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Parce que randonner c'est la santé...

24 juillet 2025 - L'estuaire de la Rance côté Dinard puis Saint-Malo

Le résumé du randonneur pressé :

Tout commence depuis l’usine marémotrice de la Rance, à La Richardais. À peine partis, déjà les premières vues nous coupent le souffle : l’estuaire s’étire sous nos yeux, avec le Rocher de Bizeux et, tout au loin, Saint-Malo qui nous attend.

On progresse tranquillement sur le GR 34, entre criques sauvages et pointes boisées. Celle de la Jument, puis celle de la Vicomté. L'océan, les rochers, les pins maritimes… Un petit air de carte postale.

Puis vient Dinard. Pause plage au Prieuré, avant d’embarquer sur le bus de mer. Une traversée express, mais quelle sensation ! On glisse sur l’eau, on approche les remparts… et nous voilà à Saint-Malo, au cœur même de la ville fortifiée.

Mais pas question de s’arrêter là. On longe la cale du Naye, on traverse l’anse des Sablons, on grimpe vers la cité d’Alet. Là-haut, la vue est spectaculaire. Entre bunkers, marégraphe et fortifications, l’histoire est partout, et la tour Solidor veille, fière, sur l’estuaire.

Après ce détour par le passé, place à la dernière ligne droite. Le sentier côtier nous ramène vers le barrage. On le traverse à pied, au milieu des flots. Fin de boucle.


Et en détail :

Temps de lecture : 17 minutes

Je vous emmène cette fois en Bretagne, une région que je connaissais déjà un peu, mais où je n’avais encore jamais randonné.

Une partie de ma famille habite près de Dinan. J’y suis allé à plusieurs reprises, j’ai visité Dinan, Saint-Malo, la Pointe du Grouin… mais sans jamais vraiment prendre le temps de marcher.

J’avais envie de découvrir la région autrement, en m’éloignant un peu des circuits touristiques. Je cherchais donc un parcours qui donne à voir un morceau authentique de la Bretagne.

En choisissant la randonnée L’estuaire de la Rance côté Dinard puis Saint-Malo sur Visorando, je ne peux pas dire que je reste complètement en dehors des circuits touristiques. Mais l’idée de prendre le bateau entre Dinard et Saint-Malo me séduisait, et c’était aussi la promesse de beaux paysages. Cette expérience, ajoutée à la richesse historique du parcours, a fini de me convaincre.

On découvre ça ensemble ?

24 juillet 2025 - L'estuaire de la Rance côté Dinard puis Saint-Malo
24 juillet 2025 - L'estuaire de la Rance côté Dinard puis Saint-Malo

Nous démarrons cette randonnée d’une quinzaine de kilomètres depuis l’Usine Marémotrice de la Rance, rive gauche, sur la commune de La Richardais.

La Pointe de la Brebis offre deux parkings : un petit, au nord de la D168, et un plus grand, au sud. Je vous en parlerai plus en détail dans le paragraphe « Comment rejoindre cette randonnée ? » à la fin de l’article.

Le départ officiel se fait depuis le parking nord. Je vous présenterai au retour cette usine exceptionnelle, dont il n’existe que deux exemplaires au monde.

Usine Marémotrice de la Rance, à La Richardais
Usine Marémotrice de la Rance, à La Richardais
Usine Marémotrice de la Rance, à La Richardais

Usine Marémotrice de la Rance, à La Richardais

Peu après le départ, au bout d’une volée d’escaliers qui nous fait quitter le parking, un panneau de la Fédération Française de la Randonnée Pédestre nous rappelle que nous évoluons ici sur le GR 34. Ce sera d’ailleurs le cas tout au long du parcours, à l’exception de la traversée en bateau.

Le GR 34, aussi appelé Sentier des Douaniers, suit en grande partie le tracé des anciens chemins douaniers, aménagés dès 1791 sur plus de 2000 km entre le Mont-Saint-Michel et Saint-Nazaire, pour surveiller les côtes et lutter contre la contrebande.

