent avant d’atteindre les anciens quartiers de Campagnano di Roma, perchés depuis le XIe siècle sur un éperon de tuf, comme beaucoup de villes de la région.
Ici aussi, nous retrouvons des ruelles étroites et des constructions anarchiques, faute de place. Mais n’est-ce pas justement ce qui fait le charme de ces villes chargées d’histoire ?
Plus au sud, les quartiers autour de la Piazza Cesare Leonelli et du Corso Vittorio Emanuele sont de construction plus récente. Ils font partie du Borgo Paolino, érigé entre 1600 et 1700 sous le règne des Chigi.
À l’instar de la Porta Romana symbole de la ville, que les habitants appellent simplement “l’Arc”. Pour nous, elle sera tout aussi symbolique puisqu’elle marque l’arrivée de cette étape.
Et après cette longue étape, quoi de mieux qu’une pause gourmande dans un café voisin de l’arrivée ? Quelques pâtisseries bien méritées pour terminer la journée, comme une petite récompense après les kilomètres et les dénivelés.
Car oui, nous l’avons bien mérité, non ?
Si vous avez parcouru cette étape de la Via Francigena, n’hésitez pas à laisser un commentaire au bas de l’article pour partager votre expérience ou vos impressions sur le chemin.
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Si vous voulez revivre cette étape en vidéo 3D, c'est ici :
Appréciation du parcours :
Cette étape ne restera sans doute pas comme la plus spectaculaire de la Via Francigena sur le plan patrimonial. Elle séduira toutefois les amateurs de randonnée nature grâce à ses nombreux chemins de terre, ses paysages ruraux et ses passages plus sauvages, notamment autour des cascades du Treja.
Comment rejoindre cette étape ?
Sutri et Campagnano di Roma sont reliées par le bus. Quant aux vrais pèlerins, ils n’auront évidemment besoin d’aucun moyen de transport pour rejoindre le départ de l’étape suivante…
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Vous souhaitez parcourir cette étape de la Via Francigena ? Vous trouverez ci-dessous la trace GPX de l'itinéraire tel que nous l'avons suivi :
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