Le Sentier des Douaniers

Le Sentier des Douaniers

Sur les 500 premiers mètres, nous traversons un quartier résidentiel, calme, pour un démarrage en douceur.

Rue du Grand Mât et avenue de la Rance, à La Richardais
Rue du Grand Mât et avenue de la Rance, à La Richardais
Rue du Grand Mât et avenue de la Rance, à La Richardais

Rue du Grand Mât et avenue de la Rance, à La Richardais

Puis nous entrons rapidement au cœur de la randonnée. Un petit sentier nous emmène à flanc de falaise, en direction de la Pointe de la Jument, en nous offrant déjà plusieurs vues sur la Rance, ses plages, l’usine marémotrice…

Les yeux ne savent déjà plus où se poser. L’objectif de mon appareil photo non plus. Autant le dire tout de suite : j’aurai pris exactement 300 photos sur l’ensemble du parcours, et la sélection s’annonce difficile !

Vers la Pointe de la Jument, à Dinard
Vers la Pointe de la Jument, à Dinard
Vers la Pointe de la Jument, à Dinard
Vers la Pointe de la Jument, à Dinard
Vers la Pointe de la Jument, à Dinard
Vers la Pointe de la Jument, à Dinard
Vers la Pointe de la Jument, à Dinard
Vers la Pointe de la Jument, à Dinard
Vers la Pointe de la Jument, à Dinard
Vers la Pointe de la Jument, à Dinard

Vers la Pointe de la Jument, à Dinard

Le premier coup de cœur vous viendra peut-être à la Pointe de la Jument. La vue n’est sans doute pas très étendue, mais le Rocher de Bizeux, îlot rocheux situé dans l'estuaire de la Rance, vous apparaîtra comme une perle dans sa coquille, avec Saint-Malo en arrière-plan.

Saint-Malo depuis la Pointe de la Jument, à Dinard

Saint-Malo depuis la Pointe de la Jument, à Dinard

En chemin vers la Pointe de la Vicomté, les vues sur l’estuaire sont nombreuses et tout aussi belles. Avec un peu d’attention, on peut cette fois distinguer la statue de Notre-Dame la Dominatrice, qui trône au sommet du Rocher de Bizeux.

Installée là le 24 octobre 1897, elle mesure trois mètres de haut et est faite de fonte de fer recouverte de nickel argenté.

Son nom vient de sa posture : tête levée vers le ciel, bras tendus vers la mer, paumes ouvertes dans un geste de protection et de domination.

De la Pointe de la Jument à la Pointe de la Vicomté, à Dinard
De la Pointe de la Jument à la Pointe de la Vicomté, à Dinard
De la Pointe de la Jument à la Pointe de la Vicomté, à Dinard
De la Pointe de la Jument à la Pointe de la Vicomté, à Dinard
De la Pointe de la Jument à la Pointe de la Vicomté, à Dinard
De la Pointe de la Jument à la Pointe de la Vicomté, à Dinard

De la Pointe de la Jument à la Pointe de la Vicomté, à Dinard

Depuis la Pointe de la Vicomté, le panorama s’élargit encore, s’étendant du Rocher de Bizeux jusqu’à la Baie du Prieuré. Avec le soleil qui se montre plus généreux, la légendaire ville de Saint-Malo en toile de fond, et le bleu turquoise des eaux de la Rance — à moins que ce ne soit déjà celles de l’océan ? — c'est tout bonnement magnifique.

L’endroit marque justement la zone de bascule : selon la marée, l’eau douce se mêle au sel venu du large. Ce petit morceau d’estuaire devient alors le théâtre discret d’un brassage perpétuel.

Pointe de la Vicomté, à Dinard
Pointe de la Vicomté, à Dinard
Pointe de la Vicomté, à Dinard

Pointe de la Vicomté, à Dinard

Depuis la Pointe de la Vicomté, deux kilomètres nous séparent de la plage du Prieuré.

Deux kilomètres au profil varié, mais toujours agréables, avec encore une multitude de vues sur l’estuaire, et notamment sur Saint-Malo, qui dévoile pour la première fois ses hauts remparts. Un régal !

De la Pointe de la Vicomté à la Plage du Prieuré, à Dinard
De la Pointe de la Vicomté à la Plage du Prieuré, à Dinard
De la Pointe de la Vicomté à la Plage du Prieuré, à Dinard
De la Pointe de la Vicomté à la Plage du Prieuré, à Dinard
De la Pointe de la Vicomté à la Plage du Prieuré, à Dinard
De la Pointe de la Vicomté à la Plage du Prieuré, à Dinard
De la Pointe de la Vicomté à la Plage du Prieuré, à Dinard
De la Pointe de la Vicomté à la Plage du Prieuré, à Dinard
De la Pointe de la Vicomté à la Plage du Prieuré, à Dinard
De la Pointe de la Vicomté à la Plage du Prieuré, à Dinard
De la Pointe de la Vicomté à la Plage du Prieuré, à Dinard
De la Pointe de la Vicomté à la Plage du Prieuré, à Dinard

De la Pointe de la Vicomté à la Plage du Prieuré, à Dinard

Nichée au fond de la baie, la plage du Prieuré tient son nom d’un ancien prieuré fondé au XIVe siècle par les chevaliers de Montfort. Bien que transformé en résidence privée, le bâtiment est encore visible depuis le rivage, discret témoin d’un passé religieux qui a façonné l’identité du quartier.

Face à Saint-Malo, cette plage paisible incarne l’élégance tranquille de Dinard. Deux villes que l’estuaire de la Rance oppose autant qu’il relie, offrant un face-à-face quotidien entre murailles historiques et rivages feutrés. Tandis que Saint-Malo dresse fièrement ses remparts, Dinard dévoile avec douceur son littoral aux allures de jardin anglais.

Toutes deux partagent une forte identité bretonne, mais chacune incarne une facette différente : l’histoire maritime et militaire pour Saint-Malo ; le charme balnéaire et aristocratique pour Dinard.

Plage du Prieuré, à Dinard
Plage du Prieuré, à Dinard
Plage du Prieuré, à Dinard
Plage du Prieuré, à Dinard

Plage du Prieuré, à Dinard

Comme je l'écrivais en introduction, prendre le bateau de Dinard à Saint-Malo est l’un des éléments qui m’a convaincu de choisir cette randonnée. Il s’agit du bus de mer, accessible depuis la cale du Bec de la Vallée, à l’extrémité de la baie.

Au départ de la plage du Prieuré, le chemin longe le rivage en traversant un quartier résidentiel paisible. Bordé de jardins soignés et de pins maritimes, il offre une vue dégagée sur la Rance et les remparts de Saint-Malo, de plus en plus présents à mesure que l’on avance.

Ce chemin, c’est la Promenade du Clair de Lune. On imagine alors très bien, en été, en soirée, les lampadaires discrets s’allumer progressivement et l’atmosphère se teinter d’une douce clarté. Les promeneurs ralentissent leur pas, attirés par les reflets changeants sur l’eau et la tranquillité du décor.

Des musiques parfois s’échappent des jardins, et le bruit feutré du clapotis contre les bateaux amarrés les enveloppe alors d'une tendre douceur.

Promenade du Clair de Lune, à Dinard
Promenade du Clair de Lune, à Dinard
Promenade du Clair de Lune, à Dinard
Promenade du Clair de Lune, à Dinard
Promenade du Clair de Lune, à Dinard
Promenade du Clair de Lune, à Dinard
Promenade du Clair de Lune, à Dinard
Promenade du Clair de Lune, à Dinard

Promenade du Clair de Lune, à Dinard

Les billets pour le bus de mer s’achètent à l’un des guichets situés juste à côté de l’hôtel de la Vallée. J’arrive pile au bon moment : le prochain bateau part dans dix minutes ! À moins que ce ne soit simplement la fréquence des départs, plus élevée en période estivale… Mais je préfère croire à mon sens du timing.

Le bus de mer quitte Dinard depuis le bout de la cale, face à Saint-Malo. Attention, ce n’est pas la porte à côté : il faut marcher jusqu’à l’extrémité du quai, bien au-delà de l’hôtel. Une dernière petite mise en jambe avant de changer de rive.

La Cale du Bec de la Vallée, à Dinard
La Cale du Bec de la Vallée, à Dinard
La Cale du Bec de la Vallée, à Dinard

La Cale du Bec de la Vallée, à Dinard

Et si, le temps d’un instant, on se prenait pour Surcouf ou Jacques Cartier ? Ce n’est qu’une traversée de quelques minutes, mais elle a quelque chose d’inédit. On quitte un monde feutré pour rejoindre une cité corsaire.

Le vent souffle dans les cheveux — bon, moi je suis chauve, mais vous… — et l’eau clapote contre la coque. Pas de voiles au-dessus de nos têtes, mais le ronron obstiné du moteur qui couvre les cris des mouettes.

On est loin des caravelles, mais on fend tout de même les flots, cap droit sur les remparts. L’approche est lente, frontale, presque solennelle. On a beau être à bord d’une simple vedette de la Compagnie Corsaire, on se surprend à vivre ce court trajet comme un embarquement vers l’aventure.

L’accostage approche, cale de Dinan, au pied des hauts remparts de Saint-Malo intra-muros. Les bâtiments, d’une rigueur militaire, sont alignés comme des soldats lors d’une revue des troupes. Le capitaine ralentit, comme pour nous laisser le temps de les inspecter, un à un.

J’ai déjà eu l’occasion de visiter la ville — vous le savez maintenant — mais sa vue m’impressionnera toujours !

Le bateau s’immobilise. C’est le moment de débarquer.

Accostage dans le port de Saint-Malo
Accostage dans le port de Saint-Malo
Accostage dans le port de Saint-Malo
Accostage dans le port de Saint-Malo

Accostage dans le port de Saint-Malo

Au pied des remparts, sur l’esplanade Robert Surcouf, ce n’est pas la grande foule. Étonnant pour une fin juillet, non ? Juste à côté, pourtant, le parking de l’esplanade de la Bourse affiche complet. Peut-être que, en ce début d’après-midi, les touristes sont encore à table… ou à la sieste en bord d’océan.

Au bout des remparts, trônant au milieu du rond-point, Mahé de La Bourdonnais est bien là, lui. Né à Saint-Malo en 1699, ce marin visionnaire fut gouverneur des îles de France et de Bourbon — aujourd’hui Maurice et La Réunion. Il y développa les ports, organisa les plantations, et s’imposa comme un redoutable stratège naval. Mais il fut aussi acteur de la traite négrière. Un héritage contrasté, donc.

À Saint-Malo, il incarne cette époque où l’audace maritime côtoyait sans complexe les ambitions coloniales.

Esplanade Robert Surcouf et esplanade de la Bourse, à Saint-Malo
Esplanade Robert Surcouf et esplanade de la Bourse, à Saint-Malo
Esplanade Robert Surcouf et esplanade de la Bourse, à Saint-Malo
Esplanade Robert Surcouf et esplanade de la Bourse, à Saint-Malo

Esplanade Robert Surcouf et esplanade de la Bourse, à Saint-Malo

Aujourd’hui, Mahé de La Bourdonnais contemple un bassin Vauban presque vide. L’eau est calme, les quais silencieux. C’est toutefois ici — et dans le bassin Duguay-Trouin, juste au nord — que les concurrents de la Route du Rhum se rassemblent avant le grand départ, au large de la pointe du Grouin, à Cancale.

On imagine sans peine l’ambiance, la veille du départ : les voiliers alignés, les drapeaux qui claquent, les quais noirs de monde. Les discussions fusent, les rires se mêlent aux consignes techniques. L’air est chargé d’embruns, de crêpes, de café. Tout vibre. Saint-Malo devient alors le théâtre d’un départ mythique vers la Guadeloupe.

Bassin Vauban, à Saint-Malo
Bassin Vauban, à Saint-Malo
Bassin Vauban, à Saint-Malo

Bassin Vauban, à Saint-Malo

La moitié du parcours est déjà derrière nous, il reste un peu plus de 7 kilomètres. Si vous en avez le temps — et l’envie — vous pouvez faire une halte pour visiter la vieille ville. Sinon, comme moi, vous pouvez choisir de poursuivre.

Cap au sud, le long de la chaussée Éric Tabarly, en direction du fort du Naye. En chemin, on longe la cale sèche et l’écluse du Naye, point de passage obligé pour les bateaux quittant les bassins en route vers le large.

Cale sèche et écluse du Naye, à Saint-Malo
Cale sèche et écluse du Naye, à Saint-Malo

Cale sèche et écluse du Naye, à Saint-Malo

Niché entre le terminal du Naye et le bassin Vauban, le fort du Naye fut construit entre 1838 et 1843 pour défendre l’accès au port de Saint-Malo. Édifié sur l’ancienne île Dorée, jadis occupée par des moulins, il a traversé les siècles sans jamais être mêlé aux combats.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il servit d’abri, avant d’être partiellement détruit lors de la reddition allemande. Aujourd’hui discret, réaffecté à des fonctions administratives, il conserve un surnom hérité de son passé rural : le fort aux Ânes, clin d’œil aux bêtes de somme qui arpentaient autrefois ce bout de terre tourné vers la mer.

Fort du Naye, à Saint-Malo

Fort du Naye, à Saint-Malo

Un peu plus loin, en arrivant à l’anse des Sablons, je suis intrigué par ce long mur en béton qui sépare le port de la plage. Il semble avoir été conçu pour retenir l’eau lorsque la mer se retire, maintenant ainsi une zone de baignade accessible à marée basse. Lorsque la mer remonte, elle franchit le mur et recouvre peu à peu la plage, comme partout ailleurs.

L’endroit est particulièrement photogénique : le sable jaune contraste avec l’eau turquoise, les algues déposent leur touche de vert, et le phare blanc à tour carrée posé sur la digue complète ce tableau aux couleurs franches.

J’ai été captivé par cette scène, surtout lorsque la silhouette de la vieille ville de Saint-Malo se détache en arrière-plan.

Port des Sablons et plage des Bas-Sablons, à Saint-Malo
Port des Sablons et plage des Bas-Sablons, à Saint-Malo
Port des Sablons et plage des Bas-Sablons, à Saint-Malo
Port des Sablons et plage des Bas-Sablons, à Saint-Malo
Port des Sablons et plage des Bas-Sablons, à Saint-Malo
Port des Sablons et plage des Bas-Sablons, à Saint-Malo
Port des Sablons et plage des Bas-Sablons, à Saint-Malo
Port des Sablons et plage des Bas-Sablons, à Saint-Malo
Port des Sablons et plage des Bas-Sablons, à Saint-Malo
Port des Sablons et plage des Bas-Sablons, à Saint-Malo
Port des Sablons et plage des Bas-Sablons, à Saint-Malo

Port des Sablons et plage des Bas-Sablons, à Saint-Malo

Le chemin s’élève en quittant l’anse des Sablons. Un pan de mur en pierre apparaît au détour du sentier, modeste mais bien là. Il marque l’entrée dans ce qui fut l’origine de Saint-Malo : la cité d’Alet, perchée sur une presqu’île face à l’estuaire.

Occupé dès l’époque gallo-romaine, ce promontoire a ensuite accueilli un évêché, avant que tout ne migre vers l’intra-muros. Au XVIIIᵉ siècle, la vue qu’il offre inspire la construction d’un fort.

Il en reste aujourd’hui les pierres… et une belle perspective sur l’estuaire.

La cité d'Alet, à Saint-Malo
La cité d'Alet, à Saint-Malo
La cité d'Alet, à Saint-Malo
La cité d'Alet, à Saint-Malo

La cité d'Alet, à Saint-Malo

Le chemin, qui fait le tour du promontoire en direction du port Solidor, invite à la promenade. Nombreux sont les couples à en profiter, s’arrêtant parfois pour admirer la vue ou simplement marcher en silence.

À mesure que l’on progresse, la vieille ville de Saint-Malo s’estompe peu à peu, remplacée par la silhouette plus douce de Dinard. L’estuaire s’ouvre alors pleinement devant nous.

Au loin, on distingue l’usine marémotrice de la Rance, posée comme un trait d’union entre les deux rives. Le sentier est ponctué de bunkers, tous construits par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale. Presque identiques dans leur conception, ils rappellent l’époque du Mur de l’Atlantique et la militarisation de la côte.

Promenade autour de la cité d'Alet, à Saint-Malo
Promenade autour de la cité d'Alet, à Saint-Malo
Promenade autour de la cité d'Alet, à Saint-Malo
Promenade autour de la cité d'Alet, à Saint-Malo
Promenade autour de la cité d'Alet, à Saint-Malo
Promenade autour de la cité d'Alet, à Saint-Malo
Promenade autour de la cité d'Alet, à Saint-Malo
Promenade autour de la cité d'Alet, à Saint-Malo
Promenade autour de la cité d'Alet, à Saint-Malo
Promenade autour de la cité d'Alet, à Saint-Malo
Promenade autour de la cité d'Alet, à Saint-Malo

Promenade autour de la cité d'Alet, à Saint-Malo

Juste en contrebas de la cité d’Alet, une petite tour octogonale se découvre à marée basse.

Il s’agit d’un marégraphe, installé en 1850 pour enregistrer les variations du niveau de la mer. À l’intérieur, un puits relié à la mer abritait un flotteur qui montait et descendait avec la marée. Ce mouvement actionnait un stylet, chargé de tracer les oscillations de l’eau sur une feuille de papier entraînée par un tambour horloger. Un système ingénieux, conçu pour observer les marées sur le long terme.

Et ici, elles ne font pas semblant : l’amplitude peut dépasser 12 mètres, l’une des plus fortes d’Europe. Quand on voit l’eau grimper le long des quais ou se retirer très loin dans l’estran, on comprend pourquoi ce petit bâtiment a vite été jugé indispensable.

Marégraphe de Saint-Servan, à Saint-Malo

Marégraphe de Saint-Servan, à Saint-Malo

Ici, à Saint-Servan — quartier de Saint-Malo depuis 1967 — je n’ai pas suivi l’itinéraire proposé par Visorando, qui nous fait grimper jusqu’aux ruines de la cathédrale carolingienne de la cité d’Alet.

Pour ma part, je suis resté sur le GR 34, d’où l’on profite de superbes vues sur la tour Solidor. Vous savez, cette tour qu’on aperçoit depuis presque le début de la randonnée… et à propos de laquelle vous ne m’avez toujours posé aucune question ! Eh bien, vous attendrez encore un peu.

Profitons plutôt de l’ambiance très chouette du chemin de la Corderie, une des plus célèbres rues de Saint-Servan, avec ses villas typiques et ses jardinets fleuris.

Chemin de la Corderie, à Saint-Servan
Chemin de la Corderie, à Saint-Servan
Chemin de la Corderie, à Saint-Servan
Chemin de la Corderie, à Saint-Servan
Chemin de la Corderie, à Saint-Servan
Chemin de la Corderie, à Saint-Servan

Chemin de la Corderie, à Saint-Servan

Allez, je serai magnanime. Puisque nous sommes quasiment à ses pieds, je vais quand même vous présenter la tour Solidor.

Posée sur son promontoire rocheux à l’entrée de l’estuaire, elle surveille la Rance depuis le XIVᵉ siècle. Construite entre 1369 et 1382 sur ordre du duc Jean IV de Bretagne, elle servait à contrôler la navigation et à prélever des taxes sur les marchandises.

Composée de trois tours rondes reliées par des courtines, elle forme un donjon fortifié typique de l’époque médiévale. On raconte même qu’elle aurait été bâtie sur les vestiges d’un ancien fortin gallo-romain. C’est aussi depuis ce rivage que Jacques Cartier aurait largué les amarres pour le Canada, en 1534.

Magnifique, non ?

Tour Solidor, anse Saint-Père, à Saint-Servan
Tour Solidor, anse Saint-Père, à Saint-Servan
Tour Solidor, anse Saint-Père, à Saint-Servan

Tour Solidor, anse Saint-Père, à Saint-Servan

Dans le petit square fleuri, en contrebas du quai Sébastopol, un bas-relief rend hommage au commandant Charcot, disparu avec son navire, le Pourquoi pas ?, au large de l’Islande en 1936.

Quelques bateaux sont échoués dans le port Solidor, qui fut jadis le principal port de Saint-Malo, avant le développement de celui des Sablons.

À l’autre bout de l’anse, derrière les grilles, se trouve l’ancien arsenal de la Marine, créé en 1804 par Napoléon. Il servait à l’entretien et à l’armement des navires militaires.

Dans l’ancienne cale des Torpilleurs, on peut aujourd’hui découvrir l’Ar Zénith, un navire civil construit en 1939. Le 18 juin 1940, au lendemain de l’appel du général de Gaulle, il fut le premier navire civil à rallier l’Angleterre, devenant un symbole de résistance.

Bon, personnellement, je l’ai loupé. J’espère que vous ferez mieux que moi !

Port-Solidor, à Saint-Servan
Port-Solidor, à Saint-Servan
Port-Solidor, à Saint-Servan
Port-Solidor, à Saint-Servan

Port-Solidor, à Saint-Servan

Si j’ai raté l’ancien arsenal, c’est peut-être parce que j’ai rencontré un couple de Vendéens très sympathique, en route pour plusieurs jours sur le GR 34. Et vous savez ce que c’est quand on croise d’autres passionnés… On papote, on partage nos parcours, et on est vite distrait.

Je n’y ai toutefois pas perdu au change et c’est ensemble que nous abordons la portion suivante, un passage plutôt physique avec ses nombreux escaliers. Un tronçon très sauvage aussi, toujours ponctué de belles vues sur l’estuaire. Oui, je sais, je me répète peut-être un peu… mais vous verrez, c’est mérité !

Sentier littoral du parc des Corbières à la Pointe de l'Aiguille, à Saint-Malo
Sentier littoral du parc des Corbières à la Pointe de l'Aiguille, à Saint-Malo
Sentier littoral du parc des Corbières à la Pointe de l'Aiguille, à Saint-Malo
Sentier littoral du parc des Corbières à la Pointe de l'Aiguille, à Saint-Malo
Sentier littoral du parc des Corbières à la Pointe de l'Aiguille, à Saint-Malo
Sentier littoral du parc des Corbières à la Pointe de l'Aiguille, à Saint-Malo
Sentier littoral du parc des Corbières à la Pointe de l'Aiguille, à Saint-Malo
Sentier littoral du parc des Corbières à la Pointe de l'Aiguille, à Saint-Malo
Sentier littoral du parc des Corbières à la Pointe de l'Aiguille, à Saint-Malo
Sentier littoral du parc des Corbières à la Pointe de l'Aiguille, à Saint-Malo
Sentier littoral du parc des Corbières à la Pointe de l'Aiguille, à Saint-Malo
Sentier littoral du parc des Corbières à la Pointe de l'Aiguille, à Saint-Malo

Sentier littoral du parc des Corbières à la Pointe de l'Aiguille, à Saint-Malo

Puis, nous retrouvons la civilisation en rejoignant la rue des Fours à Chaux, jusqu’au cimetière Le Rosais. Une portion plus calme, parfaite pour reprendre son souffle…

De la Pointe de l'Aiguille au cimetière Le Rosais, à Saint-Malo
De la Pointe de l'Aiguille au cimetière Le Rosais, à Saint-Malo
De la Pointe de l'Aiguille au cimetière Le Rosais, à Saint-Malo
De la Pointe de l'Aiguille au cimetière Le Rosais, à Saint-Malo

De la Pointe de l'Aiguille au cimetière Le Rosais, à Saint-Malo

Retour dans la nature ensuite, pour une dernière ligne droite — façon de parler ! — jusqu’à l’usine marémotrice de la Rance.

Du cimetière Le Rosais vers l'usine marémotrice, à Saint-Malo
Du cimetière Le Rosais vers l'usine marémotrice, à Saint-Malo
Du cimetière Le Rosais vers l'usine marémotrice, à Saint-Malo
Du cimetière Le Rosais vers l'usine marémotrice, à Saint-Malo
Du cimetière Le Rosais vers l'usine marémotrice, à Saint-Malo
Du cimetière Le Rosais vers l'usine marémotrice, à Saint-Malo
Du cimetière Le Rosais vers l'usine marémotrice, à Saint-Malo
Du cimetière Le Rosais vers l'usine marémotrice, à Saint-Malo
Du cimetière Le Rosais vers l'usine marémotrice, à Saint-Malo
Du cimetière Le Rosais vers l'usine marémotrice, à Saint-Malo
Du cimetière Le Rosais vers l'usine marémotrice, à Saint-Malo
Du cimetière Le Rosais vers l'usine marémotrice, à Saint-Malo

Du cimetière Le Rosais vers l'usine marémotrice, à Saint-Malo

Nous terminons ainsi cette superbe randonnée par la traversée du barrage de la Rance. L’usine, en réalité, n’en occupe qu’une petite partie : c’est un barrage mobile de 115 mètres que nous empruntons en premier en venant de Saint-Malo. 115 mètres, donc, sur les 750 que compte l’ensemble de l’ouvrage.

Ses 6 vannes permettent de produire chaque année entre 500 et 544 GWh, soit l’équivalent de la consommation de 255 000 habitants. Autrement dit : toute la ville de Rennes. Inaugurée en 1966 par le général De Gaulle, cette usine reste l’une des deux seules au monde à produire de l’électricité de manière industrielle grâce à la force des marées.

Mais si le sujet vous intéresse, de nombreux panneaux didactiques installés sur le barrage vous en apprendront bien plus que moi !

Usine Marémotrice de la Rance, à La Richardais
Usine Marémotrice de la Rance, à La Richardais
Usine Marémotrice de la Rance, à La Richardais
Usine Marémotrice de la Rance, à La Richardais
Usine Marémotrice de la Rance, à La Richardais
Usine Marémotrice de la Rance, à La Richardais

Usine Marémotrice de la Rance, à La Richardais

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Vous voulez revivre cette randonnée en vidéo 3D ? C'est ci-dessous que ça se passe :

Appréciation du parcours :

Cette randonnée mêle à merveille mer et mémoire, nature et patrimoine.

En moins de 15 kilomètres, entre escaliers, points de vue variés et ces pauses pour admirer un détail ou un paysage, on avance au rythme des découvertes. La traversée en bateau entre Dinard et Saint-Malo ajoute une touche unique, offrant un changement de décor et une sensation d’évasion rare.

On chemine ensuite entre falaises, plages, vestiges militaires et charmantes rues bordées de villas. Un parcours riche et surprenant, qui donne envie de conclure par une crêpe bien méritée.

Comment rejoindre cette randonnée ?

Si vous logez à Saint-Malo ou Dinard, le plus simple est de commencer directement la randonnée depuis votre lieu de séjour. Le parcours forme une boucle, et le GR 34 longe les deux villes : inutile donc de chercher à rejoindre un point de départ éloigné.

En revanche, si vous venez d’ailleurs (Dinan, Rennes, ou plus loin), le moyen le plus pratique reste la voiture. Dans ce cas, l’usine marémotrice de la Rance, à La Richardais, est le point de départ idéal. Elle dispose de deux parkings gratuits, généralement disponibles :

  • Un petit parking au nord de la D168
  • Un plus grand parking au sud, plus facile d’accès

C’est là que débute officiellement le sentier, à la Pointe de la Brebis, juste au-dessus du barrage.

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Vous souhaitez parcourir cette randonnée ? Vous trouverez ci-dessous le lien vers Visorando :

Ou scannez ce QR code :

 

Mais si vous souhaitez la suivre telle que je l'ai faite, vous trouverez ci-dessous la trace GPX de l'itinéraire :

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